Pour un album de reprises : Nicola Sirkis, le chanteur d'Indochine en solo

Nicola Sirkis, ce nom vous dit peut-être pas grand chose. Mais si on vous dit que c'est le chanteur d'Indochine, vous écarquillerez peut-être les yeux!

Nicola (sans "s") Sirkis vient de sortir son premier album solo, un album constitué uniquement de reprises (Bruce Springsteen, les Sparks, les Stones, Tears for Fears, Gérard Manset) mais aussi d'adaptations en français de titres anglais de Patti Smith ou des Young Marble Giants... En tout onze titres pour une petite interview.

- Un album de reprises, c'est plutôt une habitude britannique que française, non?

- Justement! Ça m'énervait un peu : en France, beaucoup parlent de faire ce genre de disques, mais personne ne le fait. J'avais beaucoup aimé les albums de reprises qu'avaient fait Bryan Ferry, David Bowie ou Nick Cave. Il y avait cinq ans que j'avais envie de faire ce disque.

- Pour ce genre d'album, on doit faire un choix qui est parfois douloureux...

- J'ai vécu en Belgique quand j'étais petit. J'ai donc pu écouter les radios pirates hollandaises qui diffusaient beaucoup de rock et j'ai été privilégié par rapport aux Français qui ne pouvaient pas écouter de tels trucs. J'ai donc écarté beaucoup de chansons que j'adore. Parfois, c'était difficile, comme le "Caroline says" de Lou Reed.

J'aurais bien voulu reprendre Bob Dylan, les Talking Heads, mais aussi des Français : Aznavour, Trenet, Higelin... J'avais projeté de faire aussi "Our lips are sealed" des Fun boy Three, mais je ne suis jamais arrivé à le chanter convenablement.

L'important pour un album de reprises c'est surtout d'apporter un plus : il faut appréhender chaque morceau comme s'il était neuf, et faire quelque chose de différent par rapport à l'original! C'est un défi.

- Autre défi : c'est la première fois que vous chantiez en anglais?

- Cela n'a pas été une partie de plaisir, cette première expérience. Je parle anglais, mais chanter c'est différent. J'ai donc suivi des cours tous les matins pour que mon accent soit bon.

- Pourquoi reprendre les Sparks?

- C'est le premier concert de rock que j'ai vu. J'avais 12 ou 13 ans, j'étais un fan des trucs un peu "glam" : Roxy Music, par exemple. Aujourd'hui, j'ai 33 ans, c'était il y a 20 ans déjà.

- Question inévitable après un album solo, quoi d'Indochine?

- Eh bien, on va faire un nouvel album avec le groupe, qui sortira probablement en septembre 93. Non, cet album solo est un aparté entre deux albums d'Indo. J'avais trois mois devant moi... Mais les autres membres d'Indo aiment bien le disque et on fera ensemble quelques morceaux de mon album solo, sur scène!

- Dernière question : qui seraient vos invités à un talk-show que vous présenteriez aujourd'hui?

- Jacques Dutronc. J'ai été le voir cinq fois au Casino de Paris : une claque! Quand on me dit que Johny est le chanteur rock français, je pense à Dutronc (dont Indo avait repris "L'opportuniste", d'ailleurs...). Sinon, je pense pêle-mêle à Cyrill Collard, les Sundays, Sonic Youth, Patti Smith, Vegas. Ça serait une belle affiche, non?