Retour d'Indochine

Groupe fétiche d'une génération, Indochine revient avec un album, "Un jour dans notre vie", et une tournée de neuf mois.

Parce qu’en 1991 ils sortent une compilation des succès de leurs dix ans de carrière et que l’année suivante, Nicola Sirkis, le chanteur-leader commet un album solo (Dans la lune), certains les croient morts. Mais revoilà le trio avec Un jour dans notre vie, leur nouveau disque. "On aime brouiller les pistes!", commente Nicola.

L’histoire de ce groupe mythique commence en 1981 au Rose Bonbon, une boîte parisienne. Nicola Sirkis chante, Stéphane, son frère jumeau, est au synthé, Dominique Nicolas à la guitare et Dimitri Bodianski (qui les a quittés depuis) début au saxo. Ils jouent simple, efficace et innovent. "On voulait sortir des sentiers battus. On mélangeait tout, synthés avec guitares, boîte à rythmes avec batteries. C’était un laboratoire de teen-agers du son!"

Propulsés par le boom des FM, ils explosent. Toute une génération d’adolescents se reconnaît dans ces quatre rebelles. C’est le délire. Ils font quatre albums (L’aventurier, Le péril jaune, 3e sexe et 7000 danses), des hits monumentaux, des tournées mondiales provoquant des émeutes de fans et, rançon du succès, il se font parodier par Les Inconnus et épingler par les critiques ("On m’a reproché des fautes de syntaxe. On a dit que je chantais faux!")

Après un septennat "vécu dans l’inconscience totale", Indochine débraye. "Tout allait trop vite. On était surmédiatisés, on ne maîtrisait rien." Après un break, vient Le Baiser et, en 91, le Birthday Album, cinq fois disque d’or." Avec Un jour dans notre vie, on est redevenu à un rock plus classique, parce qu’on a fait le tour de toutes nos expériences."

Nicola Sirkis : "Il me manque un enfant"

Il roule dans une Coccinelle noire et vit dans le 13e arrondissement, à Paris, avec Marie, jeune liane blonde sortie d’un cliché d’Hamilton. À 34 ans, Nicola Sirkis rêve de fonder un foyer. "Je suis le seul de la bande à ne pas avoir d’enfant. J’en ai très envie. C’est ce qui peut arriver de plus important à quelqu’un. Ça abat pas mal de chapelles, d’égoïsme. C’est une création."

Et la création, justement, c’est tout ce qui intéresse Nicola. Il grifonne des nouvelles et des poèmes, se passionne pour la photo, la peinture, et rêve de se lancer dans la réalisation. "C’est l’aboutissement de mes trois passions : photo, art moderne, écriture."