Dimitri : un cavalier émérite

Si nous étions au dix-neuvième siècle, Dimitri Bodianski n'aurait peut-être jamais soufflé dans un saxophone de sa vie! Face au vent glacé de la toundra, il chevaucherait à la tête d'une horde de farouches cosaques...

Mais nous sommes en 1983 à Paris, et Le Russe blanc, héritier de la famille royale de Géorgie, n'a pas oublié que ses ancêtres ont donné ses lettres de noblesse à l'art équestre.

Pas question pour lui de trotter en rond au rythme de la cravache-métronome d'un requin de l'équitation... Le cheval, c'est la porte ouverte sur l'aventure, pas les barreaux d'un manège.

C'est donc seul, au petit matin, que le Michel Strogoff du rock français galope sur le sable luisant d'une plage camargaise ou le long des chemins forestiers de Rambouillet. Gentleman farmer débridé, il retrouve à ses côtés, le temps d'une chevauchée héroïque, les héros de son enfance, ces cow-boys mal rasés et autres centaures du petit et grand écran.

On se croirait presque dans une chanson d'...Indochine! Pourtant ce cavalier solitaire ne désespère pas de voir un jour la réalité dépasser la fiction et de se confronter aux gorges profondes du Colorado! L'aventure... Toujours l'aventure!

En attendant, la tête pleine des bruits et de la fureur d'une charge sabre au clair. Dimitri poursuit sa cavalcade musicale, le sax à la bouche. Et rassurez-vous, pas de danger qu'il le confonde avec le clairon tonitruant du 22e de cavalerie!