Indochine de A à Z

A comme AMBITION

Je crois qu'Indochine n'est pas un groupe ambitieux, dans le sens propre du terme, professionnels, battants, pour réussir, nous le sommes certainement. Mais voraces avec les dents longues, je ne le crois pas.

L'ambition est un sentiment à juste titre, mal vu en France, car cela cache des choses pas très claires, pas très nettes, pas très honorables...

 

B comme B.D.

Nous avons toujours été attirés par la B.D. Au départ, nous n'avions pas envie de raconter notre vie et les paroles de nos chansons se référaient à des personnages de bande dessinée. Le rêve et l'exotisme nous ont toujours plus branchés que les problèmes de société. Évoquer les choses de l'amour, ou les couleurs du métro, ça n'a jamais été vraiment notre "tasse d'atmosphère".

C comme CURE

Robert Smith, le chanteur, nous accuse de le copier. Alors, lorsque j'ai un projet vestimentaire, ou une coupe de cheveux, je fais bien attention que Robert Smith ne vient pas de le faire. "Cure-Indochine", les comparaisons, ça suffit!

D comme DANIELE GILBERT

Elle nous pompe l'air! On l'a supporté pendant dix ans et de surcroit tous les jours. Maintenant, elle nous fait un come-back à poil. Plus ringarde qu'elle, tu meurs!

E comme ENFANT

Nous en voulons et le plus grand nombre possible. Cela dit, devenir papa, est une chose qui en soi nous terrifie, car c'est passer carrément de l'autre côté de la barrière. D'ailleurs, étant donné le rythme fou que nous menons, pour l'instant, c'est quasiment mission impossible.

F comme FAN

C'est le public qui croit le plus en nous. A la limite, ils font partie du groupe. Nous avons un bon contact avec eux car ils ne sont pas seulement admiratifs, de ce que nous faisons, ils savent aussi être stimulants, critiques, ils ne se gênent pas pour nous donner leur avis sur nos prestations scéniques ou sur le choix de nos singles. Nous avons créé un fan-club dans le but de communiquer directement avec eux, et pour qu'ils ne se sentent pas exclus.

G comme GAINSBOURG

C'est la rencontre avec Serge pour le clip "Tes yeux noirs". Ecorchés par la critique, nous comprenons aujourd'hui leur réaction car à l'arrivée, ce n'était plus vraiment notre chanson. Dorénavant, nous nous occupons nous-mêmes des clips.

H comme HOMOSEXUALITE

Dans "3e Sexe", nous n'affirmons pas que nous sommes un groupe de pédés, à la limite, nous prenons une certaine bisexualité et encore cela reste à prouver. On est avant tout Indochine et, avec tout le caractère d'aventure que ça comporte et sans les messages philosophiques que certains voudraient nous faire endosser.

J comme JEUNESSE

Nous sommes conscients d'avoir un public jeune. Cette génération des années 80 est géniale, surtout en concert. Elle bouge, elle danse, elle vit. La jeunesse actuelle est moins politisée qu'autrefois, elle se mobilise pour des grandes causes (SOS racisme, les Restos du Coeur, le lycée), et c'est tant mieux!

K comme KAO-BANG

A partir de ce disque, on a pris conscience des limites des boîtes à rythmes. Et on a ressenti le besoin de vraies batteries. C'est alors qu'on a fait appel à un percussionniste Arnaud Devos. Depuis, sa présence sur disque et sur scène nous est devenue indispensable.

L comme LOOK

C'est 30% d'Indochine, pas la majorité, nous sommes conscients de l'importance de l'image sur le public, mais le look ne doit en aucun cas, dépasser les limites propres. De plus, il n'est pas souhaitable qu'il soit reçu à la manière d'un déguisement ou comme un uniforme.

M comme MAISONS DE DISQUES

Nous arrivons en fin de contrat et l'on s'en remettra au plus offrant. Nous choisirons la maison de disques la plus intéressée certes, mais surtout la plus intéressante.

Désormais, il y a la donnée fric qui entre en ligne de compte. Les firmes sont des marchands comme les autres et Indochine doit réagir en adultes face à ces impératifs plus marketing qu'artistiques Et puis, nous sommes bien chez Ariola.

N comme NORMAL

On ne veut pas devenir des stars qui se cloîtrent dans leur Rolls pour ne plus voir les gens. Nous, on vient du même monde que le public, on n'a aucune raison de retourner notre veste. On essaie de rester honnêtes par

mêmes. Cela dit, parfois, on a envie de respirer, de souffler, alors on va au diable sans laisser d'adresse. On s'efface pour ne pas devenir désagréables.

O comme OLYMPIA

C'était dans le style, on gagne ou on perd. Pour la première fois, 2 500 personnes étaient venues nous voir chanter et c'est elles qui hurlaient plus fort que nous. La presse s'était déplacée en masse et nous avons traversé indemnes cet examen de passage. On a eu chaud...

P comme PUBLIC

C'est le public qui créé le mythe et en tant qu'artistes, on n'a pas le droit de le décevoir. On remarque souvent que les gens nous demandent "où on s'habille et où on va se faire coiffer". Quelque par c'est rassurant, car c'est qu'ils ont envie de nous imiter, ça veut dire, que l'on correspond à l'image qu'ils recherchent. Notre réalité se rapproche de leur rêve.

Q comme QUATRIEME ALBUM

Nous savons que même si l'album est bon, nous risquons automatique d'être descendus. Nous sommes très populaires aux yeux de certains. Cependant, nous demeurons quoi qu'il arrive optimistes. On s'est efforcé de réaliser un album aussi performant que le précédent tout en essayant d'évoluer, en ajoutant une batterie et un quatuor à cordes. Il y a plus d'émotion, un son plus live, plus rock, un album un peu plus révolutionnaire.

R comme RITA MITSOU

En ce moment, c'est ce qu'il y a de meilleur au niveau swing. Ce sont les seuls qui n'aient pas épousé les lois du show-biz.

Libres, indépendants, originaux, ils n'emmerdent personne et réalisent leur truc de leur côté. Ils ont le mérite d'avoir fait une tournée aux states même si les concerts ressemblent plus à un défilé de mode qu'à un tour de chant.

S comme SCENE

Avant : on reste seuls avant d'entrer en scène pour se concentrer. Moi, je fais des exercices de respiration et des mouvements de Taïchi, c'est de la gymnastique chinoise. Un kiné nous suit partout pour soigner les entorses et nous faire des massages tonifiants.

Pendant : on monte sur scène comme des fauves mais notre énergie est naturelle et nous sortons complètement claqués, vidés.

Après : on se retrouve seuls avec les techniciens et on discute de ce qui allait ou n'allait pas. On ne quitte pas tout de suite la salle, car les fans nous attendent à la sortie et bloquent les issues. Comme il est souvent très tard, on n'a qu'une envie, c'est de rentrer et ce n'est que le matin que nous décompressons vraiment et que nous nous marrons.

T comme TELEPHONE

Leur séparation nous a rendu tristes, très tristes. Les journalistes se sont évertués à sans cesse nous opposer, mais dans la réalité, nous n'avons jamais ressenti la moindre concurrence. Plus il y aura de groupes de rock et plus Indochine sera content.

Nous sommes contents de la réussite de Bertignac d'un côté et de Jean-Louis Aubert de l'autre.

U comme UNANIMITE

Nous sommes populaires, c'est un fait que nous ne pouvons pas nier. Mais nous sommes loin de recueillir l'unanimité des passions et c'est tant mieux. Notre but n'est pas d'être aimés par tout le monde. Déplaire à certaines personnes, parfois est un privilège que nous ne dédaignons pas.

V comme VIOLENCE

Elle existe en chacun de nous. Le but est de savoir la maîtriser, on se doit de contrôler ses instincts pour ne pas retourner à l'âge de pierre. On nous crédite parfois d'inciter à la violence en arborant des thèmes bellicismes, mais nous racontons des histoires d'aventures fictives un point c'est tout.

W comme WAGON

Nous avons horreur de l'avion, même si parfois c'est nécessaire. Pour la tournée nous préférons le train.

X comme XENOPHOBIE

Il y a des actes mais surtout des mots qui tuent.

Y comme YVES MOUROUSI

Il est génial, grand professionnel. Le premier à réunir sur un plateau Téléphone et Indochine, un moment inoubliable.

Z comme ZENITH

Ce sont quatre garçons qui veulent accéder au "Zénith" et puis c'est le début de la tournée 88.