Indochine : acte II

On les croyait partis quelque part au pays des ados éternels. Aujourd'hui, trentenaires affirmés, Nicola Sirkis et Stéphane Sirkis reviennent - avec Alex, l'ancien guitariste de Cri de la mouche qui les rejoint occasionnellement.

Un nouvel album : Wax (Ariola, BMG). Rempli de cinq, six, voire sept titres qui vont cartonner.

Prouver que le phénomène Indochine est toujours aussi fort. "On a hésité, on voulait s'appeler Indochine 2 pour ce nouvel album, explique Nicola, le chanteur.

Finalement, on a compris qu'il fallait garder notre nom. Parce qu'Indochine est un concept. Peu importe, à la limite, qui sont les personnes qui y participent!"

N'empêche! Indochine est bien la création de Nicola et Stéphane, "comme deux frères" dans la vie. Deux gamins qui, à la fin des années 70, se sont pris le mouvement punk dans la figure. "Les punks nous ont appris au moins une chose : on pouvait faire de la musique, monter un groupe sans rien connaître à la musique, au solfège, raconte Nicola.

Moi, je ne savais pas jouer d'un instrument ni chanter..." Alors, le groupe déboule au début des années 80 avec L'aventurier. En référence à un héros de bandes dessinées de notre enfance, de nos grands frères : Bob Morane.

Aujourd'hui encore, les "Indo" reconnaissent que leur musique n'avait rien d'extraordinaire. Bien que... Toujours Nicola : "Avec nous, il y avait Dominique. C'est fort ce qu'il faisait. Mais ces cinq dernières années, il n'éprouvait plus de plaisir à partir en tournée, à vivre en groupe. Il nous a quittés.

Fallait-il continuer l'aventure Indochine? On s'est longuement interrogé..." Et puis, il y a ces séances dans un studio de Bruxelles. La magie ressurgit. Les titres d'enchaînent. Nicola a fait des progrès : "Aujourd'hui, je sais chanter!"

On écoute Je n'embrasse pas, Unisexe, Peter Pan, Satellite, Kissing my song, Révolution en forme d'hymne... et surtout l'excellent Echo-ruby. Indochine est toujours inspiré, c'est sûr! Évidemment, des mesquins vont balancer que ce groupe joue toujours la démagogie.

Qu'il a tricoté sur mesure des tubes précalibrés. "Parfois, on s'est peut-être laissé aller, admet Nicola Sirkis. Pourtant, les gens n'ont retenu de nous qu'une caricature qu'avaient faite Les inconnus. On nous a pris aussi pour des mecs inabordables, un peu intellos aussi... Mais on est rien d'autre que des jeunes hommes qui veulent vivre leur époque. Et prendre du plaisir dans leur boulot."