Paradis rock

L'indomania serait-elle en plein revival? Tout droit sorti des années 80, Nicola Sirkis honore avec Paradize le nom de son frère Stéphane décédé en 1999. La touche guitares déchaînées et paroles mal léchées - dans Punker par exemple : "Est-ce que tu viendrais faire le sexe avec moi?" - est toujours présente.

Bien présente. Une page poétique, soudainement acidulée comme la voix de Nicola, adoucit la rock déferlante avec J'ai demandé à la lune. "J'ai demandé à la lune et le soleil ne sait pas / je lui ai montré mes brûlures et la lune s'est moquée de moi."

L'esprit rebelle reprend très vite le dessus avec Dunkerque, "Le monde est un pervers, je continuerai de le braver / le monde est un enfer, plus rien ne m'atteindra." À fleur de peau, Nicola Sirkis l'est toujours et il n'hésite pas à déconstruire les mythes et à détourner les contes de fées à son compte : "Il était une fois quelque part dans un pays qu'on ne connaît pas une fée qui avançait dans le froid."

À ne pas manquer non plus son invitation au paradis dont l'ouverture est digne des Eurythmics ou de Duran Duran, avec une fusion de sons électro à la frontière techno pop et rock 80's. Un retour décapant.