Indochine, les ailes d'un nouveau désir
Surmontant
la mort de son frère jumeau, Nicola Sirkis a reformé le groupe
phare de la new wave française. Et la magie opère!
Et on se prend la main / Une fille au masculin / Un garçon au féminin..." C'était le temps béni des tenues corbeau et des cheveux en pétard. Pas une boum réussie sans son tube d'Indochine. Aux premiers accords de L'Aventurier, Canary Bay ou Troisième Sexe, on se levait, serrait les genoux et se tortillait comme si on avait glissé les deux guiboles dans la même jambe de pantalon.
Quand l'Angleterre adulait Cure, la France se pâmait devant Nicola (photo) et ses textes d'éternel ado (l'amour, l'envie de tout planquer, les grandes étendues lointaines). Vingt ans plus tard, Robert Smith traîne son Cure comme d'autres un boulet.
Pendant ce temps, Indochine s'est refait une belle santé. Après une éclipse dans les années quatre-vingt-dix, le groupe a sorti un convaincant "Dancetaria" en 1999, relookage intelligent de leur savoir-faire, avant d'entamer une tournée marathon au succès surprenant.
Cette année, "Indo" rempile : un nouvel album ("Paradize", Columbia) visité par Gérard Manset et la romancière Ann Scott, et une nouvelle tournée. Les rabat-joie mettaient l'engouement sur le compte d'un éphémère revival. À voir, lors des concerts, la communion sans cesse renouvelée entre Nicola et ses fans, le noir risque d'être à la mode encore un bout de temps.
Le 11 avril à l'Olympia (Paris 9e, tél. : 01.47.42.25.49, le 12 à Sarreguemines (57) et le 14 à Porcieu (38).