20 ans d'Indochine

Le Paradize Tour faisait escale dans l'Est, vendredi soir à Sarreguemines. Plus de 1 200 fans ont vibré sur le nouvel Electrastar ou L'aventurier et son mythique Bob Morane. 20 ans séparent les deux titres. Nicola Sirkis, le leader du groupe, revient sur l'incroyable longévité d'Indochine.

Et si, finalement, le Paradis existait ? "Le nôtre, oui!", lâche Nicola Sirkis dans un éclat de rire. Et pour cause. Paradize, le nouvel album d'Indochine a fait une entrée remarquée dans le classement des meilleures ventes françaises. Le groupe vient de décrocher un disque d'or, jeudi soir à l'Olympia, après quelques semaines seulement de présence dans les bacs.

 Une sacrée "perf" qui sonne le retour en force, avec un petit goût de revanche dans l'air. "Je me rappelle qu'au lendemain de la sortie de L'aventurier (ndlr, en 1982), on disait qu'Indochine ne tiendrait pas 5 minutes", s'amuse aujourd'hui Nicola Sirkis.

20 ans plus tard, "Indo" -qui n'a jamais cessé de produire- revient tout en puissance avec un mélange de gros sons et de synthés. Les deux premiers titres crachent les basses, plus que jamais. Rien d'étonnant, donc, quand le groupe se reconnaît aujourd'hui des affinités avec Placebo ou les Smushing Pumpkins, explosifs s'il en est.

Provoc', résolument

 Fidèle a ses principes -Indochine a émergé de la vague punk et surfé sur la déferlante new wave du début des années 80- Nicola Sirkis souligne ambitieusement la concomitance de la sortie de Paradize et du film de Costa Gavras, Amen. Une coïncidence qui n'est évidemment pas pour lui déplaire.

Et si certains titres, ou la pochette particulièrement provoc' du dernier opus, ont de quoi faire grincer des dents, il balaye l'argument d'une formule toute trouvée : "Si nous faisons grincer des dents, nous ne faisons grincer que des dentiers". Indochine a évolué, certes, mais ses convictions restent visiblement intactes. On aime ou on n'aime pas.

La renaissance, pas la résurrection

 Les drames, les hauts et les bas, n'auront pas eu raison de l'"aventure Indochine". Et au regard du public en liesse de vendredi soir, largement partagé entre nouveaux convertis et inconditionnels de Trois nuits par semaine, on peut imaginer qu'Indochine a réussi la synthèse.

"On a mis dix ans à faire comprendre aux médias qu'on avait renouvelé notre public. On touche les 15-25 ans. Je pense que les jeunes attendent un groupe français festif et radical à la fois", estime-t-il.  L'avenir immédiat, c'est donc la poursuite de la tournée.

Aux grandes salles, le groupe préfère désormais les concerts "à taille humaine" et les festivals. Quant à l'après Paradize? "J'aurai 43 ans en 2003 et il faudra que je me pose la question de savoir ce que je veux faire", s'interroge Nicola Sirkis, au risque de faire frémir ses fans. Mais il ajoute dans la foulée : "Avec cet album, on a clôturé la renaissance du groupe. Maintenant, tout est possible. On va montrer que le rock peut encore exister sans trop de concessions".