Indochine, le ciel peut attendre

Avec "Paradize", Indochine et Nicola Sirkis mettent un terme ce printemps à la trilogie dite de la "renaissance" entamée avec "Wax" en 1996. Contre vents et marées, malgré des doutes, des disparitions et des coups durs, Sirkis a su faire tenir le cap à un navire âgé de plus de vingt ans.

Mieux que ça : d'un boys band générationnel (en tout cas perçu comme tel) à date de péremption rapide, il a su faire un groupe de rock authentique qui ne cesse de se poser des questions et d'aller de l'avant. Jusqu'à quand?

Melissa. Le dernier missile de Nicola Sirkis porte un nom. Ou, plus exactement, un prénom. Un prénom de fille, il va de soi, on est chez Indochine. En ce printemps 2002, Sirkis jubile et il a raison. Il a réussi son coup. Inviter sur son nouvel album une musicienne de l'acabit de Melissa Auf Der Maur, aux états de services dans le rock américain (Hole + Smashing Pumpkins) on ne peut plus brillants, est superbement intelligent.

Qui en effet aujourd'hui aura l'outrecuidance d'affirmer en pinaillant et sans se ridiculiser que Indo n'est pas rock? D'autant que cette invitation n'est pas qu'une histoire d'image, Sirkis est fan de Hole, des Smashing et de Melissa de longue date et il a eu, à l'écoute du remarquable "Le Grand Secret", totalement raison de penser que la Canadienne s'intégrerait bien dans son univers.

Cette initiative (à l'instar de quelques autres sur "Paradize") en dit long en tout cas sur la manière de penser et de faire de Nicola Sirkis qui, en dehors des modes et des médias, poursuit inlassablement ses aventures et sa quête d'elfe (faussement) candide au pays du grand méchant business. Entretien.

La renaissance

Depuis la sortie de "Dancetaria", tu insistes beaucoup sur l'aspect trilogique initié avec "Wax". Pourquoi cet intérêt pour le côté ternaire? Ça vient d'où, de la poésie?

Nicola Sirkis : Il y a probablement de l'inconscient littéraire là-dedans, c'est sûr. Plus prosaïquement, je voulais surtout terminer le travail commencé avec "Wax", comme tu le dis, qui est pour moi l'album de la renaissance du groupe. Parce que c'est vrai, le départ de Dominique nous a contraint en quelque sorte à une renaissance...

Dès ce moment-là, dès "Wax", tu sens que le groupe vit une renaissance?

N.S. : Non, je l'ai perçue, cette renaissance, avec "Dancetaria". "Wax", c'est la période où personne ne donne cher de notre peau et où, suite au départ de Dominique, Stéphane et moi, on se retrouve seuls aux commandes.

On avait envie de continuer, la question ne se posait même pas et aussi, il y avait un peu d'orgueuil là derrière : ce n'est pas parce qu'un pilier du groupe se casse que le groupe doit disparaître. L'optique, c'était "personne n'est irremplaçable", a fortiori Dominique, le membre du groupe qui a écrit la plupart des tubes et qui avait une mainmise sur toute la musique du groupe.

Dominique avait envie de s'arrêter, on respectait sa décision mais ce n'était pas pour autant que le bateau devait couler... Stéphane et moi, on se comportait en mutins en quelque sorte. Pour moi, la renaissance est là, dans le fait même que Steph et moi, on est obligés de prendre notre destin en main. Après tout, on n'avait composé que quelques titres par ci par là, c'était un vrai challenge.

Cela étant, j'ai tout de suite dit à Steph qu'il fallait prendre d'autres gens, que je ne me sentais pas de ne rester qu'entre frères. Parce que j'ai tout de suite senti que ce ne serait pas "convivial" et "viable" rien qu'entre nous, frères et jumeaux de surcroît. Ça aurait été trop "binaire" entre nous deux, avec trop d'états d'âme à gérer, le bien, le mal, tout ça...

D'où la trilogie, donc...

N.S. : Effectivement, à partir de "Dancetaria", j'ai perçu cette renaissance et aussi l'aspect "trilogique" que pourrait prendre cette renaissance. Singulièrement après la mort de Stéphane d'ailleurs. Et après, c'est vrai que j'ai souhaité accentuer cette trilogie (silence).

Parce que finalement, quand on regarde le style, le thème ou les influences depuis "Wax", on s'aperçoit que ça tourne autour de choses récurrentes envisagées de manières différentes : de la brit-pop à l'univers plus rock d'aujourd'hui, mais aussi les thèmes de la sexualité adolescente qui vont de la découverte de cette sexualité jusqu'à la conception.

Le tout étant étayé par l'amour, donc, mais aussi le manque, la mort, la nature de "l'après", d'où découle la réflexion sur la religion, le paradis. Avec en prime, si tu veux, cette philosophie personnelle sur la constitution d'un "paradis" personnel. Parce que le paradis de la religion, bon, il n'existe pas! Ce qu'il faut, c'est se créer son propre paradis (silence). Et une fois qu'on a atteint son propre paradis, qu'est-ce qu'on peut atteindre d'autre? C'est un peu la question qui sous-tend tout le reste à mon sens...

On dirait quelque chose qui se ferme...

N.S. : Pour différentes raisons, je suis de plus en plus convaincu que "Paradize" est en effet le dernier disque d'Indochine, tel qu'il se présente aujourd'hui en tout cas... Est-ce que je ne suis pas arrivé au bout de ce que je peux dire? Est-ce que je ne suis pas arrivé au bout de l'aventure? Est-ce que j'aurais encore quelque chose à dire? Car, par exemple, ces trois albums sont ceux pour lesquels j'ai eu le plus de mal à écrire des textes.

Depuis "Wax", j'ai l'impression que j'ai du mal à terminer les albums, qu'ils ne sont jamais finis, que je n'y mets jamais un point final. Depuis "Wax", il faut que je vois l'album dans les bacs pour me dire : "Ben tiens, oui, il est terminé!"

Jusqu'à la sortie, je suis toujours en pleine effervescence, ce n'est jamais fini. Alors que pour les albums précédents avec Dominique, les textes étaient plus ou moins écrits avant, tout était maquetté avant d'entrer en studio, etc. Là, tout se fait dans la douleur...

Ce désir inassouvi

Mais cette impression ne vient-elle pas tout simplement du fait que tu es tout seul aujourd'hui à décider?

N.S. : Probablement en effet, pour une part. C'est sans doute pour cela que je me suis entouré de plein de gens au cours des années. Là, par exemple, l'arrivée d'Oli (De Sat, programmeur/arrangeur - ndlr) était quelque chose que je pressentais depuis quelque temps puisque ses premières maquettes sont arrivées au moment de la composition de "Dancetaria".

C'est quelqu'un qui est arrivé complètement spontanément?

N.S. : Absolument. Il m'envoyait des maquettes qu'il mettait dans la boîte aux lettres chez moi; on se contactait par minitel (rires), on n'avait pas encore Internet! "C'est Oli De Sat, est-ce que tu as écouté ce que je t'ai envoyé?" Au début, pour être franc, je n'y faisais pas très attention parce que je croyais que c'était juste un fan qui utilisait ce moyen pour se faire remarquer (sourire)!

Les cassettes s'empilaient donc sans que je les écoute. Et puis, un jour, j'avais du temps, je me suis dit : "Tiens, écoutons ce que ça donne." Et j'ai tout de suite percuté, c'était vachement bien; ce mélange de rock, de techno, d'Indus était vachement ambitieux, mais en même temps collait totalement à ce que j'attendais.

Il faut dire que je n'avais jamais été satisfait des remixes qu'on avait fait d'Indo, par exemple. De toute façon, ça avait été mal géré, il y avait eu des erreurs et même à titre personnel, j'en voyais mal l'intérêt et l'utilité. Je trouvais dans les 80's et les 90's que les remixes étaient souvent juste des extensions de chansons; c'était toujours long et chiant! D'ailleurs, à l'époque, on a refusé un paquet de trucs.

Et avec Oli...

N.S. : Ben, moi, je trouvais qu'on avait de bonnes chansons et que le remix était surtout une façon de les abîmer et c'est avec Oli que j'ai compris que ça pouvait être autre chose, que ça pouvait avoir de l'intérêt. C'est rigolo que ça se soit fait avec quelqu'un qui venait de nulle part...

Ça tient à ta nature de méfiant ça, surtout!

N.S. : Oui sans doute en partie, je le reconnais (rires)!

Quand on regarde Indo évoluer ces dernières années et lorsqu'on te connaît un petit peu, on reste assez sidéré par une ambivalence : à la fois le besoin impérieux de tout contrôler mais aussi d'avoir des alter ego...

N.S. : Ça, ça vient de très loin, sans doute de beaucoup plus loin qu'Indochine. Ça vient de ce désir inassouvi de "famille" qu'il n'y a jamais eu chez moi... C'était très déstructuré quand j'étais gamin. Depuis que j'ai douze ans, j'ai été tout seul, même s'il y avait Stéphane et mon autre frère, j'étais seul, chacun faisait ses trucs dans son coin.

De toute façon, Stéphane était tout le temps parti pour faire de la musique avec ses groupes. Moi, j'étais tout seul à Paris à faire des journaux. Quand je me suis mis à la musique, lui s'est mis au ski, etc.

J'ai donc été seul aux commandes depuis le plus jeune âge. En revanche, c'est vrai que je recherche des appuis. Pour "Wax", on était censés être deux mais en même temps, il ne fallait pas compter sur Steph pour prendre des décisions, il attendait que je les prenne. Lui, ne voulait pas, ce n'était pas dans son caractère... Donc, j'ai assumé.

Et avec Indo première manière?

N.S. : Là, c'était différent, c'était en démocratie en quelque sorte. Ce qui dans un premier temps n'était pas plus mal. Moi, le chanteur, ça m'a permis de gérer les choses plus sereinement, de ne pas prendre la grosse tête parce que les autres me remettaient vite dans le droit chemin, ça a eu des avantages...

Sauf qu'au bout d'un certain temps, une démocratie dans un groupe, ça ne fonctionne pas. Parce que lorsque tu as quatre univers différents, ou plus, qui ne s'interpénètrent pas, ça devient difficile. Quand en 1990 Dominique n'a pas voulu tourner pour "Le Baiser", je l'ai vraiment eu mauvaise, ça m'a vraiment fait chier! Du coup, au bout d'un moment est apparue l'idée qu'il manquait un axe central, sinon ça risquait de partir dans tous les sens.

On a été un peu sauvés par le gong sur ces problèmes-là, je ne sais pas trop comment mais le fait est que ça a fonctionné quand même. Cela étant, même si je ne voulais pas prendre le pouvoir à titre personnel, il y avait une grosse envie de diriger un peu mieux les choses...

Du coup, le départ de Dominique qui, pour moi, aurait été une catastrophe cinq ans auparavant, était dans ce contexte presque bénéfique. C'était genre : "On va pouvoir aller là où moi j'ai envie d'aller!" Et révéler tout le potentiel de ce groupe qui me semblait encore énorme.

Du Charly Oleg

Tu te décris souvent comme un ermite, voire comme étant "seul contre tous". C'est lié à l'histoire d'Indo, ou c'est plus personnel?

N.S. : C'est les deux, je pense. Ce dont je me rends compte, c'est qu'être seul, c'est bien et ce n'est pas bien. Je suis du signe du Cancer, c'est-à-dire que pour prendre une décision, c'est très, très difficile (rires)! Pour dire oui ou non, c'est un effort gigantesque. En clair, je doute énormément, il faut toujours que je fasse traîner pour donner une réponse ou un avis... Mais ce n'est pas de la parano.

Effectivement, tu n'es ni schizo, ni parano. Plutôt dans la logique du chat ébouillanté...

N.S. : Comment ne pas avoir cette méfiance-là avec le parcours que j'ai eu!?

C'est l'excès de succès qui t'a mené là?

N.S. : Effectivement, plus on avait de succès, plus j'en étais malade. Mais pas comme Thom Yorke avec Radiohead, c'était plus la surdimension du succès par rapport à une position sociale qui me mettait mal à l'aise; d'ailleurs Dominique me rejoignait sur ce point. Parce que quand même, ce n'était que de la musique, quoi!

Et c'est là où le dérapage peut intervenir; c'est vrai qu'on a vite refusé les soirées, les sorties. Au moins Dominique et moi, parce que les deux autres étaient plus fêtards/jet set, à aimer la vie "rock'n'roll", si l'on peut dire. Alors, ermite, oui, sans aucun doute. Et "seul contre tous" parce que je crois que j'ai toujours eu ça en moi : "Personne ne prend la bonne décision pour ce groupe sauf moi!"

Ça peut passer pour de la vanité ou pour un ego démesuré, mais même si je peux me tromper, je pense savoir ce qu'il faut faire avec ce groupe pour son image, pour le respect de celle-ci, pour le respect du passé mais aussi pour l'avenir, pour le respect des autres, je sais ce qu'il faut faire et ne pas faire (silence). Le gros débat récemment, c'était Star Academy, la reprise de "Tes Yeux Noirs", fallait-il? Ne fallait-il pas? Quelle catastrophe! La première réaction, c'était "surtout pas!", c'est pile ce qu'on n'a jamais voulu.

Et puis, en réfléchissant, en en discutant aussi avec Dominique qui lui était plutôt cool avec ça, je me suis dit : "Cette chanson ne t'appartient pas complètement." Elle appartient à plein de gens. Tous les samedis soirs dans la France entière, il doit y avoir cent groupe qui reprennent "L'aventurier" et je ne suis pas là pour les contrôler non plus!

Ce sont des chansons qui sont quasiment dans le domaine public aujourd'hui...

N.S. : Voilà, totalement! Au nom de quoi, au fond, je serais opposé à ça!? Alors, je ne sais toujours pas si c'est une bonne idée, mais j'ai laissé faire... Pourquoi irais-je interdire à des mecs de faire du bal avec une de mes chansons? Même si c'est leur bal à eux et que c'est du Charly Oleg! Je ne vois pas au nom de quoi. En conséquence de quoi, même si j'ai failli me pendre en découvrant la version en question (rires), j'ai laissé courir.

Être pote avec Zazie

Tu te décris souvent comme le "vilain petit canard", en marge des copinages de la scène hexagonale; au point que c'est presque devenu une image de marque, non?

N.S. : j'aimerais bien que ce soit une image de marque comme tu dis! Sauf que ce n'est pas prémédité. Mes Restos du Coeur à moi, c'était le 21 février dernier sur la scène de l'Elysée-Montmartre avec Melissa Auf Der Maur et Brian Molko. C'est ça, mes couleurs! Et pas d'aller faire le zouave - même si c'est pour une bonne cause - et d'être pote avec Zazie ou d'autres!

Je ne me reconnais absolument pas dans cet univers-là. Je ne les fréquente pas mais je les connais et ce n'est pas mon monde, y'a rien à faire. Je n'ai pas envie de voir les gens et le monde comme ces gens-là le voient et le vivent. Même si je suis conscient qu'ils ont une meilleure image que le show biz français à l'époque où j'ai commencé. Ça reste quand même du show biz!

Cette autosatisfaction, cette autocélébration, ce besoin de reconnaissance minute par minute ne sont pas les miens, c'est clair... C'est terrible le besoin de reconnaissance, ça débouche toujours sur la même chose à terme : devenir imbus de soi-même. Et il y a une chose par dessus tout que je ne supporte pas, c'est cette fausse gentillesse, cette fausse naïveté qui sont les marques de ce milieu... Je crois que je suis ravi de ne pas faire l'unanimité.

Rester dans une certaine marge, c'est aussi pour préserver l'univers poétique propre à Indo?

N.S. : Je n'irais pas jusque là quand même, ce ne sont que des chansons; je ne prétends pas avoir un univers littéraire ou quoi que ce soit. C'est vrai que je me sens proche des gens qui ont une certaine intégrité. J'aime bien Souchon, Voulzy, je trouve que ces types sont en accord avec eux-mêmes.

Je trouve aussi que c'est salutaire qu'on ait en France des gens de la nature de Louise Attaque ou Noir Désir qui montrent qu'on peut faire de la musique avec un large public sans renier un certain nombre de choses. Même si j'ai un petit problème avec Noir Désir dans le sens où leur côté sans concession aucune me gêne un peu; a fortiori dans la mesure où ils sont chez Universal, c'est un peu facile...

En résumé, ce que j'aime bien c'est la sincérité des gens et je pense que 90% de ce métier n'est pas sincère. Le rock français, lui, est sincère mais je crois que ça, c'est inhérent au rock. Le rock est fragile, il doute, il est toujours sur la brèche, avec ses problèmes de mal-être, de drogue, il se consume de l'intérieur, c'est pour ça qu'il ne peut être que sincère.

La bête noire

A contrario de tout ce qu'on vient de dire sur ta méfiance, tes craintes mais aussi sur ton souci de préserver l'identité de ton groupe, pour la première fois avec "Paradize", tu admets enfin que Indo a pas mal d'amis et qu'il représente beaucoup pour les gens...

N.S. : Jusqu'à présent, c'est vrai que j'avais surtout vu que le négatif, seulement la mauvaise perception qu'on avait de mon groupe. Il faut dire que pendant longtemps, a fortiori depuis que je suis seul aux commandes, je suis confronté à une certaine adversité quand même!

Avec un groupe qui n'est pas, loin s'en faut, le chouchou des médias, des gens qui refusent de considérer l'évolution du groupe depuis les 80's et donc de reconsidérer leur jugement sur ce même groupe, des radios qui ne veulent pas de la musique qu'on propose, etc.

Tout ça ce sont des galères au quotidien qui m'avaient conduit à penser que ce groupe, hormis chez les fans, était un peu la "bête noire". Or, ce dont je me suis aperçu en bossant sur "Paradize", c'est qu'il y avait plein de gens qui font des bouquins, qui font de la musique aussi, qui aiment bien Indochine et qui se sentent à l'aise dans l'univers Indo; ça je n'en avais pas conscience...

Dans la mesure où ton personnage est consubtanciel au groupe, ce retournement de jugement sur Indo, change ta manière de voir les choses ou le monde en tant qu'individu?

N.S. : Waouh! Je ne sais pas... (silence) Je pense que j'aurais dit oui avant le 11 septembre mais là... En fait, je crois que depuis 1996, j'ai beaucoup travaillé sur moi-même, même à travers les épreuves - et elles ont été nombreuses! - et je pense que ça n'a fait que renforcer un peu plus la petite philosophie que je me suis construite au cours des années.

À savoir faire son truc, ne pas se soucier des avis extérieurs, qu'on n'a pas de leçons à recevoir de qui que ce soit, qu'on n'a pas non plus à en donner; qu'il faut rester là où on est, dans son propre univers, l'assumer et être fier de ça.

Mon plus gros souci, aujourd'hui, c'est effectivement de ne pas rentrer dans le rang mais en même temps d'avoir une vie de famille qui s'installe; et de savoir si je vais pouvoir gérer ça, je veux dire rentrer dans un certain système qui, je le sais bien par ailleurs, ne me convient pas. Ma seule préoccupation aujourd'hui à titre d'invidivu, elle est là.

Et tu penses y parvenir?

N.S. : Je vais me donner les moyens d'y arriver. Mais le fait est que le bonheur m'emmerde et les gens heureux m'énervent. Le bonheur, je n'y crois pas et de surcroît, je pense aujourd'hui, on n'a pas le droit d'être comme ça; je veux dire "imbécile heureux"! (silence) Non, le bonheur absolu n'existe pas, sinon, ça se saurait! Il faut juste se fabriquer son "paradis" à soi... Envers et contre tout.

DISCO : COLUMBIA/SONY MUSIC