Indochine : trois rockers et un couffin
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Stéphane est fou de Lou, sa fille qui a deux mois
et demi. Dans sa cuisine, il a mobilisé ses complices, Dominik
Nicolas et son frère Nicola, pour la préparation des biberons.
Mieux qu'un disque d'or ou un carton au Top 50! Pour Stéphane Sirkis, un des membres d'Indochine, le bonheur a désormais un prénom : Lou.
Lorsque l'enfant paraît, tout change, même pour les rockers. Dans son minuscule pavillon de la banlieue sud, Stéphane Sirkis a momentanément abandonné sa guitare pour donner les biberons que lui réclame sa fille, Lou. Il couve d'un regard attendri ce petit être qui, depuis le 8 août, a bouleversé sa vie.
"Avant Lou, je n'avais jamais réalisé à quel point je désirais un enfant. Malgré mon métier, je l'emmènerai partout. J'ai envie de lui donner le meilleur de moi et lui faire partager mes plus belles expériences."
Au côté de Stéphane, Nicola, son frère jumeau, encore célibataire, se penche tendrement sur celle qui l'a investi de son nouveau rôle d'oncle. Leur ami et acolyte Dominik a, lui aussi, les yeux fixés sur Lou et apprend les premiers gestes de paternité, qui lui seront peut-être bientôt utiles.
Depuis le départ du groupe, il y a deux ans, de Dimitri Bodianski, papa d'un petit Boris de trois ans, Stéphane est le premier dans la nouvelle formation d'Indochine à devenir père de famille. Pour beaucoup, c'est une surprise.
Stéphane avait soigneusement caché la grossesse de Sophie, sa femme, qu'il a rencontrée il y a quatre ans et qu'il a épousée un an plus tard, et Lou est discrètement née en Ardèche, loin des regards indiscrets.
"Aujourd'hui, je suis si fier de ma fille que je ne la cache plus et que j'ai toujours la photo de son premier sourire avec moi."
Lorsqu'ils ne sont pas penchés sur le berceau de Lou, qu'ils ne font pas de scène et n'enregistrent pas, Nicola, Stéphane et Dominik sont des hommes d'affaires avisés (ils ont fondé leur propre maison d'édition, Indochine Musique, et sont leurs propres managers) et des artistes complets : ils imaginent eux-mêmes leurs pochettes de disques et écrivent les scénarios de leurs clips.
En privé, ils sont heureux de se retrouver dans la peau de M. Tout-le-Monde. "Nous n'appartenons pas au star-system. Nous ne fréquentons pas les endroits à la mode", dit Nicola.
À son premier moment de liberté, Dominik prend ses cannes à pêche, chausse ses waders et, sa besace en bandoulière, part au bord d'une rivière taquiner le poisson.
Stéphane,
quand il ne s'occupe pas de Lou, soigne ses plantes vertes, sa
passion. Il réalise aussi, pour l'émission "Avec ou sans
rock", sur M6, des reportages sur les nouveaux groupes français.
Dans sa Coccinelle noire, Nicola file de musée en musée et fouine dans les librairies. Le dernier 45-tours d'Indochine, "Des fleurs pour Salinger", est un hommage à l'écrivain américain. La chanson est très inspirée de l'expérience de Nicola.
Il a essayé de rencontrer Salinger, depuis longtemps retiré du monde, en se faisant passer pour un étudiant. En vain Salinger n'a pas voulu le recevoir. Mais, dans sa tour d'ivoire, il a peut-être entendu la chanson que lui a composée Indochine.