Paradize

(4/5)

Si "Dancetaria" avait remis les pendules à l'heure, faisant d'Indochine un groupe bien dans l'air du temps, "Paradize" va au-delà de tout. Nicolas Sirkis avait annoncé la couleur très rock de ce disque et la parole donnée a été tenue.

Moderne, beau et insolent, "Paradize" surprend par ses grosses guitares torturées ("ElectraStar", "Punker" ...), ses mélodies (l'envoûtant "Mao Boy", "Dark" ou "Comateen 1") et ses ambiances industrielles ("Like A Monster" et "Marylin"), avec bruits divers et autres bidouillages électroniques qui sont la touche d'Oli De Sat, la vraie nouveauté d'Indochine 2002.

Car nous avons affaire ici à un vrai groupe, jeune, séduisant et dévergondé, qui sait parler et plaire aux ados d'aujourd'hui, ces mêmes ados qui écoutent Smashing Pumpkins, Nine Inch Nails et Marilyn Manson. Indo n'a jamais eu peur d'évoluer et de se remettre en question (quelqu'un se souvient-il de l'album "Le baiser" ou plus récemment de "Wax"?) et depuis qu'il est seul maître à bord, Nicola s'est ouvert de plus en plus à la collaboration.

Celle-ci prend d'ailleurs une envergure importante dans "Paradize", dont la liste des invités est longue : Ann Scott, Camille Laurens, Gérard Manset ("La nuits des fées") et Murat (même si son "Un singe en hiver" casse un peu l'homogénité des autres morceaux du disque...). Du rythme, du bruit, mais aussi des ballades comme la tendre et sensuelle "Le grand secret", superbe duo (en français !) avec Melissa Auf Der Maur (ex-Smashing et Hole) ou encore "J'ai demandé à la lune" (écrit spécialement par Mickey 3D)

Il semblait difficile de faire mieux que Dancetaria - le disque "sombre" par excellence d'Indochine - mais Nicola tape encore plus fort et nous sort un album impeccable, complet comme peu d'autres dans la discographie du groupe. Il y en a un là-haut qui doit être fier...