Le goût sombre du paradis, Indochine
C'est l'un des événements pop
du printemps : Indochine lance le fougueux et glamoureux "Paradize",
cinquième album studio en vingt ans de carrière, qui sera suivi
par une épique tournée aux quatre coins de l'Europe francophone.
À guichets fermés, comme d'habitude.
Pour les trentenaires d'aujourd'hui qui eurent l'adolescence bercée par "L'Aventurier", "Canary Bay", "Tes Yeux Noirs" ou encore "Troisième Sexe", il est difficilement imaginable que le groupe fondé par les frères Sirkis en 1980 puisse encore exister.
Les turpitudes et les aléas de la vie - départ de Dimitri Bodianski en 89, de Dominique Nicolas en 95, décès de Stéphane Sirkis en 99, problèmes avec la maison de disques - auraient fait raccrocher plus d'un groupe. Mais dopé par un public aussi fidèle qu'il se renouvelle avec le temps, Nicola Sirkis a su garder le cap et offrir à Indochine un nouveau pan de son exceptionnelle saga.
Dernier volet d'une trilogie inaugurée avec "Wax" (1996) et poursuivie par le mémorable "Dancetaria" (1999), "Paradize" affine ses thématiques adolescentes (la vie, la mort, les sexe, les croyances) tout en galvanisant la trame pop new wave d'une puissance électrique proche des Smashing Pumpkins et de fioritures glam-gothiques à la Placebo.
Pour la première fois,
Nicola a voulu déléguer. Produit par le talentueux Oli de Sat (co-auteur,
en sus, de la plupart des chansons) et Phil Délire (Noir Désir,
Bashung), mixé par Gareth Jones (l'homme du "Exciter"
de Depeche Mode), "Paradize" s'est ouvert également
aux plumes de Gérard Manset, des romancières Ann Scott et
Camille Laurens, et invite Melissa Auf Der Maur (ex-Hole,
Smashing Pumpkins) comme Michael Furn de Mickey 3D. Le temps d'un
album qui va créer la surprise. Un juste retour des choses.