Dominik et Nicola répondent à nos questions

INTERVIEW

Marc Thirion : Par rapport à vos albums précédents, "7000 danses" marque une évolution nette au niveau de la production...

Indochine : Pour la première fois un album d'Indochine est constitué de neuf chansons complètement différentes.

Nous ne nous sommes pas orientés vers un concept préétabli avec un son uniforme.

Chaque titre peut surprendre l'auditeur. Il y a un instrumental, des titres très rock, d'autres plus mélodiques, quelques sonorités exotiques jamais entendues encore.

Nous voulions sortir un son neuf sans pour autant tomber dans la grosse production à la Trevor Horn. Nous cherchons un son qui soit le moins démodable possible.

Il fallait évoluer sans perdre notre identité et notre spontanéité! Nous avons fait un pas en avant, avec plus de temps pour travailler. Cet album est très produit, très peaufiné.

Pour notre premier mini-album "L'aventurier", nous avions été jetés en studio pour quatre jours seulement... Notre second LP était un peu précipité.

Sur le troisième nous avions eu du temps mais pas encore suffisamment. Cette fois nous avons pris quatre mois de studio et un mois et demi de mixage!

M.T. : Ainsi allez-vous enfin être pris au sérieux en tant que musiciens!

Indochine : Nous n'avons jamais été de vrais musiciens professionnels, mais cette fois on ne dira plus que nous sommes un groupe de bricoleurs de synthés!

Ce quatrième album est plus dur d'accès, moins évident que les trois autres. Il doit être bien écouté avant d'être jugé. Le groupe est plus mûr, musicalement.

M.T. : c'est l'album de la maturité?

Indochine : L'album de la maturité sera le dernier... Peut-être celui-ci, le cinquième, le sixième... Nous aurions de toute façon pu faire mieux, et nous pensons déjà au prochain.

Chaque single sera d'ailleurs remixé, peut-être avec l'apport de "producers", et nous sortirons au printemps prochain un CD de nouvelles versions...

M.T. : Qu'est-ce qui a changé dans votre travail?

Indochine : Nous avons effectué un véritable travail de groupe au niveau de la composition en studio. Nous avons préféré nos instruments à des effets sophistiqués.

Nous avons cherché à créer des climats, des ambiances. Le virage s'est fait sans heurts, naturellement. Il n'y a aucune son de synthèse.

Nous utilisions les machines en évitant les clichés habituels. Dominik a travaillé avec une vraie basse, les cuivres sont vraiment des cuivres.

La couleur générale est certainement plus rock, bien que les synthés soient toujours très présents.

M.T. : On vous reprochait souvent d'utiliser beaucoup de bandes sur scène?

Indochine : Il y avait en effet des computers. Mais si nous utilisons des bandes, cela ne nous empêchait pas de jouer en direct. Il ne s'agissait en aucun cas de play back!

De nombreux groupes, aussi prestigieux que les Pink Floyd, par exemple, utilisent des bandes sur scène. Et il ne faut pas oublier que nous n'étions que quatre!

Au Rose Bonbon, en 1981, plutôt que de brancher une boîte à rythmes dans la sono, nous l'entrions sur bande avec une reverb qui faisait n'importe quoi... ainsi nous avions tout de suite un son personnel!

Pour la prochaine tournée nous aurons une rythmique (percu-batteur), afin de faire disparaître les boîtes, et un bassiste afin de laisser tomber les séquencers. Il y aura donc deux nouveaux musiciens avec nous sur scène.

M.T. : L'album débute par un instrumental "La Bûddha affaire"?

Indochine : Ce titre ne devait pas être un instrumental, au départ. Mais la tension montait : de plus en plus d'instruments venaient se greffer les uns après les autres : timbales, hautbois, flûte, piano bastringue, et nous avons abouti sur cette sorte de valse.

Elle devrait prouver à ceux qui en doutent que nous sommes capables de montrer d'autres facettes que celle de "L'Aventurier". En concert nous accompagnerons ce morceau d'un mini-film que nous allons réaliser.

Le titre est un clin d'oeil aux journalistes qui, du "Watergate" à la "Berlin Affair", se délectent de tout ce qui est un peu sordide autour de tels scandales!

M.T. : "Les citadelles" est le premier morceau vraiment rock de l'album.

Indochine : Il s'agit du premier morceau qui nous soit venu en répétition. Une rythmique très speed a donné ce morceau quelque peu psychédélique.

On a pris les synthés et ajouté une multitude de bruits divers. Dominik a fait sur ce titre un très gros travail de guitare (douze cordes). C'est un peu une enveloppe de sons de guitare. Un rythme de batterie est venu se greffer là-dessus.

Il s'agit d'un des morceaux rock de l'album avec un "gros son" hyper dansant. Pendant l'enregistrement, toute l'équipe dansait dans la cabine! "Les citadelles qui se réveillent", ça sonne bien!

Peut-être une chanson révolutionnaire... En l'écrivant j'ai pensé aux ruines d'une ville qui se réveille.

M.T. : Tu n'aimes pas trop expliquer tes textes, Nicola?

Indochine : Non, car chacun doit y prendre l'idée qui lui vient. Moi, je ne dois dévoiler qu'une atmosphère. J'ai toujours détesté les explications de texte, même à l'école où l'on fait raconter n'importe quoi aux mômes!

Un texte comme "La chevauchée des champs de blé" peut être pris dans plusieurs sens... Le thème est la séduction, mais chaque individu peut en tirer sa propre chevauchée!

Qu'il s'agissent de deux chevaux qui s'aiment ou d'un mec et d'une nana qui galopent ensemble avec passion!

Les mots sont certainement plus durs dans cet album, certains reviennent dans plusieurs titres. Avant je cherchais des mots que l'on entendait rarement. Cette fois le langage est plus usuel, plus parlé.

J'ai pris le temps nécessaire pour écrire, avec une véritable recherche de vocabulaire. Je m'implique davantage, en utilisant par exemple la première personne.

Cet album est plus romantique, baroque et surtout révolté que les trois précédents!

M.T. : On a l'impression que le mot véhicule l'idée... Le reste du groupe intervient-il dans ton travail?

Indochine : Je pars toujours d'un mot ou d'une expression qui me plaisent... C'est le cas des "Citadelles" ou du "Mépris"...

Pour "Les Tzars". J'avais ce titre et c'est Dominik qui m'a donné de faire une chanson sur le pouvoir. Le groupe découvre les textes en studio, juste avant de chanter. Ils interviennent sur des mots qui ne leur plaisent pas mais pas pendant l'écriture.

M.T. : Le texte des "Tzars" est quelque peu surréaliste?

Indochine : Nous jouons avec les mots comme avec la musique, sans nous prendre au sérieux. Ce texte ne veut même rien dire et c'est voulu.

"L'ambassadeur du Japon et ses mauvaises fréquentations" n'a aucun sens... J'ai voulu coller des slogans les uns après les autres dans un esprit gag autour du thème de l'abus des pouvoirs.

J'ai été certainement inspiré par tout ce qui se passait en France à l'époque (décembre 86). Cette chanson a un parfum de révolution sans pour autant être nostalgique de la période punk des années 70!

M.T. : Ce titre choisi comme premier single n'a pas fait l'unanimité. Il n'est pas, et de loin, le morceau le plus fort de l'album; qu'en penses-tu?

Indochine : De toutes façons cet album ne fera pas l'unanimité... Nous venons de vendre plus de 700.000 copies de "3" et des gens disaient ne pas aimer notre nouvel album alors que personne ne l'avait encore écouté!

Cela fait partie de la "Bûddha affaire" (rire)! Je ne crois pas que notre public ait été déçu par "Les Tzars". Nous aurions préféré sortir l'album dans son intégralité plutôt que lancer un titre dans la nature avant...

Ce fut un choix de notre maison de disques lorsque nous étions à Montserrat mais il n'y a pas dans cet album de titres que nous pensions plus forts que d'autres.

Nous sommes donc contents du choix des "Tzars"... Peut-être que les gens des médias se sont reconnus sur la pochette, tout simplement!

M.T. : Quand vous créez, vous ne pensez pas à l'aspect commercial et au hit potentiel?

Indochine : Jamais. Nous savons qu'il y a dans l'album quatre ou cinq singles exploitables mais nous avons vraiment pensé le projet en termes d'album et non de singles.

M.T. : Justement, parlons de "7000 danses", le morceau qui donne son nom à l'album.

Indochine : Tout a commencé par une séquence de Dominik... Les sons sont bizarres. C'est un morceau à écouter les yeux fermés et l'âme envoutée (rire)! Plein d'images viennent à l'esprit.

Nous exploiterons certainement ce côté un peu sorcier, un peu magique en concert.

"7000 danses" représente l'album et le tournant d'Indochine. J'avais depuis longtemps l'idée des "7000 danses". Le texte m'a été inspiré par un paysage marécageux en Floride.

La nuit tombait et pas très loin, il y avait une base américaine... C'est ce mélange qui m'a frappé!

M.T. : Jamais les cuivres n'avaient été aussi présents que dans "La machine"!

Indochine : Il n'y a qu'un cuivre dans Indochine, il s'agit de Dimitri. Il a fait tous ceux de ce titre avec un "ténor" et un "soprano" que nous avons mélangés et qui sonnent comme une section de cuivres.

Pour "La machine", nous étions partis d'une idée de basse, ensuite est venue l'intro et les violons se sont greffés sur le tout.

M.T. : Sur des titres plus mélodieux comme "La chevauchée des champs de blé", tu n'hésites pas à jouer avec ta voix dans des registres plus variés?

Indochine : Sur le premier disque ma voix n'était pas toujours très juste. Sur "Péril jaune", elle avait été mal traitée. Mes quatre années de cours de chant ont porté leur fruit.

J'ai certainement pris de l'assurance. Cette fois, nous avons pu jouer davantage sur l'intention. Nous avions deux 32 pistes, alors qu'avant je ne disposais que de trois pistes pour faire les voix.

J'y ai donc passé deux jours et nous avons gardé les meilleures prises. Ainsi étaient sélectionnées les meilleurs moments spontanés alors que nous prenions auparavant les meilleurs moments de travail!

"La chevauchée" est le titre qui a le plus évolué en studio. Les rebondissements ont été multiples. Nous sommes partis sur une boîte à rythmes assez fade. Le batteur a joué dessus, cela sonnait carrément baloche.

Nous avons refait un rythme mélangé avec la caisse claire du batteur. Le morceau comporte donc trois batteries, un peu de basse et le sax!

M.T. : Pourquoi "Le mépris"?

Indochine : Le mépris est un mot très fort. Cela faisait longtemps que j'avais envie d'écrire un texte à partir de ce mot. "Le mépris" le film, le livre...

La chanson est résolument gaie avec beaucoup de guitares. C'est justement un titre qui prendra toute autre ampleur en concert!

M.T. : Une surprenante ballade sur le thème de l'isolement clôture votre album...

Indochine : Indochine ne s'était jamais lancé dans ce genre de rythmes. "Les yeux noirs" faisait peut-être office de transition! Nous voulions une vraie ballade. On avait besoin de cette émotion-là!

La poésie qui se dégage de l'île de Montserrat m'a ensuite soufflé le texte. "La maison perdue" est une maison verte isolée dans une jungle. C'est la musique qui m'a permis de véhiculer cette impression d'isolement. C'est certainement la plus belle chanson d'amour de l'album.

M.T. : Stéphane, qui avait composé "Le train sauvage" sur "3", récidive avec "Le grand carnaval".

Indochine : C'est un rock tel qu'il les aime. Plus lourd que "Les citadelles", plus hargneux!

M.T. : Dans le texte tu parles à la première personne pour décrire avec ironie le monde politique?

Indochine : Plusieurs textes de l'album tournent autout de la politique mais, une fois encore, le groupe ne prend aucune position. Nous ne sommes pas des militants.

Si nous nous engageons, c'est pour des causes qui nous paraissent justes : contre la supressions d'une chaîne musicale pour les jeunes, pour le combat de SOS racisme, de la Fondation Balavoine...

Indochine est en vogue, nous sommes donc la cible privilégiée de beaucoup de gens... Nous ne nous laisserons pas prendre à ce piège.

M.T. Pourtant la plupart de vos prises en positions sont proches d'une idéologie de gauche?

Indochine : Pour nous, il y a des gens intéressants à gauche et à droite, tant qu'ils ne sont pas racistes et intolérants. Le monde politique n'est vraiment qu'un grand carnaval!

Notre album est romantique, en réaction à une époque où l'on ne cesse de tout détruire. Nous n'avions pas envie de véhiculer un message pessimiste, même s'il transparaît parfois dans des textes surréalistes!

Nous n'avons pas envie de dire aux jeunes "réveillez-vous!" ou "battez-vous", mais le message est englobé dans des textes comme "Les citadelles". Aujourd'hui la musique véhicule la révolution!

M.T. : Comment rester proche d'un public comme le vôtre, essentiellement constitué de teenagers alors que vous-mêmes ne l'êtes plus!

Indochine : Je ne sais pas si cet album est "teenager" ou non, en tout cas nous ne ciblons aucun public. Nous faisons la musique que nous aimons!

Nous ne pensons pas être très éloignés de leurs préoccupations, même si nous sommes aujourd'hui de l'autre côté de la barrière...

Les étudiants qui se sont pris dans des coups de matraque cet hiver dans les manifs, c'est notre public. Ils se reconnaîtront certainement dans cet album.

En 1981, quand nous sortions du Rose Bonbon, nous étions pour tous un groupe de rock. Il n'y avait là que quatre branchés et trois skinheads, mais qui trouvaient notre musique géniale. Avec nos synthés on faisait du punk, disaient-ils!

Ces mecs-là aujourd'hui nous crachent dessus par pur snobisme. Nous sommes mis dans une cage parce que nous n'avons jamais refusé d'accorder des interviews à la presse pour les jeunes.

Nous pensions en effet que l'arrivée de groupes de rock dans cette presse ne pouvait qu'être bénéfique! Depuis nous portons l'étiquette de groupe pour teenagers...

Aujourd'hui les gens vont peut-être changer d'opinion à l'écoute de cet album, et penser que nous sommes un groupe gentil, mais qui a des choses à dire...

Sinon tant pis, l'essentiel est que notre public nous comprenne et nous suive!

M.T. : Revendiquez-vous le fait d'être le groupe leader du rock français?

Indochine : Non, car les autres groupes ne citent jamais Indochine en référence. Nous sommes à part et ne nous réclamons pas du rock français. Nous faisons du rock en France!

M.T. : Vous n'avez pas vraiment de groupes cultes?

Indochine : Chacun des membres du groupe a des goûts différents qui vont du rock le plus underground à la musique orientale, du classique à la pop, et de la chanson française, de Bécaud à Sheller!

Nous aimons tout ce qui nous touche mais aucun groupe n'est pour nous une référence. Nous avons des influences mais nous n'avons jamais cherché à les copier. C'est peut-être le secret de l'identité Indochine!

M.T. : Pensez-vous qu'il y ait un "après-Téléphone"?

Indochine : Il y a eu une décennie Téléphone, il se trouve que l'album "3" d'Indochine a éclaté au moment où Téléphone splittait. Ce qui n'était qu'une coïncidence.

Aujourd'hui les deux groupes issus de Téléphone marchent très bien. De nombreux groupes ont éclaté cette année, malgré l'absence d'une chaîne pour passer les clips!

Plus il y aura de groupes plus nous serons heureux et à l'aise en France pour faire notre musique. Indochine en aucun cas n'a été un détonateur. Nous avons vendu beaucoup de disques mais ne sommes en tête d'aucun mouvement.

Notre seule responsabilité, nous la devons à notre public. La France a toujours besoin de se trouver un groupe "leader", je ne vois pas pourquoi... Nous avons été absents pendant un an, il était logique que d'autres groupes arrivent...

M.T. : Vous n'avez donc pas peur du "phénomène Mitsouko"?

Indochine : Non car nous ne faisons pas du tout la même chose. Nos univers sont complètement différents. Nous n'avons aucun esprit de compétition.

De toute façon les meilleurs restent! Les Rita sont sur la scène rock depuis maintenant quatre ans, grâce à un talent indiscutable.

M.T. : Vous n'avez pas peur de n'être plus à la mode?

Indochine : Nous ne sommes peut-être déjà plus à la mode! Cette notion appartient au public. Pour certains tu es à la mode quand tu reste underground, dans ta cave! Nous avons nous-mêmes fonctionné comme cela.

J'allais au Rose Bonbon et dès qu'un groupe marchait, je n'aimais plus! Pour l'instant nous pensons à notre album et voyons au jour le jour!

M.T. : Comment vous préservez-vous des frustrations de groupe et des problèmes d'égo?

Indochine : Il y a parfois des problèmes dans Indochine, comme dans tous les groupes, mais il semblent s'atténuer avec le temps! Toutes les décisions sont prises à quatre et jamais le groupe n'a été aussi soudé.

Comme chacun sait il n'y a pas de leader dans Indochine! Il faut néanmoins lutter contre une emprise médiatique que l'on ne contrôle pas toujours.

Veiller à ce que le chanteur ne soit pas seul en couverture des magazines... Sur scène, le chanteur est bien sûr en avant mais l'unité est évidente.

M.T. : Vous n'avez jamais envisagé des expériences en solo?

Indochine : Tout le monde a ses idées, mais chacun s'est stabilisé avec Indochine. Après avoir souvent changé de groupe, je crois que nous avons tous les quatre envient de rester dans Indochine.

Mais nous ne nous forcerons pas à continuer si nous n'avons plus envie de faire de la musique ensemble.

Contrairement à ce que font certains groupes, nous n'enregistrerons pas de disque en ne nous parlant pas! Ce que nous espérons, c'est nous arrêter en pleine gloire.

M.T. : Vous semblez avoir un rapport à l'argent très sain. La vie de rock-star ne vous tente pas?

Indochine : Nous ne sommes pas du genre à étaler ni gaspiller... Nous vivons plus confortablement, c'est-à-dire que nous n'habitons plus chez nos parents, mais sans plus.

Notre argent passe souvent dans l'achat de matériel nouveau. La seule "aura" passe quand nous sommes sur scène, sinon nous sommes des garçons comme les autres. On s'amuse. Le côté rock-star est totalement dépassé!

M.T. : Il existe une véritable entreprise autour de vous?

Indochine : Nous voulions nous démarquer de ce métier, nous avons donc créé "Indochine musique". Une façon pour nous de tout superviser et ne pas nous faire avoir par quelque requin du show biz!

Nous vivons indépendamment de la maison de disques, qui a écouté notre album en même temps que les journalistes! Nous avons appris à être méfiants.

Nous avons aussi un fan-club. Pour nous il est important de respecter les 300 personnes qui nous écrivent par jour. Ce qui nécessite une petite organisation!

M.T. : Cette année devrait être celle d'Indochine international?

Indochine : L'album sortira dans 30 pays. Nous sommes triple disque d'or au Pérou avec le live! Et cela se passe bien au Canada, en Scandinavie, en Thaïlande, en Espagne, en Italie, en Amérique du Sud... si bien que nous pouvons penser à une tournée mondiale...

M.T. : Toujours pas de chansons en anglais?

Indochine : Si Indochine chante en anglais, ce sera un texte nouveau écrit en anglais. Il est plus honorifique de nous imposer, si c'est possible, dans notre langue. Nous avons une identité, nous ne voulons pas la perdre.

Nous ne voulons pas être vendus comme une lessive qu'on adapte à un marché. Un disque se vend déjà comme un produit, nous voulons éviter toute exagération à ce niveau.

M.T. : Indochine en images?

Indochine : Il y a eu tout d'abord un mini film tourné à Londres pour illustrer "Les Tzars", qui sont rentrés plus vite que prévu au Top 50. Ensuite nous avons tournée un clip en animation avec Caro, ex-musicien!

On voit le lézard de la pochette se ballader un peu partout. C'est très 70! Nous avons rencontré Mondino qui doit choisir un titre de l'album pour faire un clip.

Après l'expérience Gainsbourg où nous ne nous reconnaissons plus sur le clip, nous voulons superviser tout ce qui touchera l'illustration visuelle de nos morceaux.

Ainsi avons-nous écrit avec Jean-Denis Robert le scénario du film de la "Bûddha affaire".

M.T. : Vous serez en tournée de février à mars avec une halte au Palais des Sports à partir du 16 février?

Indochine : On nous a proposé Bercy, nous sommes allés deux jours de suite voir la salle vide. Elle était rentable mais pas humaine pour un groupe comme nous.

Il faut que nous soyons près de notre public. C'est pour cette raison que nous avons préféré nous produire plus longtemps au Palais des Sports!

DISCOGRAPHIE

L'AVENTURIER - Février 1982 - ARIOLA

LE PÉRIL JAUNE - Novembre 1983 - ARIOLA

3 - Mai 1985 - ARIOLA

LIVE AU ZÉNITH - Octobre 1986 - ARIOLA

7000 DANSES - Octobre 1987 - ARIOLA