Indochine le Septennat

Un livre à ne pas manquer écrit par Marc Thirion aux Editions Carrère Kian

Dimitri, Dominik, Nicola et Stéphane sont nés en tant qu'Indochine, il y a sept ans. Et depuis cette époque un vrai style "Indorock" est né. Un rock à la française qui bouleverse les idées préconçues.

Non, le rock n'est pas forcément lié aux loubards, non le rock n'est pas systématiquement violent et interdit de séjour au sein du top des succès de variétés.

Indochine, avec la fureur de quatre jeunes garçons qui "y croient", révèle une musique et une nouvelle mentalité. Et ça marche. Super bien, depuis sept ans. Un phénomène qui n'est plus éphémère.

Pour OK! nous avons choisi de vous proposer les extraits les plus intimes, les plus personnels de ce livre consacré à ces quatre nouveaux héros musicaux et qui vous en diront long sur leur famille, leurs premiers amours, leurs premiers pas dans la vie.

Et pour en savoir plus, lisez "Indochine le Septennat" que Lio a tenu à préfacer car, elle aussi, a craqué pour eux!

Premier succès : "L'Aventurier"

EN FAMILLE

DIMITRI

- Mon père est russe blanc de Géorgie, dans la Caucase, et ma mère, juive marocaine. Tu mets cela dans un shaker et tu mélanges! Chez nous, ça sentait plus les épices que les frites...

DOMINIK

- Mes parents n'étaient ni bourgeois, ni ouvriers, mais l'intermédiaire. J'avais quatorze ans quand ils ont connu une période très dure. Mon père était même au bord de la faillite. Nous nous sommes alors retrouvés dans une HLM ambiance béton - banlieue!

NICOLA ET STÉPHANE

- Les jumeaux d'Indo sont nés dans la région parisienne et passent les deux premières années de leur vie à Igny. Leur père est alors ingénieur atomiste à Saclay.

Famille bourgeoise, quartier résidentiel, Nicola, Stéphane et leur frère ainé Christophe ne manquent de rien. À la maison, on écoute plutôt de la musique classique, on lit beaucoup.

À l'âge de douze ans, les frères Sirkis doivent pourtant faire face à la séparation de leurs parents. Ils sont alors élevés par leur mère mais continueront de passer leurs vacances dans la ferme de leur père dans le Tarn et garderont de très bons rapports avec celui-ci.

La gloire du début : quel éclatement!

Lio aime Indochine

Sept ans qu'ils ont esquissé leurs premiers pas de dissidence, aventureux, vers un destin divisé en quatre pour mieux régner.

Sept ans comme un pacte présidentiel, sept ans... de réflexion en réflexion, finiront-ils par rencontrer Marilyn? Ils la rendront heureuse, sûrement. Quatre garçons deux à deux, dos à dos.

Nicola et Stéphane, qui se ressemblent trop et pas assez, deux petits garçons à lure-lure dans un comic-strip, deux pôles électriques, l'un positif, l'autre négatif; il le faut bien pour que ça dure.

Dimitri et Dominik, top secret et message confidentiel, l'un jouant du sax comme on joue à la roulette russe, l'autre dont les yeux trop cernés rendent le mutisme éloquent.

Quatre garçons dans un cyclone médiatique, l'attitude inébranlable : sans arrogance ni complaisance.

Quatre paires d'yeux où les filles aiment se mirer; pourtant leurs yeux n'en réfléchissent qu'une à la fois. De longs cils en paravent dans une peau trop douce.

Je suis comme elles, je voudrais qu'ils m'enferment dans leur bulle, d'une passe rapide mano a mano, les respirer en bouche à bouche, et les aimer au coeur à coeur.

PREMIERS FLIRTS

DIMITRI

À quatorze ans, il entre pour la première fois dans un lycée mixte et multiplie les conquêtes. Jusqu'au jour où il tombe amoureux pour la première fois. Une bien belle histoire d'amour-passion qui durera quatre ans.

- Je me suis fait larguer. À partir de là, j'ai décidé que les nanas allaient trinquer! Je n'ai pas arrêté de larguer les filles au bout de deux ou trois jours.

Aujourd'hui, je pense avoir suffisamment vengé et j'ai trouvé l'amour de ma vie. J'adore séduire et j'ai toujours été très séducteur avec les filles. Je suis très dragueur mais je me contrôle. Je suis pour la fidélité, donc aucun écart!

DOMINIK

Farceur, le jeune Dominik commence par mettre des punaises sous les chaises de ses petites camarades... Les filles, ce n'est pas vraiment son truc.

Il va quand même à sa première boum à l'âge de quatorze ans, mais n'y retournera pas de sitôt : il n'est pas du genre à aborder n'importe quelle fille dans la rue. Il serait même pour les amours platoniques.

- J'attendais la princesse idéale. J'étais ou très réaliste ou très rêveur. Ainsi sera-t-il amoureux secrètement d'une fille de son lycée cinq ans durant sans oser lui avouer.

Romantique avant tout, il sortira pour la première fois avec une fille qui n'a pourtant rien d'une princesse : c'était une punk!

NICOLA

À son grand désespoir, il y avait plus de filles dans la classe de Stéphane que dans la sienne.

- J'essayais donc de draguer ses copines mais cela ne marchait pas.

La première s'appelait Sophie, elle était blonde et avait treize ans comme lui, ils s'étaient rencontrés en colonie à l'époque des premières boums, des premiers flirts.

- Comme on n'habitait pas le même pays, nous nous sommes vite séparés. Je me souviens d'un grand flip après la colo, on s'écrivait des lettres. Il faudra qu'il attende seize ans pour trouver un autre amour marquant.

- En fait, je n'ai été amoureux que trois fois dans mon adolescence, précise-t-il. Mon frère lui était bien plus dragueur!

STÉPHANE

Il ne s'en cache pas, il aime séduire les filles. Pas de petite amie fixe pour Stéphane qui préfère le changement à la fidélité. Son premier flirt? C'était un mercredi après-midi, il avait été voir Pinocchio. Stéphane avait quatorze ans.

- Même si cela ne durait pas très longtemps, j'étais souvent amoureux. Je garde de bons souvenirs de mes amours d'adolescent.

Leur monde, leur univers en concert

PREMIERS JOBS

DIMITRI

De l'argent, il en a toujours eu, et s'il travaillait pendant les mois d'été dans des bureaux ou dans un hôtel, ce n'était que pour s'offrir des choses en plus, un premier appareil photo ou un peu plus tard un saxophone.

DOMINIK

Il commence par faire les courses de sa voisine pour se faire un peu d'argent de poche, tous ses petits boulots n'ayant qu'un seul but : s'acheter des motos.

Il passera sa jeunesse à économiser pour réaliser ses rêves de vitesse.

NICOLA

Pas beaucoup d'argent de poche pour le petit Nicola, il doit économiser avec ses cinq francs par semaine pour s'acheter des bonbons et Carambars, puis par la suite pour se payer le cinéma.

STÉPHANE

Stéphane travaillera tout un été pour se payer sa première guitare.

Coût : quatre cents francs.

L'affiche du concert à Lima : de la démence!

À L'ÉCOLE

DIMITRI

Devant de si bons résultats scolaires, les professeurs de Dimitri passeront sous silence l'indiscipline du sujet. Dimitri connaît en effet une scolarité sans problème.

Une chose est certaine, il ne se voit pas derrière un bureau. Son objectif étant de réussir dans une profession libérale ou artistique.

DOMINIK

Dans le primaire, tout se passe bien, Dominik apprend vite et passe sans problème de classe en classe. Mais tout se gâte dans le secondaire quand il commence à sécher les cours pour s'adonner avec ses copains à sa passion des deux roues. Mobylette, moto ou varappe à Fontainebleau, de bonnes raisons de ne pas être très assidu aux cours.

En quatrième, il rate six mois de maths et voit sa scolarité déjà compromise. Pas de chance pour Dominik, sa directrice elle-même le surprend sur une moto pendant des heures de cours.

NICOLA ET STÉPHANE

Inséparables pendant de longues années sur les bancs de l'école, les jumeaux seront, jusqu'à l'âge de treize ans, parmi les Français privilégiés résidant en Belgique.

- On formait un véritable gang dans une école qui regroupait des Européens. Et on se battait avec les Allemands de la classe d'à côté".

Ce que Marc Thirion n'a pas raconté dans son livre

Marc Thirion avait dix-sept ans en 1981. Étudiant en classe terminale, il a "rencontré" Indochine avec le premier album "L'Aventurier". Et dès lors, ce fut une véritable histoire d'amour entre ce groupe et lui.

Partout il a suivi Indochine et de cette histoire de musique et de coeur ressort un bouquin passionnant où pourtant Marc Thirion n'a pas vraiment tout dit.

"Indochine, c'est pour moi la plus importante cassure musicale de la décennie, l'ouverture totale aussi au rock. Et le choc que moi j'ai ressenti alors, nous avons été des milliers à le recevoir en pleine tête.

Les quatre pratagonistes de ce méga-événement je les connais tous séparément. Ils ont leur caractère propre, leur personnalité, et croyez-moi, aucun ne se ressemble, pas même les deux jumeaux.

Dimitri, le plus jeune du groupe, le vrai boute-en-train est hyper cultivé. Intelligent, drôle, il ne vit que par et pour la musique.

Dominik est, lui, un être secret. Il ne s'exprime pas facilement mais peu à peu ose livrer quelques bribes de sa personnalité.

Quant à Stéphane et Nicola, même s'il existe une intense complicité affective entre eux, ils s'opposent dans leur manière de voir les choses.

Stéphane est un méfiant, le plus "rock" de tous qui refuse de se dévoiler, il a même tenu à garder son mariage secret.

Quant à Nicola c'est, et de loin, le plus médiatique, le plus apte aux rapports amicaux spontanés et immédiats.

Mais je l'avoue, ces quatre personnalités différentes donnent un mélange détonant et étonnant : Indochine.

Moi, je sens qu'ils en sont à une période charnière avec leur nouvel album "7000 danses". Automatiquement, un groupe qui a duré sept années, c'st déjà long..." Alors, que va-t-il se passer?

Entre un public fidèle et une nouvelle génération qu'il leur reste à conquérir et à émerveiller, Indochine va sûrement bouger, évoluer. Mais vers quoi? Cela est encore un mystère...