Hier soir à Lille les vétérans toujours gaillards

Quelque 1.500 fans se sont déplacés hier à l'Aéronef où se produisait le groupe Indochine.

Il n'y avait pas que des fans en mal de souvenirs hier à l'Aéronef de Lille pour balancer haut les mains et fredonner les tubes bien connus des militants asiatiques.

À côté des trentenaires venus faire revivre leur adolescence le temps d'un "troisième sexe", de jeunes lycéens battaient des mains et scandaient fort des histoires de Cosaques et d'Eurasiennes. Preuve que même dix ou quinze ans après, la sauce prend toujours : celle des années quatre-vingts en général, celle d'Indochine en particulier.

Ceux-ci n'avaient d'ailleurs pas prévu de se produire à l'Aéronef, mais devant l'afflux des spectateurs, ils ont dû abandonner le Splendid, trop petit pour accueillir tout le monde.

Le temps est pourtant loin où ces musiciens accusés de pasticher "Cure" embrasaient les salles de concert jusqu'au Pérou, sur l'air de "Trois nuits par semaine". Avec le temps, le succès a tiré sa révérence et le groupe est un peu tombé dans l'oubli.

Mais les spectateurs étaient venus hier écouter les tubes qui n'ont pas pris beaucoup de rides, un peu comme le chanteur Nicolas (on en suppose autant du frère Stéphane, malheureusement absent pour cause de maladie). Devant une salle acquise à sa cause, le groupe s'est donc prêté au jeu, mêlant les chansons de son nouvel album aux refrains connus de tous.

Une prestation énergique et sans prétention, entre Russie et clichés asiatiques, chantée avec tellement de conviction qu'on pardonne la voix un peu faiblarde de Nicolas (et la sono, mauvaise). Les vétérans d'Indochine, en tout cas, ont prouvé qu'ils avaient encore du ressort.