Retour d'Indochine

CD à la tentation

Nicolas, seul rescapé de l'Indo des années 80, nous la joue acoustique. Débranché!

Dans la lignée Bijou, Starshooter, Taxi Girl, Indochine prit un départ endiablé, au début des années 80, sous la casaque "jeunes gens modernes".

Ces gamins ambitieux, furieux d'être nés trop tard pour avoir connu le cinéma noir de l'après-guerre et le Swinging London des Mods, s'ingéniaient à les réinventer sur le mode parodique - dans un esprit proche des BD de l'école de la ligne claire, tendance Yves Charland.

Par la suite, ils tournèrent "new-waveux", distillant un ersatz de Cure - regards charbonneux, textes plus prétentieux que sulfureux.

Et Indochine s'égara dans une exaspérante autoparodie, qui s'amusait plus qu'une compagnie de collégiennes groupies. Trop narcissique? Ayant créé son propre culte, Nicolas Sirkis y étouffait probablement.

D'où ce disque acoustique et tendre, qui égrène les moins attendus de leurs vieux tubes et témoigne, paradoxalement, d'une volonté de renouvellement bien nécessaire.

Le péril jaune (Ariola / BMG, 1983)

Électroniques et survoltés, ils fournissaient une excellente bande-son pour un vieux Blake et Mortimer. Une longueur techno d'avance. De la belle ouvrage, pleine de promesses.

7 000 danses (Ariola / BMG, 1987)

N'importe quoi. Nicolas Sirkis hurle ses textes les plus débiles. L'époque où ils se faisaient trop confiance et répétaient les mêmes tics, déjà pas mal usés. Stoned?

Un jour dans notre vie (Ariola / BMG, 1993)

L'ennui rôde derrière le néo-psychédélisme et un trio de cordes incongru. Heureusement qu'il y a les riffs tranchants de la guitare de Dominique Nicolas.

Nuits intimes (Sony Music, 2000)

Nicolas, vingt ans d'adolescence et seul rescapé de l'Indo, a de beaux restes et garde la foi. Souvent émouvant. Vive le retour d'Indochine!