Indo-romo-chine!
"Trois nuits par semaine, c'est sa peau contre
ma peau...", à tout rompre.
On n'en revient pas encore. Le groupe Indochine était samedi soir sur la scène de la Pyramide. 700 personnes... On les a vus de près, de très près. Pharaonique.
Ils n'étaient pas nés quand le groupe voit le jour au début des années 80.
"Maquillés comme des fiancés", cheveux hérisson, vêtements noirs, ils ont à peine 20 ans et connaissent les chansons par coeur. À leur côté, des familles entières. Le groupe draîne large et loin.
Pour le lancement de cette tournée intime dite "acoustique" dans l'Hexagone - pour fêter les 20 ans et comme promis à Stéfane, le frère jumeau disparu -, les férus sont venus de Bordeaux, Paris, La Rochelle...
Internet a fonctionné à fond. Les places ont été prises d'assaut dès l'annonce du rendez-vous.
La scène expose un grand canapé pourpre, un candélabre à pied garni de clerges, de l'encens, un ours en peluche, celui-là qui accompagne Nicola dans toutes ses tournées. Ambiance living-room.
Cocooning. Tout le monde est assis. On se demande un peu comment on va rester debout. Le groupe a l'habitude des concerts électriques et des mouvements de foule...
Au Nirvana
À l'heure prévue, Nicola entre en scène accompagné de Jean-Pierre Pilot aux claviers, Marc Eliard à la basse, Boris Jardel à la guitare et Matthieu Rabate à la batterie, un quatuor de musiciens qui l'entoure depuis sept ans.
Perruque corbeau ébourriffée et cirée, une longue robe noire qui ressemble étrangement à une soutane, dès lèvres rougies, un visage poudré, le chanteur a accentué son allure mystique et androgyne.
Une chanson inconnue et mélancolique pour commencer dans la lueur des flamèches et des néons violets puis on enchaîne avec les "Yeux noirs" corrigée à la gratte. Une partie du public ne tarde pas à se lever.
Les premiers rangs s'approchent doucement, refoulés par les "gros bras" de la sécurité. Suit "Alertez Managua" et "More" des années 1990, "Les silences de Juliette" de l'album Wax...
Nicola fait signe aux gorilles qu'ils peuvent laisser le public approcher. Une fosse se forme rapidement. On se lâche. Pendant plus de deux heures et demie.
S'en suit une chanson de Nirvana "Come as you are", "une façon de rendre hommage à Stéfane qui aimait énormément ce groupe..." Les artistes poursuivent avec "la chevauchée des champs de blé" et "Ce soir, le ciel".
On s'égosille : "Ce soir, le ciel nous a choisi pour une nouvelle vie. Ce soir, le ciel nous a prédit l'éveil au paradis". Les fans sont au 7e ciel. Au Nirvana...
Sacrée Françoise...
C'est reparti avec "Je n'embrasse pas", "Justine", "Révolution", "Juste toi et moi"... Nicola avait parlé de surprises, elles arrivent.
"C'est une soirée interactive. Nous allons prendre quelqu'un au hasard qui choisira un titre les yeux bandés."
Jeu risqué lorsque l'on sait que le groupe a écrit 95 morceaux... "Ce sera soit une catastrophe, soit un truc revisité." Ce fut drôle.
Nicola Sirkis, sans une ride, plus
androgyne que jamais...
Une jeune fan, cheveux hirsutes gelés à point, tombe sur le titre "Françoise, qu'est-ce qui t'a pris". C'est vraiment ce qu'on a envie de lui demander. D'où sort cette chanson?
Nicola se cache dans sa serviette éponge. "Ça fait un bout de temps... Je n'ai même pas les paroles... Sans déconner, on l'a jamais jouée en vingt ans! Vous allez assister à une répétition."
Le public est aux anges. Heureusement que les groupies de devant connaissent les paroles et font office de souffleurs...
La dernière partie offre "le baiser", "Trois nuits par semaine", et "L'Aventurier". Les bras se lèvent. On se déchaîne, toutes générations confondues. Même si les fans hurlent "Canary Bay", ils sont repus, enchantés.
Les tympans gonflés, les yeux éclatés, les mains engourdies, on se calme sur une petite musique de fin. Pleines lumières dans la salle. Indochine salue son public. Poignant cet "Au revoir" intime.