Indochine, Attention Zénith!
Dans la musique, c'est
comme dans la vie, il en faut pour tous les goûts. On a beau ne
pas les aimer, on est bien obligé d'admettre que le groupe
Indochine fait partie des groupes de rock français des plus en
vogue actuellement.
Leur "look destroy" plait à un public qui ne l'est pas moins, on se plie aux extravagances mystérieuses de la chanson française.
La disparition de Téléphone aidant, Indochine est devenu sur le plan des ventes, le premier groupe de rock français. Rien d'étonnant donc si je vous dis qu'au Zénith, cette année, ils ont fait salle comble.
À voir le public gesticuler et s'exciter dans tous les sens (on a presque peur qu'ils se déboitent un bras ou qu'ils se dévissent un bras ou qu'ils se dévissent la tête), on peut penser que cette cacophonie musicale signée Indochine transpire quelques talents.
Pourtant... pourtant, le soir où nous nous sommes rendus au Zénith, la salle était un peu tristounette (encourageant non?).
À part certains admirateurs qui se convulsaient tant bien que mal devant la scène, il n'y avait pas de quoi faire un fromage.
Pas vraiment terribles non plus et carrément indigestes les quelques spots de pubs. Non mais pourquoi pas des clips?
Enfin
bref, après avoir supporté en première partie la prestation
des "Innocents", à 21 heures, l'autre groupe prend la
relève.
Heureusement (pour moi!), ils marquent un bon point avec la projection du clip magnifique de Jean-Denis Robert sur l'instrumental de "La buddha affaire".
Coupe de poker et de pocket, ils ont la salle dans la poche. Les voilà par centaines tanguer et chavirer aux rythmes des images quelques peu insolites. (Qui oserait demander pourquoi?).
Dans un château délabré, Nicola au violon, Dominique à la flûte, Dimitri aux percussions et Stéphane au piano (il n'en marque plus que trois pour écrire un conte de fées) nous entraînent dans une ronde infernale sur une valse magnifique et envoûtante, étonnemment superbe.
Après l'amuse-gueule, le plat de résistance. Ils débarquent en troupe, en trombe et en force sur la scène, dans un délire explosif d'éclairages signés Jacques Rouveyrous. Attention les yeux et les oreilles, ça va chauffer sec! Aux armes, Indochine!
Sortez vos premières mesures des "Citadelles". Résonnent les amplis, claquent les percus, le public se réchauffe. Que leur chant impur abreuve nos tympans!
Qu'il chante très bien. Mais il ne fallait pas qu'il parle! Nicola, en show-man confirmé instaure le dialogue et patratra! C'est le pôle nord.
"Canary
Bay", "Grand carnaval", "Monte Cristo",
"Y a un risque", "La chevauchée des champs de blé",
que de titres qui se suivent et se ressemblent.
Ça manque de chaleur mais pas de professionnalisme. Jocker accordé, ils ont une incontestable maîtrise du son.
Appuyés par leurs deux nouveaux musiciens invités, le Brésilien Diego Burgad (à la basse), et le Vietnamien, Jean Hy Truong, (à la batterie) les Indos régaient les ados avec leur "7000 danses", "Tzars", et "3 nuits par semaine".
Nicola le démon de la bougeotte, envoûte ses paroissiens avec "Dizzidence politic" qu'il associe à "700 millions de chinois". Clin d'oeil à l'adorable Dutronc avant de quitter la scène.
Ouf, je respire, c'est fini. Eh bien non! On remet ça avec trois rappels, "À l'assaut", "3e sexe" et la "Maison perdue", jolie ballade avant d'aller épuisés, se coucher.