Nicola Sirkis, Dans la lune...

On connaissait la solomania, chargée d'apposer quelques sparadraps réparateurs sur les j'ai-bobo-à-mon-égo. On connaissait aussi la reprisemania, destinée à assouvir les pulsions oedipiennes du fan-qui-sommeille-en-chacun-d'eux.

Mais alors, un premier album "perso" uniquement composé de covers, ça c'est tout nouveau-tout chaud! Et qui c'est-t'y qui s'y colle? Nico, d'Indo!

Rayon international, Sirkis La Mèche Folle balaye large : David Sylvian ("Waterfront"), le Boss ("Two Faces"), les Pierres Qui Roulent ("Play With Fire"), Young Marble Giant ("Brand New Life", traduit par "Alice Dans La Lune"), Tom Tom Club ("On On On" devenant "Le Seigneur Des Toits")…

Rayon national, l'Aventurier vieillissant s'offre Gérard Manset ("Entrez Dans Le Rêve") et Elli et Jacno ("Anne Cherchait L'amour"). Appréciation "perso" : que font Arthur et Lalanne? Que fait Edith des Valentins dans cette galère?

Au début, "Dans La Lune" se met doucement sur orbite : voix doucereuse à dégoûter les accros à l'aspartam, accent british faisant honneur à la méthode Assimil.

Puis au quatrième titre, c'est la catastrophe, le crash sans rémission : voix gnangnante, la version d'"Anne Cherchait L'Amour" sombre dans le ridicule suprême, fait naître la haine. Conclusion vulgaire, mais sincère : mieux vaut se mettre cette rondelle dans le cul que dans oreilles.