Indochine
Ils sont trois garçons
face au vent. Le quatrième a la grippe de Bangkok. Le restaurant
est sino-vietnamien. Bon, ça ne vous dit toujours rien? En fait,
les quatre d'Indochine sont des garçons dans le vent.
Un an après le succès d'estime de "Françoise" et "Dizzidence Politik", la glissade du hit-parade. Ascensionnelle, Inter-sidérante. Schpunz!
Un orchestre de comic-strip, des petits héros modernes pour pop! syntétik 80 avec physik accrocheur et look sympathik. Une patrouille de louveteaux branchés sortis des illustrations de Pierre Joubert pour Bob Morane (Henri Vernes).
Années Cinquante, comme les aventures en scope qui bousculent leurs têtes, de Bagdad en Mandchourie. Comme Eddie Cochran, rock'n'roller. À peine l'âge de leur cinéma. Comme ça, pas de confusion possible : shazam! Fraîcheur, spontanéité.
Cocktail exotique survitaminé. Deux d'entre eux (le chef de bande à gueule d'angelot, son fidèle lieutenant réservé) végétaient avec des musiciens ennuyeux et stakhanovistes. "Pourquoi jouer compliqué quand ça sonne si mieux simple?"
Zoom! Un saxo (l'inévitable binoclard), le frère de l'autre, ça faisait quatre. Pourquoi Indochine? Comme ça. Un certain goût de l'aventure. Risquer sa maquette ici et là; signer pour sortir des disques colorés, entraînants.
"Si seulement c'était l'Angleterre, un single tous les deux-trois mois..." "L'Aventurier" a mis le feu aux poudres, Pow! Mine de rien, Indochine marche sur de la dynamite. En tout cas se bouge.
Rencontre Henri Vernes (Bob Morane) en Belgique : un vieux ringard. Inocule la fière jaune à Orléans. Secoue les clichés figés du rock français. Aujourd'hui, Paris. Demain, le Francophonie. Après-demain, le Japon. Dimanche, jour de repos.
Après ingurgitation de trois litres cinquante de thé au jasmin, whizz!, Indochine se déclare paré à l'attaque, en kommando plutôt qu'en kimono (my house). "Nous sommes la troisième génération de l'espoir" (op. cit.) Êtes-vous prêt pour Indochine?