Nicola Sirkis, gardien d'Indochine
Indochine for ever?
Les chansons d'Indochine sont entrées dans la mémoire collective depuis les années quatre-vingt. À classer dans les archives? Non. Nicola Sirkis est là pour en attester : l'aventure continue.
Les récentes tournée du "Dancetaria tour" est des "Nuits intimes" ont renouvelé le public et donné lieu à deux enregistrements. Ce retour en grâce, après quelques années d'éclipse, suscite l'intérêt.
Déjà, des propositions de collaboration émanent d'artistes français "un peu maudits". Nicola observe, ouvert mais vigilant, "je suis le gardien de l'âme de ce groupe : il faut que les gens se mettent au service d'Indochine et non le contraire".
Indochine représente l'oxygène de Nicola depuis vingt ans. Il y insuffle sa force, ses doutes, sa créativité, ses découvertes : pour le moment, pas question de s'arrêter.
Cependant l'artiste n'envisage pas non plus de continuer ad vitam eternam : "Je me vois terminer ma vie comme vieil écrivain, pas comme vieux chanteur". Auteur des paroles de ses chansons, Nicola a également écrit un recueil de nouvelles et songe à un roman.
Il pioche ses inspirations un peu partout, dans la littérature, la poésie actuelle ou celle des surréalistes, selon lui : "on apprend plus dans les livres que dans les journaux télévisés".
L'année à venir sera consacrée à un nouvel album et pendant cette période, Internet (www.indo.fr) servira de lien avec les fans. "C'est un espace libertaire et légal, on peut y dire ce qu'on veut" revendique le chanteur.
En projet plus vague, il y a aussi un déménagement. "J'habite Paris depuis trop longtemps, j'en ai marre, c'est surpeuplé"; Nicola aimerait assez retourner vivre à Bruxelles où il a passé une douzaine d'années étant enfant, "je me sens Européen, j'aime les villes frontalières", ajoute-t-il.
Exigeant dans le travail, l'homme - que l'on qualifierait volontiers de jeune homme à quarante ans passé - se ménage occasionnellement des moments de farniente.
Titulaire d'un brevet de pilote d'aviation depuis trois ans, il s'envole, "on me reproche toujours d'être dans la lune parce que je pense à plein de choses en même temps, mais là, il faut être concentré!", ou bien il court.
"Tu quittes un endroit et au bout d'une heure tu es complètement ailleurs", apprécie-t-il. Bref, quoi qu'on fasse, Nicola Sirkis avance.