Indochine : "Nuits intimes"
Sorte
d'unplugged à la dérobade, interlude généreux en attendant un
prochain album studio guetté par des milliers de fans, fidèles
des eighties et nouveaux venus glanés durant deux années de
tournée, "Nuits intimes" est un bel exemple de persévérance
récompensée.
Orphelin depuis le décès de son pair, Nicola Sirkis s'est trouvé une vraie et nouvelle famille en la personne du groupe qui l'accompagne depuis quelque temps déjà.
Avec Pilot (claviers), Boris (guitares), Eliard (basse) et Matthieu (batterie), le chanteur se paye aujourd'hui le luxe d'un voyage non pas solitaire, mais solidaire. Le comble, c'est qu'armé des forces que l'on sait ou devine, ce petit lutin de l'afterpunk fait sonner sa mythique formation comme jamais.
Née des cendres tièdes, elle se permet cette incartade acoustique avec une fausse désinvolture pour un résultat qui ravira les amateurs et fera jaser les autres.
En trois jours et trois nuits, au studio Davout devant un parterre constitué d'une cinquantaine de fans (certains judicieusement photographiés dans le livret), Indochine a interprété un florilège certainement pas fané de chansons extraites de ses huit albums studio recouvrant vingt années d'une carrière qui doit au moins inspirer le respect.
"Les Plus Mauvaises Nuits", "Justine", "Trois Nuits Par Semaine", fourrées de guitares sèches, de piano nu et de cordes samplées, ou "7000 Danses", "A L'Est de Java", en tenue d'apparat chic et new wave (caisse claire et arpèges veineux en sus), se sortent fièrement d'un traitement souvent ingrat qui dans le cas présent remet toutes les pendules à la bonne heure.
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(Columbia / Sony Music)