Une nuit (câline) sur l'épaule du groupe Indochine
Nicola
en version acoustique : pour le meilleur d'Indochine.
Indochine en concert acoustique, c'est une vraie surprise.
L'occasion de découvrir des chansons moins connues, des sonorités nouvelles, une profondeur (si si) évidente, un émoi palpable.
C'était, hier soir, à la Coopé et ceux qui y étaient pourront témoigner.
Ça fait maintenant plus de deux ans que Nicola Sirkis parcourt les routes, de salle de concert en salle de concert. Sans son frère jumeau Stéfane, disparu, il fait renaître Indochine, groupe phare des années 80, avec le Dancetaria Tour, du nom du dernier album du duo.
Mais hier, à la Coopé, c'était la deuxième seulement de la tournée acoustique.
Un concert intime ou voulu comme tel avec des tapis sur scènes, des bougies, des tables basses, un canapé, des ours en peluche.
Le millier de spectateurs était un peu comme à la maison : on prend un peu plus de deux heures, on se pose, on s'assoit (ça n'a duré que dix minutes, mais bon...), on s'écoute de la musique.
Mais pas forcément celle qui est dans toutes les oreilles : pour cette tournée, Nicola a principalement choisi les chansons qui ne sont pas les plus connues.
Pour celles qui le sont, les synthés ont disparu et les guitares ne sont plus électriques. Débranchées.
INDOCHINE BIS
Intime, jusqu'au bout : le public a pu choisir quelques-uns des chansons soit par Internet, soit par l'intermédiaire d'une personne prise au hasard dans le public, qui pose son doigt sur le titre d'une des 95 inscrites au répertoire d'Indochine.
L'ambiance n'est pas prise de tête, mais à l'échange, presque à la confidence. Nicola a quelques années de plus (40, mais ça lui va bien).
Il a gardé son côté adolescent décoiffé (mais en plus court), sa voix particulièrement (grave ou haute, rien de rare mais singulière), mais a gagné en profondeur. Les chansons réorchestrées prennent une autre dimension.
Posé sur une chaise ou debout et immobile devant son micro, élancé et très looké dans une jupe magnifique, Nicola n'en rajoute pas. Il est sincère, spontané, simple. Il la joue intime jusqu'au bout, et ça lui va plutôt bien.
C'est du Indochine comme on n'en a jamais écouté : débarrassé de la déferlante new wave, mais toujours présent au monde, avec une musique assumée, défendue et partagée.
Au troisième rappel, Nicola et ses quatre musiciens rebranchent. Les guitares redeviennent électriques et résolument rock pour la quasi mythique "Bob Morane". Un Aventurier pour lequel la salle se déchaîne, comme avant.
Indochine, ça fonctionne encore. Sans doute mieux : parce que le temps a passé, la superficialité aussi. Que demander de plus? Une nuit intime avec Indochine un peu plus souvent?
Car là, ce n'est malheureusement pas trois nuits par semaine...