Nicola Sirkis, Dans la lune
C'est
au moment où il enregistre un album de reprises que l'artichaud
vivant d'Indochine ressemble enfin à quelqu'un. Bon, d'accord,
il a copié sur Martin Gore, le Wolfgang Amadeus de Depeche Mode,
et son Counterfeit EP, édité en 88.
Ne serait-ce parce que Sirkis reprend lui aussi Never turn your back on mother earth - un vieux Sparks 70 qui n'en méritait pas tant. Pas grave.
On peut aussi reprocher à celui que d'aucuns surnomment le Nicolas Sarkozy de la new-wave française (c'est salaud) d'être un peu trop "honnête homme" dans ses goûts : reprenant équitablement un Beatles et un Stones pour éviter de se prononcer, par défaut, sur la principale dichotomie du rock; n'omettant aucune décennie, même si la part belle est logiquement faite aux eighties; et chantant autant que faire se peut en français...
N'empêche : même si ces reprises ne sont jamais révolutionnaires (pas vraiment le genre de Nicola Sirkis - la transfiguration - lui qui, de son vrai nom, s'appelle Nicolas Sirchis), elles ne sont pas non plus saccagées.
Il y a même une ou plusieurs bonnes idées : notamment la "cover" de Entrez dans le rêve, un titre qui chez Manset ressemblait à du Indochine et qui, chez Indochine ou presque, ressemble à du Manset.
Et l'adaptation française du Brand new life des Young Marble Giants qui, telle quelle, pourrait bien faire son trou au Top 50.
Douze ans après la bataille, une pièce de l'obscur Colossal Youth au sommet grâce à l'auteur de l'aventuri-yeah? C'est nous, pour le coup, qui l'aurions "dans la lune".