Une nuit intime avec Nicola
Samedi, le public arlonais a partagé des moments intimes avec Indochine. Un concert acoustique, chaleureux et rempli d'inédits. Deux heures de bonheur.

La complicité qui unit les cinq musiciens d'Indochine se perçoit dès les premières notes.
"Juste toi et moi, comme les étoiles qui se rejoignent...". Le rêve de tous les fans d'Indochine, juste eux et Nicola.
Samedi soir, à la Maison de la culture d'Arlon, 600 personnes l'ont rejoint, Nico. Un moment rare où le public, toutes générations confondues, a réellement rencontré leur idole. Nicola était là, tout près d'eux, dans une ambiance tamisée, à la lueur des bougies.
Difficile de rester indifférent devant un Nicola Sirkis plus sensuel que jamais. Gracieux dans ses mouvements, émouvant dans ses paroles, élégant dans sa robe noir, Nico fascine autant les filles que les garçons. Il génère une passion positive, sans hystérie.
Lui aussi, il aimerait embrasser tous ses fans, mais 600 personnes, c'est beaucoup alors il chante "Je n'embrasse pas, non je n'embrasse pas comme ça, mais que c'est beau la vie...".
Boris,
un accompagnement acoustique et vocal fort en finesse
Amour réciproque
Indochine, ce n'est pas que Nicola. À la batterie, on retrouve Matthieu, Boris à la guitare, Jean-Pierre au clavier et Marco qui joue un instrument à cordes. À cinq sur la scène, ils s'accordent à la merveille.
Jean-Pierre rigole quand Nicola commence à chanter un temps trop tôt, puis Nico envoie Jean-Pierre chercher une demoiselle dans la salle.
Cette dernière assise sur le canapé sur la scène est l'heureuse élue pour choisir un morceau au hasard. Le titre tiré au sort est Le grand carnaval de l'album 7000 danses. "Ouf, on la connaît un peu", dit Nicola au public amusé.
Mais bon, il faut quand même qu'ils répètent en "live", ils accordent leurs guitares, le public les aide à retrouver l'air, et c'est reparti, tous chantent ensemble, une véritable communion. "C'est un concert interactif", dit Nicola.
Et puisque l'amour est réciproque, Indochine souhaite toujours satisfaire son public au maximum. Ainsi, ils interprètent Peter Pan, le titre qui a remporté le suffrage au vote Internet à Arlon (le public avait exprimé ses suffrages sur ordinateur avant le concert).
Et c'est à nouveau une ovation du public face à des remerciements à la pelle de Nicola : "Merci beaucoup de votre accueil, nous sommes très fiers de passer chez vous", s'exclame-t-il.
Stéphane, toujours présent
"On sent sa présence", nous avait confié Nicola en parlant de son frère quelques heures avant le spectacle. Alors, sur scène pour se rapprocher de lui, nos cinq Indos chantent Come as you are de Nirvana.
"C'est un groupe qu'il aimait particulièrement", ajoute Nicola. Un moment aussi intense lorsqu'ils chantent Atomic Sky, Justine, Salômbo, Révolution et tant d'autres.
Nicola,
toujours un look d'adolescent. Aussi sympa à l'interview que sur
la scène arlonaise
Samedi, trois heures avant le concert, Nicola Sirkis, le chanteur d'Indochine interrompt sa répétition. Entre deux morceaux, il nous reçoit dans sa loge.
Nicola Sirkis, c'est le début de votre tournée acoustique, est-ce que le public est aussi chaud que lors des concerts dans les grandes salles?
C'est notre 8e concert "nuit intime". Le public est complètement différent, mais il est toujours aussi chaud. Cette tournée arrive très tôt après la tournée électrique. Alors il faut expliquer aux gens ce que c'est.
C'est l'occasion de présenter des morceaux inédits. On va rechercher des morceaux moins connus, éparpillés dans nos albums. Dans les tournées électriques, c'est deux heures d'énergie pure, ici, c'est deux heures d'émotion pure. C'est très chaleureux.
Pour nous, c'est très bien psychologiquement, puisqu'à nos débuts, on jouait dans des petites salles, c'est bien de passer de l'un à l'autre.
Vous jouez beaucoup en Belgique. Comment est le public belge?
On respecte beaucoup ce public qui est toujours fidèle. En Belgique, le public est plus mûr musicalement. Grâce notamment aux radios, la culture pop est beaucoup plus forte en Belgique qu'en France.
Allez vous faire quelque chose de spécial pour les 20 ans d'Indochine en 2001?
Pour le 10e anniversaire, on avait fait une compilation. Je me rends compte que ce serait trop facile d'en refaire une. Je vais consacrer cette 20e année à l'écriture d'un nouvel album pour faire la trilogie qu'avait commencée l'album Wax.
Pourquoi parliez-vous de trilogie?
En fait, Wax marque un tournant, le départ de Dominique. Puis, il y a eu Dancetaria, écrit par Stéphane et moi. L'acte II est terminé. Il faut offrir un nouvel album.
Vous êtes en tournée depuis plus de deux ans, ce n'est pas trop épuisant?
Épuisant, non. Mais c'est surtout deux heures de joie pour beaucoup d'heures d'attente. Et, on a très peu de temps à consacrer à l'écriture. Enfin, il y a quand même eu des haltes.
La présence du public est une récompense pour nous, surtout qu'il n'y a pas eu beaucoup de soutien médiatique.
Sur scène, vous êtes parfois en jupe, pourquoi?
C'est un look que j'aime, en fait, ce sont de belles robes! J'ai toujours aimé cet aspect androgyne. Je parlais déjà de ça dans la chanson 3e sexe (sur le troisième album en 1985).
Vous appréciez Placebo, est-ce que vous aimeriez jouer avec le chanteur du groupe, Brian Molko?
On a déjà joué une fois avec eux. Oui, on se connaît bien, on parle de maquillage, etc. C'est un groupe anglo-saxon qui dégage à la fois de la gentillesse et un côté pervers, c'est le genre de rock que j'écoute. Beaucoup de fans d'Indochine aiment Placebo aussi.
Ce sont les mêmes personnes qui nous ont inspirés, Patty Smith, David Bowie, etc.
Samedi
à Arlon : le public a véritablement communié avec son idole
Indochine a bientôt 20 ans. Comptez-vous signer à nouveau pour autant d'années?
Maintenant, on va écrire notre nouvel album, cela va nous mener jusqu'à 2003, 2004. Après il faut voir si on est encore crédible.
EN COULISSES
Indochine, heureux
Si le bonheur du public a été à son comble, il en est de même pour les artistes. Après le concert, Nicola Sirkis a confié à Fernand Houdart (animateur à la Maison de la culture) qu'il était heureux d'avoir rencontré un public très jeune à Arlon.
Ça leur a fait plaisir que des jeunes, qui n'étaient même pas encore nés à leurs débuts, aiment leurs chansons sans vraiment les connaître, ils vont seulement les découvrir.
L'avis de Fernand Houdart
En programmant Indochine, la Maison de la culture d'Arlon souhaitait ouvrir les portes du théâtre à un artiste qui fascine plusieurs générations. Et c'est gagné.
Le public était composé de spectateurs âgés de 10 à 50 ans. Selon Fernand Houdard, c'est la personnalité de Nicola Sirkis qui rend le public gentil. "C'est formidable que les jeunes communient avec une personnalité très positive", dit-il.
Du côté des fans
Pendant le concert, les fans se sont faits entendre : "Nicolaaa...", "Indochine, Indochine, Indochine!", certains sont venus voir le groupe pour la 5e, 6e ou 7e fois.
"C'est la sixième fois que je les vois. Ici, c'est bien parce qu'on est proche d'eux, on a l'impression qu'ils nous entendent et qu'ils nous répondent", dit Hélène. 19 ans.
"Moi, c'est la première fois que je viens, j'aime le style de Nicola, avec sa robe, son maquillage. Kurt Cobain chantait aussi en robe...", ajoute Amaury, 16 ans.