Indochine : the show must go on

Acoustique

Le groupe phare des années 1980 sera ce soir au Splendid. Un retour en grâce un peu inespéré après une longue période de désert médiatique. Mais le public, lui, n'a jamais boudé. On en a vu des adolescents se "pâmer" devant l'un des groupes de new wave les plus célèbres des années 1980.

L'aventure a débuté en 1981, année de tous les espoirs. A l'époque, ça frôlait l'hystérie. Rien à voir avec les éphémères boys bands de la fin de siècle. Vingt ans plus tard, nombreux sont ceux à encore entonner L'aventurier, le Canary bay ou les Yeux noirs.

Indochine, qu'on le veuille ou non, qu'on apprécie ou pas leur style un tant soit peu marginal, c'est un succès. Tout une génération a dansé sur les tubes d'un groupe qui a vendu des millions de disques en passant très peu sur les ondes et encore moins à la télé.

Une réponse en forme d'hommage

C'est que durant une bonne décennie, Nicolas Sirkis et sa troupe ont été boudés par les médias. Depuis deux ans, le groupe renaît. Il remplit les plus grandes salles françaises et belges et sort, en août 1999, un nouvel album, Dancetaria, certainement l'un des meilleurs du répertoire.

Malgré le désert médiatique, les fidèles ne les ont jamais quittés. Ce soir, Indochine est au Splendid pour un concert acoustique qui marquera la fin de deux années riches en émotions : "Après deux ans de tournée électrique, on vient terminer dans des salles plus intimes en version acoustique, explique Nicolas Sirkis.

On interprètera ce soir des morceaux uniques, des choses inédites, jamais jouées sur scène." C'est certainement la meilleure réponse que le groupe pouvait apporter à ses détracteurs.

Une réponse en forme d'hommage à Stéphane Sirkis, frère de Nicolas, décédé en février 1999. Le drâme aurait pu précipiter la chute du groupe. Il n'en fut rien. Nicolas et sa troupe ont décidé de continuer à faire vivre la mémoire de leur frère et ami : "On se dit toujours au départ que c'est cher payé, témoigne Nicolas.

Mais il fallait à tout prix continuer pour lui, pour moi et surtout pour notre public, qui nous a redonné de l'énergie." Le genre d'événement qui vous change le regard sur la vie. Le chanteur poursuit : "La vie, c'est un grand cirque humain. Ici, en occident, on terrifie la mort, mais il faut bien l'accepter."

Une musique irrationnelle

Les mots sont forts de sens, emprunts d'émotion et de sincérité à la fois, comme la musique que Stéphane aimait, un tantinet irrationnelle. C'est ce qui en fait son charme auprès d'un public éclectique : "Je suis sidéré de voir lors de cette tournée l'âge des gens, dit encore le leader du groupe.

La plupart d'entre eux n'étaient pas nés quand nous avons commencé et sorti nos plus grands succès, c'est quand même surprenant. Les 15 - 25 ans, c'est une tranche d'âge que l'on aime. D'ailleurs, je me sens encore adolescent par moment."

Sans parler de revanche, Nicolas, le gardien du musée, n'est pas peu fier de ce succès inter-générations. Lorsque le groupe a fêté ses dix ans, il a fait la risée d'un certain public.

Aujourd'hui, alors qu'il s'apprête à fêter ses vingt ans, les maisons de disques s'arrachent ses derniers titres. Le public du Splendid aura ce soir cette chance unique de partager ces derniers moments d'intimité, avant que Nicolas et sa bande ne s'engagent dans une nouvelle aventure.

L'album live d'Indochine "Nuit intime" sortira le 9 janvier.