Indochine, Nuits intimes

Le groupe Indochine a survécu à Téléphone, Bijou et autres Starshooter, groupes phares des années 80. Depuis 20 ans, il a vu son public s'élargir et se renouveller. Rencontre avec Nicola, "l'Aventurier" leader du groupe.

Le 9 janvier sort Nuits intimes, une compilation de la plupart de vos succès en version acoustique. Quelle est l'origine de ce projet?

Cet album est pour nous une sorte d'anti-best of. Après 20 ans d'existence, nous ne voulions pas sortir de compilation banale. D'où l'idée de la version acoustique. Notre démarche est basée sur la sincérité.

Je ne pense pas que nous pouvons leurrer le public car il sait comme le monde de la musique marche. Sortir un best of de tous nos grands succès n'aurait eu aucune sorte d'intérêt aussi bien pour nous que pour notre public.

Nous voulions au contraire apporter de la nouveauté. Nuits intimes est aussi une manière de ne pas oublier que, comme David Bowie ou Jacques Higelin, un piano voix fait aussi partie du rock.

Mais pour nous cet album acoustique reste avant tout une parenthèse. Car notre prochain album sera bel et bien électrique.

Indochine connaît un grand succès depuis presque 20 ans. Comment l'expliquez-vous?

C'est difficilement analysable. Je pense que c'est lié au fait que nous avons toujours cru en nous. Après, savoir pourquoi 20 ans de succès... Certainement parce qu'Indochine a su rester sincère; et Nuits intimes en est un bon exemple.

D'une manière plus générale, je pense que les artistes qui durent sont ceux qui garde une certaine sincérité. Et puis, il y a aussi le fait que nous avons toujours privilégié la scène et ainsi un certain rapport avec le public.

Justement, vous serez en concert à la Cigale le 11, 12 et 13 janvier. Que ressentez-vous à l'approche de la scène?

Ces trois nuits à Paris clôturent trois ans et demi de tournée en quelque sorte. Nous avons terminé la tournée électrique le 11 septembre puis enchaîné sur 30 dates en acoustique dont les trois dernières auront lieu à la Cigale.

L'idée de concert acoustique s'est révélée très intéressante car elle procure une émotion encore plus forte. Donc c'est vrai qu'il nous tarde ces trois soirées.

Et puis, jouer sur scène est merveilleux : cette communion avec le public procure un sentiment de satisfaction immense; les tournées sont une récompense après l'album.

Nuits intimes permet de vérifier qu'Indochine n'est pas qu'un son mais bien une "machine" à mélodie très efficace. Le texte et la musique sont-ils indissociables dans votre esprit? Ou l'un peut-il vivre indépendamment de l'autre?

C'est vrai que j'ai besoin de l'émotion musicale pour écrire un texte. J'ai tous les jours un petit carnet à portée de mains pour pouvoir noter tous les thèmes ou les idées qui me passent par la tête.

Mais pour les développer, la musique est première source d'inspiration. Donc, il est vrai qu'Indochine est une machine entre guillemets à mélodies : j'ai toujours privilégié la musique car elle donne le ton de l'univers d'une chanson.

Indochine
Nuits intimes
Columbia/Sony