Les nuits intimes d'Indochine

Un CD acoustique pour les vingt ans du groupe

Bruxelles. Après une tournée intensive et avant de s'attaquer à son prochain disque studio, Indochine sort Nuits intimes, CD live acoustique qui a plusieurs significations pour le groupe, comme nous l'explique Nicola Sirkis, de passage hier à Bruxelles.

"Ce disque est à la fois une réponse et un remerciement. Un remerciement pour les fans qui nous ont suivis ces deux dernières années, au cours de la tournée Dancetaria et de nos concerts acoustiques.

Il constitue aussi une réponse pour tous ceux qui pensent encore qu'Indochine n'est qu'un groupe des années 80, auteur d'un unique tube. Musicalement, nous apportons quelque chose d'inattendu avec Nuits intimes qui est un anti-best of, puisqu'on y retrouve des morceaux peu connus de notre répertoire ou d'autres que nous n'avions plus joués depuis des années. C'est aussi une bonne manière de célébrer notre vingtième anniversaire."

Qu'as-tu appris au cours de cette tournée acoustique?

"Au niveau du chant, ce fut très délicat comme exercice. L'erreur n'est plus possible quand tu joues en acoustique. Lorsque tu chantes avec un mur de guitares électriques ou une grosse batterie derrière toi, tu peux te planter sans qu'on le remarque. J'ai été aussi agréablement surpris avec le répertoire.

Il y a des morceaux d'Indochine qui, sur disque, ont très mal vieilli. Je pense notamment à Okinawa ou A l'est de Java En acoustique, ces versions éclataient littéralement."

L'album n'a pas été enregistré en concert mais bien dans un studio, devant cinquante fans privilégiés...

"Nous avons organisé un concours sur notre site Internet (www.indo.fr) pour inviter cinquante fans. Nous avons fait trois nuits de suite le même concert et gardé la meilleure version de chaque morceau."

Dans le livret du CD, on peut voir ces fans. Certains n'étaient même pas nés quand Indochine a sorti L'aventurier en 1982.

"D'un côté, cela me rassure. Je me dis que la musique d'Indochine a quelque chose d'éternel. J'ai pourtant du mal à analyser le phénomène.

Sans médiatisation, sans passage radio en France, nous parvenons à toucher des jeunes aujourd'hui avec des chansons qui signifiaient déjà quelque chose pour leurs parents. On a des fans de Placebo, de Marilyn Manson et même de Mylène Farmer qui viennent nous voir sur scène."

Quand tu parles d'Indochine, tu dis toujours "nous".

"Je suis le gardien de l'âme d'Indochine. Je suis tout seul mais Indochine a toujours la force d'un groupe. Quand je dis "nous", c'est parce que j'englobe aussi Stéfane (ndlr: son frère jumeau disparu le 19 février 1999), qui est toujours présent à sa manière, et les musiciens qui travaillent avec moi."

Indochine fête ses vingt ans d'existence en 2001. Quelle est la date exacte de l'anniversaire?

"Le 10 mai 1981, jour de l'élection de Mitterrand mais surtout de la première répétition du groupe. L'autre date, c'est le 29 septembre 1981, quand nous avons donné notre premier concert. Je ne sais pas encore si nous ferons quelque chose de spécial le 10 mai ou le 29 septembre 2001."

Quelle direction suivra Indochine avec son prochain album?

"Nous sommes déjà occupés à l'écrire. Les tempos risquent de s'accélérer avec beaucoup de guitares et sans doute un retour aux boîtes à rythme. Il constituera le 3e volet de la trilogie, après Wax et Dancetaria."

En couverture de la prochaine édition du mensuel rock français Rocksound, tu es photographié nu...

"Il y a des gens qui montrent leur corps. Moi je le donne comme j'ai donné mon âme à Indochine (rires). Non! Je me suis dit : J'ai 40 ans. C'est la dernière fois que je peux le faire. Et je l'ai fait."

Indochine, Nuits intimes (Sony).