Indochine, "Une nuit intime avec Indochine"

(Colombia, Sony Music)

Quel diable de groupe! Ou plutôt, quel diable d'homme que Nicola Sirkis!

Fleuron du rock français, emblématique des 80's, mille fois vilipendé, critiqué, attaqué pour un look et une attitude mais aussi et surtout pour ce qui était pris à l'époque pour des ritournelles adolescentes insipides et sans intérêt, Indochine affiche après vingt années au compteur une santé et une fraîcheur insolentes.

Remis en selle tant auprès des fans fidèles ( qui ne l'avaient jamais laissé tomber) qu'auprès d'une nouvelle génération (qui le découvre) avec "Dancetaria" l'an dernier, Indo a su définitivement faire oublier son étiquette de Cure français et se rapprocher d'une famille incluant plutôt Placebo et Smashing Pumpkins.

Billant et inattendu pour un groupe dont on a toujours affirmé qu'il était "générationnel", c'est-à-dire avec une date de péremption plutôt rapide.

Mais c'était sans compter sur la valeur même des chansons lequelles, quoi qu'on en dise ou fasse, demeurent inaltérables et s'inscrivent même désormais dans le patrimoine culturel français.

C'est en tout cas ce que l'on se dit en écoutant celles-ci envisagées de manière acoustique, dépouillées et sobres dans un contexte d'émotion et de sérénité.

Qu'il s'agisse des titres récents "Atomic Sky", "Justine", "Steph II" ou "Juste toi et moi" qui par leur structure même se prêtent parfaitement à l'exercice, ou de chansons plus anciennes, "3 nuits par semaine", 3ème sexe", "Tes yeux noirs", "À l'est de Java" ou "Salâmbo" dont, honnêtement on ne soupçonnait pas le potentiel, le rendu est, reconnaissons-le, assez magique et même parfois bouleversant.

Quand à l'élégance, Indo n'a jamais eu quelque chose à prouver dans ce domaine...