Indochine si intime à Charleville et Saint-Quentin

Après une première expérience parisienne, le Kraft de Reims avait accueilli Indochine au printemps pour le premier concert acoustique en province.

Groupe phare des années quatre-vingt, Indochine passe avec succès l'épreuve du temps, en tentant avec bonheur l'expérience acoustique.

L'idée est née le 27 février 2000. En hommage à son frère jumeau Stéphane disparu un an plus tôt, Nicola Sirkis a donné un concert parisien acoustique.

La formule, qui a fait son chemin en province d'abord à Reims puis dans une trentaine de villes, sera reprise dans la région : demain à Charleville-Mézières et huit jours plus tard à Saint-Quentin.

"Nous avons fait parallèlement une tournée électrique. Mais on a eu l'idée de la terminer dans des salles plus petites et de proposer des chansons inédites ou rares, moins connues du répertoire qu'on ne fera plus jamais.

Il se passe des choses "messianiques" comme dans une messe" explique le leader d'Indochine qui se réjouit de fouler pour la première fois le même sol qu'Arthur Rimbaud, l'un de ses poètes préférés.

Une chanson plébiscitée sur Internet

Entouré de deux anciens, Jean-Pierre Pilot aux claviers et Marc Eliard à la basse, mais aussi des nouveaux venus, Boris à la guitare et Mathieu Rabatte à la batterie, le chanteur charismatique nouera une relation privilégiée avec les Carolomacériens et Saint-Quentinois qui pourront voter sur Internet l'un des cent morceaux du groupe qu'ils souhaitent entendre.

Dans le même esprit de proximité avec les fans, l'un d'entre eux est invité à monter sur scène pour choisir, les yeux bandés, un autre titre.

Les cinq musiciens s'exécutent alors pour, quelquefois, répéter devant l'assistance, une chanson qu'ils n'ont pas jouée depuis longtemps.

Cette relation intime pendant deux heures sera également entretenue par le décor conçu comme un petit appartement avec des bougies.

L'expérience qui donnera lieu à la sortie d'un disque live le 9 janvier s'achèvera les 11, 12 et 13 du même mois à la Cigale à Paris : "C'est une réponse à tous ceux qui pensaient qu'on était le groupe d'une génération ou d'un titre".

Vingt ans de carrière

Pour fêter ses deux décennies de carrière en 2001, le groupe se consacrera en effet à l'écriture de son prochain album imaginé comme le troisième temps d'une "trilogie de la renaissance" après "Wax" et "Dancetaria" : "Il sera rapide et bruyant, très rock" annonce Nicola, un auteur à part entière mais aussi un compositeur depuis le départ de Dominique Nicolas en 1989.

De cette époque, date la traversée du désert pour cette formation boudée par les radios après avoir signé de grands tubes comme "L'Aventurier" ou "Trois nuits par semaine".

Mais au fil des années et de sa persévérance, elle a retrouvé un autre public.

"Quand nous avons été ignorés par les médias, cela aurait pu nous être fatal. Mais nous sommes tombés entre deux générations et nous nous sommes forgé un public, comme Louise Attaque, sans l'aide de personne.

On ne passe toujours pas à la radio et pourtant on donne deux cents concerts par an".

Comment analyse-t-il cette pérennité? "À chaque album, on annonçait notre fin mais notre musique plaît toujours aux gens sans que n'intervienne aucune nostalgie des années quatre-vingt."

Et le dernier membre de la première version d'Indochine qui a choisi ce nom en référence à Marguerite Duras livre la clé de son succès : "L'énergie, les mélodies pop et le caractère hypnotique de notre musique mais aussi nos textes qui touchent les gens".

Tous ces éléments mais aussi une fraîcheur intacte, une juvénilité d'inspiration reposant sur de nouveaux climats musicaux plus gothiques seront partagés dans l'intimité de leur passage ardennais et axonais.

Concerts lundi 4 décembre à 20h30 au théâtre municipal de Charleville-Mézières (Prix : 150 F. Renseignements au 03.26.84.39.39) et mardi 12 décembre même heure au Splendid de Saint-Quentin (Prix : 40 à 90 F. Renseignements au 03.23.63.36.77).