Indochine mis au pied de mur

Rien ne résiste à Indochine : une tournée à travers la France, un Champs-Elysées en vedette sur Antenne 2, un titre, "Troisième sexe", qui cartonne et pour finir en beauté, le Zénith à Paris!

On peut dire que pour Stéphane, Nicolas, Dominique et Dimitri, l'année 1986 est placée sous le signe d'une reconnaissance toujours plus grande et du triomphe permanent. Nous en avons profité pour soumettre nos quatre "Indochinois" à un petit questionnaire, pour en savoir un peu plus long.

1) Quel est le premier souvenir musical qui t'ait donné envie, à toi, de faire de la musique?

Stéphane : Les Clash en concert. C'était en Grande-Bretagne, je me souviens, en 1977.

Nicolas : "Pierre et le Loup" de Prokofiev, et puis les films des Rolling Stones, à Altamont. Tout le côté backstage m'avait plu. Sans oublier, bien entendu, le mouvement punk.

Dominique : Je n'étais pas vraiment branché sur la musique, au départ, plutôt sur la moto et les courses d'enduro, jusqu'au jour où on m'a volé toutes mes motos. Au Gibus Club, j'ai découvert le punk. J'ai appris à jouer de la guitare, des claviers, avec une boîte à rythmes. Mais je n'étais pas un dévoreur de disques, loin de là!

Dimitri : "Breaking glass", le film de Hazel O'Connors. Il y avait un saxo super! Vraiment étonnant!

2) Quelle tête ont fait tes parents quand tu leur as annoncé que tu plaquais tout pour la musique?

Stéphane : Aucun problème! On continuait nos études en faisant de la musique. Or, on a attendu, et on a largué au dernier moment.

Nicolas : Moi, j'ai raté quatre fois le bac! On s'était donné un an pour réussir. Ça a marché, donc ça s'est bien passé avec les parents.

Dominique : J'ai commencé par prendre des cours de prise de son. Au début, quand je jouais chez moi, il y avait évidemment un petit malaise à cause du bruit!

Dimitri : J'avais seize ans et demi au début d'Indochine. J'ai quand même passé mon bac. J'ai lâché la fac parce que le groupe marchait.

3) Quelle a été la plus exécrable galère d'Indochine?

Stéphane : Une discothèque d'Angoulême. Le son était tellement pourri que les gens faisaient du patin à roulettes sans se préoccuper une seconde de nous!

Nicolas : Le soir où on nous a volé tout notre matériel aux Halles, alors qu'on devait faire la première partie de Taxi Girl le lendemain en Normandie! L'horreur!

Dominique : En Belgique. Une scène avec une sono sans retour, avec des gosses qui braillaient. On a été obligés de s'avancer pour jouer au bord de la scène, pour essayer d'entendre ce qu'on faisait!

Dimitri : Notre concert au Rose Bonbon. Un mois avant le jour fatal, on avait trois chansons, il en fallait dix. Le fun! J'te dis qu'ça!

4) C'est toujours facile à vivre, de faire partie d'un groupe?

Stéphane : On fait ce qui nous plait. Faut pas se plaindre. Bien sûr, quand on est fatigués, ça fait boum, mais pas très fort. C'est normal.

Nicolas : Facile, on peut se reposer sur les autres. Il y des problèmes, comme dans les couples, mais jamais rien de vraiment grave.

Dominique : Parfois dur à assumer, mais on l'a voulu, après tout. On s'entend très bien tous ensemble.

Dimitri : Jamais travaillé en solo! Il y a des contraintes, nerveusement, mais tellement de compensations...

5) Quelle est la chanteuse qui te fait craquer?

Stéphane : Madonna, Kim Wilde.

Nicolas : Jane Birkin.

Dominique : Kate Bush.

Dimitri : Sade, Annie Lennox.

6) Quelles sont les meilleures armes des groupes français face aux étrangers?

Stéphane : Ne pas ressembler aux autres. Pas faire du sous-Cure, etc.

Nicolas : Chanter en français. Trouver un son original. Simple.

Dominique : Créer un son, un look, originaux. Pas faire du sous-Bowie ou du sous-Stones.

Dimitri : Pas voir ça sous cet angle. On a du succès à l'étranger. Il faut vouloir réussir, et ne pas se complexer. On arrive à tout.

7) Est-ce qu'on fait otu pour la musique en France?

Stéphane : Il y a une évolution. Le printemps de Bourges, le Zénith. Mais on manque toujours de petites salles pour les débutants.

Nicolas : Au niveau radio et médias, c'est mieux. Le problème, ce sont les salles. On joue souvent dans des gymnases, des palais de sports, où ça résonne, où le son est infect, et je n'exagère pas.

Dominique : Grosse évolution au niveau hit parade. On peut cohabiter, entre rockers, accordéonistes ou chanteuses rétro! Il y a dix ans, c'était impossible! Pas assez de salles pour le rock aujourd'hui.

Dimitri : C'est pas facile. Ça explique qu'il y en ait vraiment peu qui soient connus à l'étranger.

8) Quelle est la pire farce que tu aies jamais faite?

Stéphane : Quand on me prend pour Nicolas, je dis que c'est moi.

Nicolas : Avec mon frère, quand on était gosses, on changeait souvent de pyjamas pour que notre mère nous confonde tous les deux.

Dominique : Je suis pas vraiment un farceur, c'est comme ça!

Dimitri : J'aime bien vanner les gens, en règle générale.

9) Qu'est-ce qui te fait rire?

Stéphane : Tout! Qu'on ait pu réussir aussi bien, alors qu'au début, on était pas très bons!

Nicolas : La connerie des gens. Quand quelqu'un se plante en direct à la télé, j'adore.

Dominique : Beaucoup de choses. Les films comiques.

Dimitri : Tout quand je suis de bonne humeur, rien quand je ne le suis pas. Comme je suis lunatique, c'est 50/50, évidemment!

10) Quelle est pour toi la meilleur façon de draguer?

Stéphane : Être dans Indochine! On a rien à faire, ça marche!

Nicolas : Je suis pas un dragueur, je suis trop timide. Avant, j'attendais toujours avec patience que les filles me regardent...

Dominique : Moi, je ne drague pas. J'ai jamais accosté une fille.

Dimitri : Faire rire, c'est efficace. C'est un passe-temps marrant.

11) La fille idéale, pour toi, elle est comment?

Stéphane : C'est ma fiancée!

Nicolas : Elle est à la fois féminine, genre femme-enfant, et masculine, plutôt autoritaire.

Dominique : Sympa, déjà, gentille, intelligente, pas capricieuse. Si elle est jolie en plus, alors, là...

Dimitri : C'est ma copine. Bien jolie, intelligente, elle a toutes les qualités. J'ai raison, non?

12) Tu as des passions, en dehors de la musique?

Stéphane : Le ski. Je travaillais à la montagne, avant. J'ai même été moniteur. Ça vous étonne?

Nicolas : Le sport, la photo. Je voudrais faire des bouquins avec mes photos de voyages.

Dominique : La moto tout terrains. Mais j'ai plus le temps. Je bouquine beaucoup. Les poètes, Verlaine. Je regarde des vidéos souvent.

Dimitri : La musique, c'est 99% de mon temps. Le reste? Normal : ciné, musique, ski, sport et soleil. J'aime m'éclater.

13) Le chiffre 13 te fait peur? Tu es superstitieux? Quel est ton signe astrologique? Ton ascendant?

Stéphane : Pas peur du tout. J'y crois pas. Je suis Cancer.

Nicolas : J'ai peur du 13 les vendredis 13, à minuit, les nuits de pleine lune! Superstitieux? Oui, surtout avant de monter sur scène. J'ai mes petites manies, comme celle de ne jamais enlever ma montre. Cancer, ascendant Scorpion.

Dominique : Un peu superstitieux. Un jour, j'étais sûr qu'on allait me voler ma guitare, dans un avion. C'est arrivé. Je suis Cancer.

Dimitri : Superstitieux? Oui et non... Mais il y a des coïncidences qui me frappent. Je suis Bélier, ascendant Bélier. Dur!