Indochine devant un Cirque royal comble et hystérique : Et on se prend la main...
Cela faisait longtemps qu'on n'avait plus vécu une telle fièvre, une telle folie amoureuse pour un groupe qui, avant même d'avoir posé un seul orteil sur la scène, avait son triomphe déjà assuré.
Treize ans plus tard, Dominique Nicolas et les frères Sirkis ont réussi à garder le même public adolescent, renouvelant le stock au fil des ans, les "vieux" de 20 ans cédant leur place aux gosses qui ont vécu mardi soir, au Cirque royal bourré à craquer, un grand moment de leur vie.
Il est vrai que la musique et les textes d'Indochine parlent le langage du coeur et de la simplicité. Le trio a suffisamment prouvé son honnêteté avec une carrière qui ne fut pas facile à négocier pour qu'on n'y voie rien de suspect.
Le succès des débuts fut suivi d'une chute de leur image (et de leurs ventes) aggravée par la parodie des Inconnus avant la lente remontée soutenue par des albums de plus en plus denses. Le dernier en date, "Un jour dans notre vie", est à l'image d'une maturité lentement acquise, d'une qualité chèrement gagnée à force de travail et de modestie.
Sur scène, ce n'est malheureusement pas le reflet exact de cette évolution qu'on retrouve. Pour Indochine, le plaisir offert au public est essentiel. Il lui doit tout et donc lui donne ce qu'il attend.
Seuls ceux qui ne se sentent pas partie prenante à cette belle histoire d'amour trouveront à redire à un show très basique, mené sans grande originalité sur le mode "best of" avec tous ces tubes qu'entonne en choeur une salle délirante.
L'option guitare est plus convaincante que la rythmique qui nous a paru manquer cruellement d'originalité. Indochine sur scène est en roue libre, il se donne en toute franchise, sans chercher à faire compliqué ou à remettre en question une quelconque crédibilité.
À l'inverse d'un Stephan Eicher qui n'imagine pas proposer à son public un concert sans risque ni surprise, Indochine ne se pose pas de telles questions. Il doit trop à ce public d'une rare générosité. Et rien que ce respect mérite la plus grande estime...