5 raisons de feuilleter Nicola Sirkis
L'autre Nicola de la semaine a 38 ans. Son prénom ne prend pas de "s" car il est le chanteur du groupe Indochine. Or dans les groupes de rock on ne peut pas s'appeler Nicolas comme tout le monde. Pourquoi faut-il lire son recueil de nouvelles?
1. Parce qu'il m'a offert un Mojito (citron vert, une feuille de menthe fraîche, sucre de canne, rhum, eau gazeuse, glaçons) à la Casa del Habano (169, boulevard Saint-Germain, Paris 6e) le 22 avril 1998. Il s'agit donc d'un article de complaisance. À la différence des autres, moi quand je suis corrompu, je le dis.
2. Parce que le titre aussi nous prévient. Les Mauvaises Nouvelles (Lattès) est un livre qui prend tous les risques. Quand on quitte la chanson pour s'essayer à l'écriture, c'est souvent désastreux (derniers exemples en date : Nicolas Peyrac, Ken, Charlélie Couture). Nicola Sirkis s'en tire grâce à sa louable humilité.
3. Parce que ses contes modernes abordent courageusement des rivages délicats. Nous avons un inceste entre frère et soeur, des suicides bordelais, un dompteur de puces qui crée la panique en direct chez Drucker, un jeune touriste qui cherche des Tampax près de la place Tien An Men (Pékin)... L'imagination est au rendez-vous.
4. Parce qu'un jour viendra où nous n'aurons plus honte d'avoir jerké comme des bêtes sur les chansons d'Indochine. Alors qu'on reniera éternellement Partenaire Particulier.
5. Un bémol toutefois : page 11, Sirkis écrit : "Quand ils se dévêtiront pour se mettre nus." Ami Nicola, lorsqu'on se déshabille, c'est rarement pour rester habillé. Faites un peu gaffe quand même.