Indochine, Nicola Sirkis

Entre deux tournées, le chanteur et leader d’Indochine Nicolas Sirkis revient sur l’album "Dancetaria" et nous fait part des (nombreux) projets du groupe; et une chose est sûre, loin de la nostalgie pour les années 80, Indochine va de l’avant et a déjà entamé un nouveau chapitre de son histoire…

Votre actualité cet été comme l'automne prochain, c'est beaucoup de concerts...

Oui, après Solidays à Paris, on enchaîne avec les Francofolies de Spa, en Belgique, où l’on joue avec les Rita Mitsouko.

On tourne ensuite en France tout l’été, pour terminer ensuite avec un concert avec Placebo aux Arènes de Nîmes. On a nous-même organisé cette date; ça fait un concert un peu alternatif par rapport aux gros festivals qui n’avaient programmé aucun des deux groupes; tout le monde a d’ailleurs été épaté qu’on fasse ça nous-même. Du coup, il y a Richard Ashcroft (ex-Verve) qui s’est joint à l’affiche et NRJ sponsorise finalement le tout.

On partira ensuite donner des concerts au Canada et l’on reviendra à la rentrée faire une tournée acoustique qu’on va appeler "Nuits Intimes".

On repassera dans toutes les villes où on a déjà joué, mais dans des plus petites salles ; on veut limiter la capacité à 600 places. Il y aura 3 dates à Paris et ce sera des concerts interactifs de 2 heures au cours desquels les gens choisiront les chansons; et si on nous demande une chanson qu’on n’a pas répétée, on la répètera devant eux.

On sortira à ce moment-là un nouveau single ("Justine") et, normalement, on devrait rentrer en studio une journée pour enregistrer 5 titres acoustiques pour accompagner cette tournée.

Il n'y aura donc pas de live de votre dernière tournée?

Non, mais il y aura, en revanche, un DVD du show du Zénith à Paris (le 17 décembre); on y incluera en bonus des extraits acoustiques. On voudrait ensuite faire quelque chose de spécial pour les 20 ans du groupe, marquer le coup; ça tombera le 29 septembre 2001 et il y a des chances pour que l’on fasse un concert exceptionnel unique avec un orchestre symphonique.

Puis on disparaît de la circulation pour retourner en studio et enregistrer un nouvel album à sortir fin 2001, débuts 2002.

Vous ne manquez pas de projets...

Le nouveau line-up du groupe, la nouvelle équipe, c’est très excitant. On a tous très envie de s’y remettre ; certains des musiciens sont avec Indochine depuis deux ans, d’autres, comme le bassiste, dix. Le challenge, cette fois, va être de composer; c’est Stéphane sur "Wax" et "Dancetaria" qui avait composé la plupart des morceaux. Et avant c’était Dominique qui composait tout ; il est parti en 1994. On entame donc maintenant un troisième chapitre dans l’histoire d’Indochine. On va tous s’y mettre et on va aussi faire davantage participer le fan qui avait déjà collaboré avec nous sur "Dancetaria".

Un fan du groupe qui en devient un membre actif?

Oui. Il m’envoyait au départ des remixes, qu’il faisait sur son ordinateur, de nos vieux morceaux et c’était vachement inventif, très bien vu. On l’a rencontré et puis on s’est dit : "Pourquoi ne pas lui envoyer les maquettes de notre nouvel album ?". Ce que l’on a fait et, par exemple, sur le titre "Rose song", c’est extraordinaire ce qu’il a amené ; cette chanson nous donnait du mal et il a vraiment trouvé le truc. Les lignes "Juste toi et moi", les petits bruitages, c’est lui.

Ça doit vous donner un petit coup de sang neuf...

Oui, de la fraîcheur; c’est ça qui est bien. On a là un groupe composé de pros et d’amteurs ; du coup, on reste spontané et on ne risque pas de se répéter. Et puis c’est aussi ça qui nous aide à trouver un nouveau souffle, à séduire un nouveau public. Finalement, c’est pas plus mal que le groupe ait été sous-médiatisé au moment de "Wax".

Au moins, le public qui est venu vers nous, c’est grâce au bouche-à-oreille, pour la musique et pas grâce à une pub TV ou une grosse campagne marketing. Et à l’époque, cela tranchait avec tous les boys’ bands imposés par les maisons de disques à coups de millions; de toutes façons, les gens ne se font plus avoir, ils savent comment ça marche.

Le succès d’un groupe comme Louise Attaque par exemple est vachement rassurant. Ils tournent et puis c’est tout.

Dans nos concerts, on a vu le public rajeunir. Tout le monde était sceptique et nous enterrait avec les années 80. Seulement quand le double-album live a atteint les 400 000 ventes, les gens se sont ravisés.

De toutes façons, la majorité du public qui vient nous voir n’était pas née quand on a commencé. Ils ont en moyenne entre 15 et 25 ans.

Comment peut-on avoir un public de cette taille et, jamais, passer à la radio ou la télé?

À part RTL, tout le monde nous a boycotté.

C’est pénible, quand tu sors de chez toi, les gens te disent : "alors vous ne faîtes plus rien, il n’y a pas de nouvel album ?", alors que "Dancetaria" est sorti trois mois plus tôt!

Notre luxe, c’est d’avoir cet actif énorme, plein de tubes dans lesquels on peut piocher, lors de nos concerts. Cela dit, notre public réagit de la même façon sur les vieux titres que sur les nouveaux; il faut simplement que l’on ait un single qui passe sur toutes les radios, la fois prochaine. Que tout le monde réalise que Indochine ne s’est jamais arrêté.

Des idées précises, déjà, sur le prochain disque...

C’est encore trop tôt, mais on va poursuivre sur la voie de "Dancetaria" : un mélange de pop, glam et gothique.

Quels sont les artistes que vous écoutez aujourd'hui?

J’adore Moby, son dernier album est fantastique. J’aime aussi toujours autant Radiohead; je les ai vus au Grand Rex, fin juin, et aucun autre groupe dégage une émotion pareille; c’est la chair de poule garantie, à chaque fois.

Dernièrement, j’ai bien aimé également le dernier Dandy Warhols.

Et du côté des Français?

Je ne suis pas assidûment ce qui se passe en France. En fait, j’aime toujours beaucoup le tandem Souchon/Voulzy; quel talent et quelle simplicité!

Il y a quand même quelques jeunes groupes français auxquels je m’intéresse; on les fait jouer en première partie de nos concerts. Je suis persuadé qu’il y a une nouvelle scène qui va arriver avec des groupes pop qui ne crachent pas sur les années 80 et ne donnent pas pour autant dans le "revival".

Par exemple, j’aime bien Dionysos, dans le genre.
Ah, j’oubliais aussi, j’adore le dernier single des Silmarils "Va y avoir du sport". Si ça c’est pas le tube de l’été!

Au Club Dial, on pense aussi que ce titre peut connaître la même carrière que "Tomber la chemise"...

Oui, tout à fait d’accord, souhaitons-leur!