10 questions à Indochine
Indochine est de
retour! En réalité, ils n'étaient pas partis. Mais disons que
Nicola Sirkis nous fait un joli cadeau : un nouvel album baptisé
"Dancetaria" dont vous avez découvert le premier
single assorti d'un clip sympatoche "Juste toi et moi".
L'occasion pour nous (donc pour vous) d'en savoir un peu plus sur le vétéran du groupe!
On vous a perdus de vue ces dernières années...
Il n'y a eu qu'une interruption médiatique, à la fois volontaire et involontaire. Après l'effet de nouveauté, les médias se sont beaucoup moins interessés à nous.
Et puis nous revoilà, parce qu'on se rend compte qu'on est en France l'un des rares groupes avec dix-huit ans d'activité et, surtout, une génération de public qui change au fil des années.
C'est une chose extraordinaire parce qu'on ne peut pas dire que notre public soit assailli ou informé. Donc ils aiment notre musique parce que ça leur plaît. Pas parce qu'on leur dit qu'il faut aimer.
Vous êtes devenus un groupe qui chante l'amour...
L'album précédent parlait déjà pas mal de sexe. Celui-ci parle plus des relations entre les gens.
Il parle de choses qui concernent plus directement les ados. C'est voulu?
Non. C'est venu comme ça. C'est vrai qu'on peut me reprocher d'être un adolescent éternel. Ou attardé. J'écris comme ça et il se trouve que les gens de cet âge-là sont touchés par les textes. Mais ça n'est pas non plus les textes des Worlds Apart et consorts. C'est plus radical.
Alors que vouliez-vous exactement pour votre nouvel album?
L'idée, c'était que après l'avoir écouté, il reste pour la journée un gimmick dans la tête. On voulait quelque chose d'hypnotique. C'est pour ça qu'il s'appelle "Dancetaria". C'est-à-dire de la dance cérébrale. Ca n'est pas un album de dance mais une petite danse dans la tête.
Il y a un titre qui dit "quand je serai vieux, je t'épouserai"... On a l'impression de quelqu'un qui ne veut pas vieillir.
Oui, c'est vrai. Pourtant, moi je m'en fous. Je viens d'avoir quarante ans et j'aime mieux grandir que vieillir. Et j'ai de la chance de ne pas faire mon âge. C'est vrai que quand on choisit ce métier, c'est pour rester adolescent. C'est le fait de ne pas rentrer dans le rang. C'est pour éviter le bureau et les horaires qu'on est devenu musiciens.
Mais 18 ans de carrière, ça doit faire mûrir les adolescents...
C'est clair que j'ai appris à lire un contrat et à écrire des chansons. Mais la vie, c'est quand même comme dans une grande cour de récréation. Il y a les forts, les faibles, les solitaires... et c'est jusqu'à la fin de la vie. Quand on sait ça, on a plus de problème à décider ou pas de rentrer dans âge adulte. Il y a des gens mûrs à quatorze ans.
Tu étais dans quelle catégorie?
Plutôt solitaire, mais avec un oeil partout. Et maintenant aussi.
Tu es le dernier survivant de la formation initiale d'Indochine...
C'est ce qu'on dit, oui. C'est vrai qu'à la mort de mon frère Stéphane, je me suis demandé si j'allais continuer. Je me demandais si le groupe avait toujours de l'intérêt.
Et j'ai décidé que le nom du groupe et son passé étaient beaucoup plus forts, et que personne n'était irremplaçable. Stéphane ne sera pas remplacé et cet album est le sien. Donc le problème se posera dans deux ans, à l'écriture du prochain album.
Il l'avait enregistré aussi?
Oui, oui. Toutes les guitares sont les siennes. Cet album, c'est pour sa mémoire et pour continuer l'aventure. Normalement, il y aura d'autres albums. Pour le moment, j'ai envie d'écrire, je ne sais pas si ce sera toujours le cas dans un an.
Pour l'instant, j'ai envie de défendre cet album parce que j'en suis fier, donc on repart sur scène. Il y a une grande tournée qui commence à Caen le 12 novembre. Et le Zénith de Paris le 17 décembre. Et apparemment, alors que l'album n'est pas encore sorti, la moitié des places a été vendue.
Comment ça s'explique?
Sans doute par la sincerité du public. Ils aiment vraiment le groupe. Ca se fait par le bouche à oreille. Ça, c'est la plus belle réussite qu'on puisse avoir.