Indochine : Toujours rock...
Huit ans après ses débuts au
"Rose Bonbon", Indochine nous envoie son "Baiser",
5ème album du groupe phare des lycéens et collégiens.
De "l'Aventurier" au "Tzars", Indochine a rythmé les années 80 de ses synthés, de ses tempos, avec la base rock des trois accords simples.
Stéphane Sirkis (un des trois Indo) reçoit Triolo chez lui. Musique rap en fond, les goûts sont électiques, aucun sectarisme dans l'inspiration.
Preuve en est avec "Le Baiser", dernier album en date, sur lequel apparaissent des artistes de tout horizon. Deux musiciennes classiques, Florence Augustin (violoncelle); Claire Julien de la Ferrière (hautbois) et, le plus original peut-être, un musicien iranien, Mahmoud Tabrizzi-Zadeh, qui pratique le santour, le kematche, des instruments aux noms et aux sons envoûtants.
Une volonté donc d'ouvrir Indochine sur d'autres musiques tout en revenant au dynamisme et à l'efficacité des premières chansons. "Le Baiser" marque en effet le retour de Philippe Eidel (qui avait travaillé avec le groupe sur les premiers albums), et qui depuis a notamment signé la musique des films "Bunker palace hôtel" (Bilal) et "le Maharabata" (Peter Brook). Ainsi que Martin Hanlin le batteur des Silencers.
Une formation originale pour un disque qui va sûrement marcher fort.
Stéphane et Indochine l'espèrent : "Si notre musique ne plaisait plus, on ne s'accrocherait pas, on essaierait de faire autre chose".
Pendant notre conversation, le téléphone sonne. Au bout du fil, des fans qui ont réussi à se procurer le numéro. Stéphane, sympa, discute un peu et puis explique qu'il est chez lui et qu'il travaille. Difficile de maintenir la séparation entre la vie privée et la vie publique. Surtout lorsque le contact du groupe avec son public est aussi direct et chaleureux.
Mais c'est aussi cela la personnalité de ce groupe. L'engagement est total, tant dans la musique que dans ses idées... Indochine, après deux ans de break et de réflexion, repart. Tant mieux!
INDOCHINE / AMÉRIQUE LATINE
Il faut se rappeler du succès phénoménal d'Indochine en Scandinavie. Les Suédoises adoptaient nos garçons et l'idylle ne devait pas s'arrêter.
Mais le plus étonnant, c'est la véritable passion réciproque entre Indochine et le Pérou.
Stéphane raconte avec émotion : "Incroyable notre tournée au Pérou. Quatre concerts à Lima devant 17 000 personnes à chaque fois!".
Indochine fut quatre fois "disque platine" au Pérou. Là-bas, on est "disque platine" pour 40 000 albums vendus, ce qui correspond à l'échelle du marché français, à quatre millions de vente.
Énorme et dingue aussi l'ambiance qui entourait ces concerts. Des problèmes avec les autorités qui n'aimaient pas toujours les textes un peu insolents et la vision de milliers de jeunes Péruviens hurlant en coeur "Che Guevara" (dans la chanson "les tzars"). "Voiture et hôtel assiégés, pompe à eau pour dégager les premiers rang du concert, c'était à la limite du stressant".
Mais tout cela n'empêche surtout pas Stéphane et Indochine de se préparer à y retourner. Quand? Le plus tôt possible...
DISCOGRAPHIE
- L'Aventurier (Ariola - 82)
- Le Péril Jaune (Ariola - 82)
- 3 (Ariola - 85)
- Live Zénith 86 (Ariola - 86)
- 7 000 Danses (Ariola - 87)
- Le Baiser (Ariola - 90)