Indochine, une fois

Indochine a toujours suscité des réactions tranchées, mais une chose demeure certaine. Qu'on les adore ou qu'on les considère comme un rien "has been"; il faut leur laisser un immense mérite : celui de véritablement transporter leur public.

Intenses et puissantes, les prestations indochinoises réservent toujours leur lot de passions démesurées mais spectaculaires.

Je cause, je cause, et les souvenirs abondent comme ça en vrac : plus de 8000 qui chantent en souvenir de Stef sur "Stef II" et nous glacent le sang d'émotion, Nicola qui ne sait plus parler lors d'un concert submergé par la chaleur de l'émotion dégagée par ses fans, le public qui rappelle alors que les lumières se sont rallumées depuis longtemps, Nicola qui entame le "Come as you are" de Nirvana en souvenir de son frère (dont c'était un des groupes favoris), une version acoustique de "Mes regrets" de Polnareff, une fan qui grimpe sur scène et s'accroche aux jambes de Nicola comme si sa vie en dépendait...

Véritablement lancé dans le nouveau millénaire par une tournée triomphale qui suit l'album de la résurrection ("Dancetaria"), Indochine fait preuve d'une incroyable maturité par des nouvelles compositions rock élaborées, sans jamais oublier ce talent inné pour la mélodie simple et directe.

Indochine n'est plus un groupe des années 80 qui aurait mal vieilli, mais bien un groupe de l'an 2000. Il suffit, pour s'en persuader, de se promener parmi leur fans lors des concerts, et de voir cohabiter des quarantenaires endurcis aux côtés d'ados qui n'était pas nés au moment de "L'aventurier".

Le futur du groupe s'annonce donc radieux et Nicola sait! Il sait que Stef qui nous regarde de là-haut est sûrement très fier de son frère qui continue l'aventure en terre d'Indochine et laisse, symboliquement, libre la place occupée jadis sur scène par Stef! Au cas où...