Indochine dans l'intimité

Nicola Sirkis au Bota pour trois concerts acoustiques. Un cadeau inédit pour le fidèle public belge avant les Francos.

BRUXELLES - C'est un joli cadeau que Nicola Sirkis a offert à ses fidèles fans belges.

Avant de se produire aux Francofolies de Spa, le vendredi 21 juillet, jour de notre Fête nationale, Indochine a décidé de donner trois concerts intimistes à la salle Orangerie du Botanique. Inutile de dire que ces trois shows, lundi, hier soir et ce mercredi affichaient complet.

Nicola avait promis un spectacle différent, en majeure partie acoustique et truffé de surprises. Il a tenu parole. Mieux encore... Sur le papier, on aurait pu croire qu'il s'agissait d'une cerise sur le cadeau avec tout ce que cela représente de spontanéité et d'improvisation en fonction des circonstances.

Lundi soir, si Indochine a dû effectivement modifier son répertoire sur la fin du set, en raison de la demande pressante de l'assistance qui souhaitait entendre tel ou tel titre, on a pu aussi se rendre compte que ces soirées feu de camp avaient été aussi minutieusement préparées.

Le décor rappelait celui des enregistrements Unplugged de MTV : couleurs feutrées, lumières tamisées, bougies, encens, tabourets... La scène avait d'ailleurs été rabaissée pour les circonstances. Par contre, les spectateurs, excités comme des puces, étaient debout et non pas assis à terre comme le groupe l'avait souhaité initialement.

Pour l'occasion, Nicola était entouré de son groupe de scène habituel : M. Boris à la guitare, M. Eliard à la (contre) basse, Mathieu Rabatte à la batterie et J.P. Pilot au piano.

Le concert a duré plus de deux heures dans une chaleur époustouflante et une ambiance proche du délire. Comme à Forest-National, l'assistance chantait les paroles sur chaque morceau. Comme à Forest-National, elle scandait "Indochine, Indochine" en tapant dans les mains lors de chaque pause.

Comme à Forest-National, Indochine a été contraint de revenir après le set et de rallonger son répertoire, et donc son concert. Comme à Forest-National, le bar est resté désespérément désert pendant le show, dont aucun spectateur n'aurait voulu manquer ne fût-ce qu'une seconde.

La surprise est venue du répertoire. Notamment avec ces deux reprises de tubes archiconnus écrits par deux groupes que Stéphane adorait : Wonderwall d'Oasis et Come as you are de Nirvana...

Plutôt que d'interpréter ses tubes (et Dieu sait si le groupe en possède), Indochine a puisé dans ses vingt ans de carrière pour sortir des morceaux moins connus de son répertoire mais emblématiques et symboliques à leur manière. On pense notamment à ces interprétations dépouillées de A l'est de Java (tiré du Péril Jaune) ou Salombo.

Pour le reste, Nicola et son groupe ont livré des versions acoustiques d'extraits des deux derniers albums, Wax et Dancetaria : Je n'embrasse pas, Mire-live, Echo-Ruby, Les Silences de Juliette, Justine, Atomic sky, She night et bien sûr Stef II tiré en longueur sous l'insistance des fans. Restant la plupart du concert assis, Nicola s'en est très bien tiré.

On le sait (ses fans aussi), son chant live n'a jamais été des plus justes. Il en est conscient, du reste. Mais, lundi soir, il a rarement dérapé, même dans les moments où il fut pris par l'émotion. On donnera encore deux informations. Indochine a enregistré son concert au Zénith et devrait proposer ce témoignage live en CD, cassette vidéo et VHS à la fin de l'année.

Quant à la compilation Génération Indochine, sortie récemment chez BMG, elle est reniée par le groupe qui l'a encore répété sur scène lundi soir: "Ce disque est sorti sans que nous ne soyons informés ou consultés. Indochine ne cautionne en rien cette opération que BMG a décidée seule." Nicola Sirkis a entamé une action en justice contre son ancienne firme de disques.