Gros succès pour Indochine

Le sampan Indochine a fait escale à Strasbourg, y déchargea sa cargaison de "tubes" imparables.

C'est l'histoire d'un groupe qui naît au début des années 80, en pleine vague new-wave.

C'est l'histoire d'un groupe qui marqua très fortement le rock français, puis connut une traversée du désert médiatique durant une bonne partie des années 90, boudé par les radios qui ont fait leur succès et par la presse jeune qui les trouve soudainement trop vieux.

Mais le public est venu nombreux, plus de sept cents personnes, pour applaudir Indochine à la Laiterie.

Des modes passées et trépassées

Nicola Sirkis, âme chantante du groupe, à l'éternel air adolescent (il doit y avoir du Dorian Gray chez ce garçon), déplore l'absence de son jumeau Stéphane, "malade comme un chien, ce soir". Qu' à cela ne tienne : c'est toute guitare dehors, il faut dire que le grunge est passé par là, qu'Indochine habille désormais ses morceaux.

Et dès le troisième titre, c'est l'hystérie. Les spectateurs sont littéralement imbibés de ces mélodies à l'ingénuité teenager et au refrain fédérateur, qui ont accompagné la scolarité de beaucoup d'entre eux.

Les cinq musiciens égrènent les compositions de "Wax", le dernier album studio du groupe, puis les premiers titres qui ont fait le succès du groupe : "Les Tzars", "Trois Nuits Par Semaine ".

Nicola est monté sur ressorts, et on lui trouve l'enthousiasme intact ; certes la voix dérange toujours un peu par son côté approximatif, et on ne peut pas dire que le guitariste fasse dans la dentelle : le doigté de Dominik Nicolas manque, mais le public est surexcité lorsque résonnent les premières notes de clavier sur l'intro de "Troisième sexe".

Que dire des clameurs qui s'élèvent d'une foule compacte et agitée au premier rappel - l'intro de "Canary Bay". Délire absolu pour ce qui restera vraisemblablement leur classique, "L'Aventurier".

Il est clair qu'aujourd'hui, on n'attend plus rien musicalement d'Indochine, les pages glorieuses sont écrites. Mais on reste béat d'admiration devant la sincérité du frère Sirkis, qui s'échine à poursuivre une oeuvre malgré les épreuves endurées, malgré les modes passées et trépassées.