Mon adolescence... Les 4 Indochine racontent

Hier, l'adolescence. Aujourd'hui, le triomphe. Indochine en tournée jusqu'au 30 mars : à voir absolument.
DIMITRI
Physiquement : Plutôt
rond.
Je n'étais pas super bien dans ma peau. Je suivais un traitement contre des rhumatismes articulaires qui me faisait grossir. Vers 13-14 ans, j'étais un peu rond. Mais dès que j'ai été guéri, mon physique ne m'a plus beaucoup posé de problèmes.
Les adolescents aujourd'hui : Ils connaissent les mêmes maux...
Mon adolescence, c'était il y a pas si longtemps, la guerre, les attentats, ça existait déjà. J'ai l'impression que les choses aient beaucoup changé d'autant que j'ai beaucoup de mal à me considérer comme un adulte aujourd'hui, même si je suis confronté à plus de responsabilités qu'il y a quelques années.
NICOLA
Physiquement : Trop
petit.
Je me trouvais trop petit mais ça ne me préoccupait pas trop. J'avais les cheveux longs et je portais des jeans et des grandes chemises trouées, le style un peu baba. Avec Stéphane, on se ressemblait beaucoup, plus que maintenant.
Au point qu'une année (c'est la seule fois où on a fait ça) on s'est "échangés". Il devait partir un mois comme moniteur dans un centre équestre et n'avait plus envie d'y aller. Alors, j'ai pris sa place sans rien y connaître en monitoriat et en me faisant appeler Stéphane!
Les adolescents aujourd'hui : Plus solidaires et travailleurs.
La radio, la TV c'était nul. On écoutait de la musique anglaise un peu marginale que je ramenais de Belgique où j'allais voir mon père. On se faisait arrêter par la police parce qu'on avait les cheveux longs...
Il me semble qu'aujourd'hui, c'est tout de même plus démocratique, mais plus agressif aussi. Les jeunes aujourd'hui sont plus solidaires qu'on ne l'était et surtout moins cons qu'on a bien voulu le dire. Ils sont aussi plus sages et travailleurs peut-être parce qu'ils sont angoissés par le chômage et leur avenir.
STÉPHANE
Physiquement : Un look crade.
J'avais les cheveux longs, des chemises longues. Un look un peu crade...!
Les adolescents aujourd'hui : Plus angoissés par l'avenir.
Ils me semblent plus informés. Et il y a une immense solidarité qu'on a constaté avec SOS Racisme, Action Ecole ou les Restaus du Coeur qui existait moins à mon époque. On était plus individualistes.
Mais en même temps, ils sont plus angoissés par leur avenir, le chômage. Faire un métier qui vous plaît, ça devient très rare. En ce qui me concerne, je me sens encore adolescent et je crois que je pourrais le rester jusqu'à 40 ans. Je me sens encore capable de tout larguer du jour au lendemain si j'en ai assez.
Dans l'ensemble, je garde un bon souvenir de mon adolescence, sauf quand je repense à ce voisin qui nous avait frappés parce qu'on faisait trop de bruit. Ça m'avait complètement révolté mais je n'avais rien pu faire parce qu'il était beaucoup plus baraqué que nous.
C'est désagréable de repenser à ce sentiment d'impuissance. Aujourd'hui, évidemment, ça ne se passerait pas comme ça. Je saurais beaucoup mieux me défendre!
DOMINIK
Physiquement : Propre sur moi.
Mes parents étaient très stricts sur ma présentation. Ils ne voulaient pas suivre la mode. J'avais donc les cheveux courts mais pour qu'ils paraissent plus longs, je les ébouriffais.
J'étais toujours très propre sur moi mais avec les ongles remplis de cambouis puisque je passais mon temps à trafiquer mes mobs!
Les adolescents aujourd'hui : Plus évolués que nous.
J'étais vraiment en retard par rapport aux jeunes d'aujourd'hui. Je ne m'intéressais pas à la politique, je n'étais pas angoissé par le chômage (à 15 ans, je voulais être cosmonaute!). Je ne savais pas ce que je ferais plus tard, mais je n'aurais jamais imaginé que je me dirigerais vers la musique. Jusqu'à 18 ans, j'avais même plutôt horreur de ça!

Stéphane (à gauche!)
avec son frère Christophe