Indochine de A à Z
Pour OK!, ils se sont confiés à coeur ouvert et en toute sincérité. Passionnant!
A comme
Ambiguïté
Nicola : Parfois on aime bien être ambigus et brouiller les pistes. Surtout en ce qui concerne notre vie privée qu'on ne tient pas à dévoiler; on reste dans le flou quand on nous pose une question indiscrète.
Stéphane : Auparavant, avec Nicola, on aimait jouer sur l'ambiguïté d'être jumeaux. Enfants, on se faisait passer l'un pour l'autre, on s'échangeait nos pyjamas...
Maintenant, on le fait plus parce qu'on est adultes et qu'on a conscience que chacun a sa propre personnalité. Nous sommes deux personnes différentes même si on se ressemble physiquement.
B comme Bonheur
Stéphane : Le bonheur, pour nous, c'est d'avoir la chance de faire la musique qu'on aime et d'en vivre. Attention, on ne reste pas béats à se contempler le nombril; pour progresser on veut toujours plus, on n'est jamais satisfaits de nous. Mais quand même le vrai bonheur, en ce moment, c'est de faire partie d'Indochine.
C comme Câlin
Nicola : On adore ça, mais stop on ne vous en parlera pas, c'est la vie privée!
D comme Dominik, Dimitri
Stéphane : Dimitri et Dominik sont deux membres d'Indochine! tout ça c'est des d! Dimitri est celui d'entre nous qui arrive tout le temps en retard. Dominik, lui, c'est plus complexe, soit il vient, soit il ne vient pas, il oublie!
E comme Énergie
Stéphane : Il en faut énormément pour faire notre métier.
Dominik : On essaye de faire des trucs pour entretenir notre force mais on manque essentiellement de temps. En tournée, par exemple, on ne fûme pas, on ne boit pas non plus. On court le matin et avant d'entrer en scène on se prépare. On se relaxe avec un masseur avant le concert.
F comme Fatigue
Stéphane : Bien sûr, ça nous arrive de nous énerver parce qu'on est crevés. Si ça ne nous est jamais arrivé, on comprend pourtant ceux qui craquent, nerveusement c'est très dur.
comme Françoise
Dominik : C'est le titre du premier disque d'Indochine.
G comme Groupe
Nicola : C'est une façon intéressante de travailler. C'est une force. Je trouve que pour le rock l'impact est plus grand quand c'est un groupe qui le joue. D'ailleurs de plus en plus d'artistes prennent un groupe autour d'eux parce qu'ils se sentaient seuls. Regardez Goldman et ses musiciens par exemple.
Dominik : Aucun de nous n'a jamais envisagé une carrière solo mais pourquoi pas. En attendant notre objectif c'est Indochine. Quand tu as seize ans et que tu t'achètes une guitare électrique, tu ne te dis pas "Je vais être chanteur et passer à la télé".
Tu as envie de faire du bruit dans un garage avec les copains. Être plusieurs, c'est difficile, parce qu'il faut amener toutes les personnalités dans le même sens mais c'est en même temps très stimulant. On se pousse les uns les autres.
H comme Héros
Stéphane : Les héros de bandes dessinées comme Bob Morane, on adore! On lisait ça quand on était petit en collection Marabout poche. C'est aussi la première chanson qui a fait connaître le groupe.
Dans la vie de tous les jours, on n'a pas de héros. On peut admirer quelqu'un comme Bowie, par exemple, mais on n'ira pas jusqu'à le copier. Nous ne sommes pas des groupies.
Dimitri : Les gens qu'on respecte on préfère essayer de les côtoyer et de travailler avec eux plutôt que de les regarder béatement ou leur piquer leurs plans.
I comme Indochine
Stéphane : Dans E, on aurait pu choisir exotisme parce qu'Indochine c'est un mot qui est beau, qui sonne bien, qui nous rappelle l'aventure. C'est Nicola qui l'a trouvé.
Dominik : Au début, il y a presque cinq ans maintenant, les groupes avaient tous des noms du genre : "Les ceci, les cela, les Porte-Manteaux..." Nous on a voulu trouver un nom original sans article devant. Une fois, on a failli prendre le numéro de la plaque d'immatriculation d'une voiture stationnée devant nous.
J comme
Jeunes, Jeunesse
Stéphane : Les jeunes, c'est le public qu'on a. Quand on les voit habillés et coiffés comme nous, c'est drôle parce qu'on n'a pas cherché à se créer un look.
Mais ce qui nous fait le plus plaisir c'est quand ils chantent avec nous, qu'ils connaissent les textes par coeur.
Dimitri : On ne se sert pas de nos fans pour les amener à suivre certaines idées ou à faire des mouvements de masse. On n'essaye pas des les convertir à quoi que ce soit ou à amener les jeunes à la révolte. On essaye juste de leur dire qu'on est comme eux, qu'on a pratiquement le même âge et qu'on n'est pas différent.
On a les mêmes problèmes, les mêmes pensées. Dans "3e sexe", quand on parle du look des gens dans la rue, c'est parce que nous aussi on se sent regardés. Surtout Nicola avec ses cheveux longs. La jeunesse, c'est nous aussi.
Stéphane : Mais c'est vrai qu'on garde toujours un côté provocateur parce que le look c'est ça aussi.
K comme Kao Bang
Stéphane : C'est le titre qui nous a ouvert le marché international avec l'Espagne, la Suède, la Scandinavie. C'est ce qui nous a permis de faire des tournées là-bas et d'y être classés numéro 1. C'est donc devenu un titre fétiche pour nous.
L comme Loisirs
Stéphane fait du ski, Dominik de la moto, Dimitri va se mettre à la compétition de karting, et Nicola fait des photos de voyages.
Dominik : On n'a pas forcément les mêmes priorités mais on aime tous les loisirs des autres.
M comme Marché
Stéphane : On est conscients de faire partie d'un marché commercial mais le côté business, ça n'est pas ce qu'on aime le plus. Nous ne sommes pas un produit de consommation, nous sommes un groupe.
Dominik : Au début on n'avait jamais pensé qu'il y avait tout ça, la promotion, les photos, les interviews... Mais on est obligés de s'y plier. Au départ, on pense que c'est cent pour cent de musique et que le reste du temps on vit d'amour et d'eau fraîche. Après, on s'aperçoit que ça devient cinquante pour cent de musique et cinquante pour cent de boulots annexes. On est obligés de travailler avec les médias... C'est complémentaire pour que ça fonctionne.
N comme
Nicola
Stéphane : Ben, c'est le chanteur du groupe. Pourquoi? Parce qu'il a toujours eu le désir de chanter.
Dimitri : Au départ, dans un groupe chacun amène son instrument, Nicola cherchait des musiciens. Dominik cherchait un chanteur et d'autres musiciens, moi c'était carrément un groupe où je puisse faire quelque chose. Stéphane jouait de la guitare, avec Indo il s'est mis au synthé...
Les rôles se sont répartis naturellement. Sur le troisième album, on s'est lancés et on a fait les choeurs alors qu'on pensait chanter comme des casseroles; alors, si l'un d'entre nous peut chanter un titre, pourquoi pas? Rien n'est immuable. Mais c'est tout de même Nicola qui a le plus de possibilités vocales.
Stéphane : Il fait des vocalises avant d'entrer en scène; il travaille sa voix comme nous le faisons avec nos instruments.
O comme Organisation
Dimitri : On est obligés de s'organiser. Par exemple, on fait souvent les interviews à deux. C'est selon les capacités et les aptitudes de chacun, on se répartit les tâches. Nicola est plus branché sur le fan club et les relations publiques. Dimitri s'occupe du côté commercial. Bien sûr, on a des gens qui nous aident mais on aime bien aussi être au courant de tout.
Dominik : Un groupe c'est un peu comme une mini-entreprise. On n'a pas un manager style le colonel Parker avec Elvis Presley qui tire les ficelles. On veut être concernés par tout et prendre note destin en main.
P comme Politesse
Stéphane : Être poli c'est très important pour nous et on essaye de l'être le plus possible. Malheureusement, ça devient difficile quand on s'aperçoit que certains rôdent autour de nous par intérêt. Quand ça marche, c'est inévitable mais c'est toujours décevant. Quand on sent qu'on a été trahi, il est difficile de ne pas sortir de ses gonds.
Q comme Qualité
Stéphane : On aime bien que la qualité du son soit importante, tout comme l'image d'ailleurs. On tient à offrir des choses de qualité, très professionnelles.
Dimitri : En studio, on peaufine beaucoup. On essaye pour ça de s'entourer des meilleurs dans tous les domaines. On aimerait bien qu'Indochine soit associé à cette image de qualité.
Dominik : Pour un disque, une pochette, une télé, on essaye de trouver des petits trucs qui amènent un plus. Et on apprécie aussi la qualité chez les autres.
R comme
Royalties
Dimitri : Avec nos royalties on peut réaliser nos rêves et on en a forcément. Du plus petit au plus grand. Dominik s'achète de plus en plus de matériel afin d'avoir carrément un studio chez lui. Nicola s'est offert une maison, moi j'essaye de me trouver un loft...
Dominik : Les royalties ce sont les avantages du succès. On n'a plus vraiment besoin de faire des économies.
Stéphane : on se fait des plaisirs mais on ne jette pas non plus l'argent par les fenêtres. On ne va pas s'acheter une Rolls juste pour flamber. Je vais me faire construire une maison à la montagne où je serai au calme et au grand air mais ça ne sera pas un château avec des robinets en or.
S comme Stéphane
Stéphane : On dit que je suis "le bizarre du groupe". Je parle rarement de moi.
Dominik : Stéphane. Il peut être dans Indochine mais aussi faire une émission de télévision. C'est le plus polyvalent du groupe.
Stéphane : J'ai plusieurs activités et c'est bien que je sache que je peux faire d'autres choses aussi mais mon but c'est avant tout Indochine. On ne planifie pas notre carrière. On verra bien si ça s'arrête un jour; en attendant, on fait tout pour que ça dure le plus longtemps possible.
T comme Tournées
Dimitri : Changer de ville, faire ses valises, changer d'hôtels, ça donne l'impression d'être dans une bulle qui se déplace c'est dur. Au bout de trois mois, on n'arrive même plus à parler, ça devient une routine, on est déphasés mais en même temps sur scène on retrouve toute notre énergie parce que ça n'est jamais pareil.
U comme Unis
Dimitri : Plus on sera unis, moins il y aura de malaise entre nous. Déjà quand on est plusieurs c'est difficile d'aller au cinéma alors vous imaginez un groupe! Mais on essaye d'être d'accord sur les choses importantes. Entre nous, personne ne se sent frustré ou en reste. Jusqu'à présent les décisions se sont toujours faites d'un commun accord d'où le célèbre proverbe "l'oignon fait la force!"
V comme Vérité
Nicola : On déteste le mensonge. Par exemple, on accepte les critiques mais on déteste les papiers mensongers, la désinformation. Parfois on apprend des trucs sur nous à travers la presse et ça nous énerve beaucoup. En revanche, si on fait un concert nul c'est normal qu'il soit critiqué; si c'est fondé on accepte les remarques.
W comme Wagon
Nicola : On s'est associés à une campagne de pub avec la SNCF, on voulait faire un concert surprise dans un endroit fou et on a pensé à une gare parce qu'on adore prendre le train, c'est complètement romantique.
X comme Xénophobie
Dimitri : Halte à tous! On voudrait beaucoup plus de tolérance sur terre. Que les Français détestent les Allemands depuis 1870 ou que les Anglais n'aiment pas les Français parce qu'on mange des cuisses de grenouilles, c'est tellement ridicule! Il faudrait tout de même abandonner tout ça en 1986.
Nicola : On se sent très concernés par tout ce qui touche à l'intolérance, au racisme, au fascisme, ça nous fait réagir très fort.
Y comme Yéyé
Dimitri : Il y a des choses qui étaient vraies dans le show-business en 1960 et qui ne le sont plus aujourd'hui. Pourtant, on se heurte encore à des gens qui réagissent comme à l'époque des yéyés. Nous, on dit halte aux idées démodées.
Nicola : C'est vrai que la nostalgie de cette époque revient à la mode mais ça ne nous intéresse pas. Nous sommes pour la création et la modernité.
Z comme Zénith
Nicola : C'est l'un des plus grands souvenirs du groupe. Monter sur scène et voir ces gens qui hurlaient. Zénith égale grand mouvement de tripes. Si toutes les salles étaient comme le Zénith, ce serait génial!
