Maillot jaune

Tour de France d'Indochine : les nouveaux kids s'aperçoivent que les meilleurs grimpeurs de charts sont aussi capables d'être les leaders des étapes scéniques.

Deux cents à l'heure à deux heures du matin, sur l'autoroute du nord. Dans la berline prétée par Volvo pour la tournée, l'overdrive est enclenché, la grosse bagnole noire et massive file comme le vent entre Lille et Paris.

À l'intérieur quatre jeunes gens somnolent au creux des sièges de cuir crème, écoutent une cassette de Dean Martin d'une oreille distraite, regardent dans le pare-brise le capot qui avale goulument le bitume.

Dans le brouillard hivernal, les rares véhicules voient passer un éclair qui devient aussitôt deux points rouges et disparaît, sans se douter que la voiture qui vient de les dépasser dans un feulement de soupapes nerveuses contient "Le Péril Jaune Sur La France", une maladie qui s'attrappe en écoutant la radio, s'incube en regardant la télé, et se déclare dans des salles de concerts bondées, là où il y a des affiches qui indiquent "INDOCHINE" en lettres tarabiscotées.

Quelques heures plus tôt, au Palais des Congrès de Lille, un superbe amphithéâtre moderne à l'acoustique parfaite et au confort rare, mille deux cents kids, dont certains sont accompagnés par leurs parents parce qu'ils sont trop petits pour sortir seuls le soir, trépignent d'impatience en appelant Indochine.

En attendant, ils découvrent le décor qui s'offre à leurs yeux : le fond de scène est occupé par un parachute tendu verticalement, quelques mètres d'envergure de tissus crème, sur le sommet duquel est accroché une figurine en bois qui représente la geisha rouge, blanche et verte de la pochette de l'album. Au centre, l'estrade supporte les claviers de Stéphane Sirkis. Sur les côtés de l'estrade, deux panneaux verticaux de tissus blancs avec le logo d'Indochine imprimé sur la hauteur, c'est-à-dire environ cinq mètres.

Devant, entre deux panneaux semblables, mais immaculés ceux-là, l'ampli de Dominique Nicolas, à gauche le clavier et les micros de Nicola Sirkis au centre, et la console d'effets spéciaux du saxophoniste Dimitri Bodianski sur la droite. De chaque côté de la scène des rampes de projecteurs sont intégrées dans des palmiers factices.

C'est clair, dépouillé, mais construit avec un sens aigu du graphisme et de l'équilibre. Avant même le début du concert, le spectacle est complet, puisque les techniciens du son, des éclairages, et les roads sont tous vétus d'un uniforme chinois noir façon Bruce Lee, avec des brassards verts aux couleurs du groupe.

Dès qu'Indochine prend possession de la scène, c'est gagné. Le contact est établi sans problème, tout le monde est debout et se serre aux pieds du groupe pour danser. Les quatre musiciens ne sont pas encore des vieux routiers de la scène, mais ils apprennent vite, et en un an ils ont déjà fait pas mal de progrès : ils occupent le territoire avec énergie et application. Les éclairages sont savants et originaux, le jeu des projecteurs sur les panneaux permet des combinaisons de couleurs et d'espaces tout à fait inédits.

Le spectacle est le même que celui qui fût présenté aux Parisiens début décembre, à l'Olympia. L'essentiel des deux albums est présenté, avec les deux reprises estampillées sixties : "L'Opportuniste" de Dutronc, et "La Fumée Dans Les Yeux" d'Antoine, avec quelques instrumentaux rageurs pour enrober le tout.

Les kids connaissent les paroles par coeur, et tout le monde s'éclate dans la joie et la bonne humeur. Le courant passe, et l'aisance et l'efficacité d'Indochine me donnent le sentiment que trop souvent le rock a été une affaire de vieux cons!

Les rock critics, moi comme les autres, ont depuis des années monté en neige ce cheval de bataille fourbu qu'est le concept fumeux intitulé : "les kids"! Ces fameux kids, c'est du pipeau, on ne les voit jamais. Et encore moins dans les concerts dits "intelligents", c'est-à-dire ceux des groupes de rock'n'roll pleins de culture rock et de références historiques, qu'on a l'habitude de défendre à Best en l'occurence.

Le public de ces groupes, en général, a la même culture et les mêmes références, et tout le monde est content. Sauf que des kids, j'en ai jamais vu aux concerts des Real Kids ou des Barracudas, de Mink De Ville ou de Little Bob Story.

Or les kids, les vrais, il y en a un bon millier tous les soirs aux concerts d'Indochine. Parce que les kids, entre huit et dix-huit ans, ils n'ont pas de références et ils se foutent du Velvet Underground et des qualités comparées d'un Télécaster 58 et d'une Rickenbacker 62!

Les kids, ils vivent dans un autre monde, plein de BD, de vidéo-games, de films de science-fiction, de gadgets, de vidéo-clips, et Indochine s'inscrit tout naturellement dans cet univers. Certainement aussi parce que les membres d'Indochine ont pratiquement le même âge qu'eux.

Dimitri fêtera ses vingt ans lors de la tournée, le 3 avril, à Bruxelles. Vingt ans; c'est quand même dix à quinze ans de moins que la moyenne d'âge des deux autres groupes français successful (suivez mon regard).

Dans Indochine, les kids trouvent ce qu'ils cherchent : une musique dynamique qui fait danser, une musique moderne (synthés, rhythm machine), mais pas mécanique comme le discofunk qu'on essaye de leur vendre d'habitude, d'une musique chaude et humaine (guitare Shadows et saxophone pétillant) tout simplement.

Et puis dans Indochine ils trouvent aussi un univers de BD, des chansons avec des héros comme Bob Morane, qui ont fait rêver des générations de kids, et du coup, eh bien ils sont contents, et ils le font savoir en achetant les disques d'Indochine, et en venant en nombre aux concerts d'Indochine, sans complexe, sans se demander si c'est la bonne attitude, le bon look, et tout un tas de questions problématiques qu'ils auront tout le temps de se poser plus tard!

Je ne suis plus un kid, mais je trouve quand même dans Indochine des tas d'éléments qui m'enchantent : et d'abord des putains de chansons mélodiques que je retiens facilement et que je fredonne souvent dans la vie.

Et puis l'image d'une réussite intelligente, des gens responsables, dynamiques, combatifs, organisés, qui ne se la donnent pas façon héros du rock'n'roll (get me a Cadillac, some coke and a bunch of girls!), mais qui vivent leur succès avec le maximum de clairvoyance, et regardent encore plus loin.

Autre qualité, celle d'avoir cassé cette barrière stupide et typiquement française entre rock et variété, en partant du principe sain que les kids justement, eh bien ils ne sont pas si cons qu'on puisse leur refiler n'importe quoi, et qu'à partir de huit ou dix ans, il est plutôt cool de passer directement de Chantal Goya à Indochine, c'est-à-dire au ROCK, sans pour autant s'égarer dans la case débile où sévissent les groupes teen façon Koeurs, Shorts ou Forbans.

Apparemment je ne dois pas être le seul à penser ça, puisque l'album d'Indochine a été classé second du Bestop, par vos soins, et que le référendum annuel les a consacrés à nos yeux comme groupe "bestien" sans discussion possible.

Pour finir, ce qui m'amuse dans Indochine, c'est la "Indochinemania" ou pour être plus précis la "Nicolamania", parce que le chanteur d'Indochine sème la perturbation et l'hystérie dans le coeur des petites filles, de la même manière, toutes proportions gardées, que j'ai pu l'observer avec Boy George de Culture Club.

À la sortie des artistes, après un concert d'Indochine, on trouve toujours des dizaines de gamines (votre petite soeur peut-être) qui scandent le nom du chanteur et se battent pour des autographes.

Quand le groupe fait des interviews radios en direct, les studios sont envahis, et j'ai même vu des k... des adolescents je veux dire, attendre, à Lille, en février, la nuit, quand il fait très froid, pendant deux heures, que le groupe sorte d'un restaurant, pour pouvoir lui demander une signature sur une photo. Les fans d'un groupe en activité m'ont toujours paru plus sains que ceux des groupes obscurs et disparus!

Quelques jours après Lille, je devais accompagner le groupe à Lyon, où ils devaient faire un triomphe encore une fois puisque les réservations à leur concert étaient nettement supérieures à celles enregistrées pour les concerts d'Eurythmics et de Costello prévus la même semaine.

Hélas, le blocage des routes par les routiers les força à annuler ce concert. Ce n'est donc pas sur la route, mais autour d'une table de bureau d'Ariola que je leur ai demandé de me raconter cette tournée.

Indochine : - "Cette tournée s'est décidée en juin dernier, elle coïncide avec la sortie de l'album. On a essayé d'amener la même chose qu'à l'Olympia. Il y a du nouveau matériel, on a investi dedans, et on a appris à s'en servir. Il était hors de question de partir en tournée avec un spectacle qui soit "moins bien" que celui qu'on a donné aux Parisiens.

Ce concert de l'Olympia, c'était l'aboutissement d'un an de travail, et la présentation du nouvel album en même temps. Mais Paris ce n'est qu'une étape, même s'il y a la presse et que c'est notre ville. On voulait faire une vraie tournée, pas des dates éparpillées.

On voulait aussi faire des villes habituellement sevrées de rock, c'est pour ça qu'on a fait Dinan, Saint Lô, on s'aperçoit là qu'il y a plein de gens qui viennent. L'an dernier par exemple, on avait fait quatre mille personnes sous chapiteau à Anonnay, tandis qu'on en faisait cinq cents à Lyon! On veut toucher tout l'hexagone.

Quand on a formé Indochine, on voulait déjà présenter un show, pas être le groupe ordinaire qui aligne ses dix-sept morceaux et puis s'en va. Là on est onze sur la route, avec les décors, les éclairages, et on sait que c'est un beau plateau. Tout le monde est concerné avant tout par le spectacle.

Les premières parties, on les a choisies nous-mêmes, les groupes nous ont envoyé des cassettes, et on a pris le parti d'inviter ceux qui nous ont plus. Ils jouent sur notre sono et on s'arrange avec nos techniciens pour qu'ils passent dans les meilleures conditions.

Un de ces groupes est signé, eux payent, ou plutôt c'est leur maison de disque qui paye pour passer avant nous, comme nous on l'avait fait pour passer avant Taxi Girl. Mais tous les autres, les groupes sans contrat, on les a choisis et ils passent gratuitement, c'est un bon tremplin pour eux puisque maintenant on attire du monde en concert.

On a contrôlé plein de choses : que les concerts soient à huit heures et pas à dix, que les entrées ne dépassent pas les cinquante/soixante francs, etc. Ce qui est bien, c'est qu'on est tombé sur des organisateurs locaux qui n'avaient jamais fait de rock, ni même de variété.

À Dinan, c'était une association de professeurs qui avait fait ça pour aménager une nouvelle école, c'étaient les élèves qui s'occupaient des entrées, les profs de gym de la sécurité, et nous on a trouvé ça génial de jouer pour le profit de ces gens plutôt que pour un quelconque affairiste. Là ils étaient cent bénévoles pour trouver de l'argent pour leur école.

À Lille aussi, c'était une organisation d'étudiants, et à St-Lô le football club! Pour tous ces gens, le concert était un événement, et pas seulement une rentrée d'argent facile qui va leur permettre de prendre à perte des groupes anglais plus tard!

Sinon, on vérifie qu'on a tous les publics : les parents, les enfants, les punks, les branchés, les autres, on va les voir chez eux, et eux ils se déplacent en nombre pour nous voir, puisque depuis le début on fait entre douze cents et quinze cents personnes par soir.

On est maintenant en mesure de leur offrir un bon son, clair, parce qu'on est un groupe à mélodies, et qu'on a investi vingt briques dans le matériel pour les faire passer dans de bonnes conditions. C'est notre première tournée après le succès, mais ce qui est bien c'est que les gens ne sont pas là pour entendre "L'Aventurier", il y a une autre demande.

Ce qui nous ravit, c'est que beaucoup de ceux qui viennent nous voir nous disent ensuite que c'était leur premier concert. On a réussi à créer un nouveau public de rock, plus jeune. On les amène à voir que ce n'est pas un truc de sauvage où il y a de la baston partout!

Nous on ne gagne pas d'argent, si on considère ce qu'on a investi, mais ce matériel va nous servir à faire des disques et à les promouvoir. On a besoin de faire de la scène. Dans cette tournée-là, on a inclus la Suisse et la Belgique, mais après on va s'attaquer vraiment à l'étranger.

Il est temps d'aller faire quelques dates à Londres, et puis en Allemagne, dans des villes qui nous demandent, au Canada aussi. Pour le Japon il faut attendre un peu, que le disque sorte là-bas et qu'il ait un bon accueil. On tourne fin avril en Scandinavie et en Hollande.

On sait qu'en Angleterre, il commence à y avoir des rumeurs sur nous, alors il faut se montrer, être offensif. Un peu comme à nos débuts, sans décor, un show plus court et agressif. Il vaut mieux commencer en bas, on va faire ça sans grande publicité, juste pour démarrer les choses.

On a rencontré des gens comme racey Ullman, les Belle Stars, Kim Wilde qui ont acheté nos disques et adorent nos morceaux, on est devenus assez amis avec elles, et elles nous ont dit qu'il fallait absolument aller s'attaquer au marché anglais. On chantera en français là-bas, parce que nos essais en anglais ne sont pas encore très concluants."

- Quel accueil a reçu l'album "Le Péril Jaune"?

- "Miss Paramount", le premier single tiré de l'album a démarré lentement. Les gens du bizness pensaient que sur la lancée de "L'Aventurier", ça allait cartonner tout de suite, mais il a fallu du temps pour établir la chanson. On est quand même un nouveau groupe, ça ne va pas si vite.

Fin février, on est à cent trente mille singles et l'album vient de dépasser les cent mille. L'important pour nous, c'est que ce soit l'album qui se vende, pour prouver qu'on n'est pas un groupe à tubes/gimmicks. Quant à "L'Aventurier", il se vend toujours. On a reçu encore ces jours-ci des lettres de gens qui venaient de l'acheter et qui nous racontent qu'ils trouvent ça super!

Nous on est ailleurs. On vient de terminer un maxi, avec le remix de "Kao Bang", il va sortir en avril ou mai, le temps qu'on en tourne le vidéo. On va prendre un peu plus le temps de faire les choses. Après "L'Aventurier" c'était important de sortir vite un disque pour montrer qu'Indochine ce n'était pas un coup.

Le prochain album, on prendra le temps de le fignoler, car pour nous il sera encore plus important. Déjà "Le Péril Jaune" on a mis un mois et demi pour le faire, au lieu de cinq jours pour "L'Aventurier"!

Ce qu'on voulait c'était d'office taper dans le créneau album; "Miss Paramount" en premier simple, c'était un choix moyen terme, on n'était pas persuadés que c'était Le single du disque, et puis s'il s'était planté, les gens auraient dit : Indochine c'est fini! Alors que là, comme l'album est bien établi, on va vraiment taper le marché du simple avec "Kao Bang", sur lequel on est tous d'accord.

Pour la vidéo, c'est pareil : on nous avait proposé tout de suite de faire un clip avec Julian Temple et des moyens conséquents, mais on a préféré faire un clip sympa mais modeste pour "Miss Paramount", et se réserver le clip fort pour "Kao Bang".

On vise de faire la vidéo française, qui n'ait pas la honte d'être concurrentielle avec celles de Duran Duran, Culture Club et tous les Anglais. Ça va être un grand truc d'aventure, avec des cascadeurs et des cavalcades. On veut que pour les Français ce soit une vidéo-événement. On va la faire en Belgique, avec les gens qui ont fait celle de Gotainer.

Il est temps qu'enfin un groupe français puisse faire un clip dans les mêmes conditions que les anglo-saxons. Ça va nous permettre d'attaquer MTV aux USA, Channel 4 en Angleterre, etc. Nos thèmes, aventures et exotisme nous permettent de faire vraiment un truc qui fasse rêver les gens, qui les fasse voyager, on n'y verra pas le métro et le quotidien!

L'argent, on sait comment l'obtenir, il est question d'un sponsoring par une marque de boisson gazeuse; les Anglais le font, pourquoi pas nous? Même Michael Jackson il ne crache pas sur Pepsi Cola pour réaliser ses projets! Il faut être réaliste, il n'y a aucune honte à taper là où est l'argent.

Mais si jamais ça se passe mal, on est prêt à le produire nous-mêmes et investir notre propre argent. On veut faire un gros coup, pour couronner cet album qui marque la fin d'une période, puisque le prochain sera entièrement différent.

On va arrêter les trucs sur la Chine, sans pour autant perdre notre nom. Téléphone, il ne font pas que des chansons sur la communication! On va poursuivre notre ligne, c'est-à-dire éviter de parler de nos problèmes et de trucs ordinaires, en allant voir ailleurs, en écoutant des musiques autres, arabes, ou espagnoles, ou africaines, en développant de nouveaux sons, une nouvelle image, un nouveau logo.

On ne peut pas saturer les gens indéfiniment avec un seul truc, on en est conscient. Mais on ne renie pas bien sûr ce qu'on a fait jusqu'à aujourd'hui, c'est seulement une évolution."

Comment réagissez-vous à la Nicolamania qu'on peut observer aux concerts?

Nicola Sirkis : - "Je ne suis pas responsable de cela, on essaye de l'éviter au maximum. On nous a proposé des couvertures de journaux avec moi tout seul, on a refusé! On doit lutter contre ce trip-là, on ne sera jamais Nicola et Indocine, comme peuvent l'être Boy George et Culture Club.

Au journal d'Antenne 2, ils avaient demandé que je sois seul, et on a du insister pour que le groupe vienne en entier. Indochine, c'est et ça restera quatre personnes. Le public voit toujours le chanteur en avant, c'est apparemment irrémédiable, malgré la disposition scénique qu'on a étudiée pour ne privilégier personne. On fait attention de refuser la starisation d'une seule personne, et ça se passe bien entre nous."

- Votre nombreux courrier doit aussi refléter la préférence des petites filles pour ton minois, je suppose?

Nicola Sirkis : - La plupart des lettres concernent les mêmes trucs, les fringues, la mèche : quelle longueur a-t-elle, au repos, en érection, quel coiffeur en est responsable etc. On commence à voir des mômes avec la mêche aussi dans les concerts. Pourtant c'est venu comme ça, je n'aurais jamais pensé que ça puisse avoir cet impact sur les gens, je l'ai juste laissé pousser, tranquillement, et puis elle est devenue un repère."

Dans le numéro d'Août dernier, quand j'avais fait un premier papier de fond sur Indochine, c'était le début de l'aventure; pour la première fois un groupe de rock jeune et moderne découvrait le succès et ses corollaires : les pressions diverses, l'argent, la notoriété, les inconnus qui se présentent comme des amis et les anciens amis qui deviennent des ennemis.

Indochine a largement mérité la confiance que le public a mis en lui, après avoir vendu six-cent mille singles et cent vingt mille albums de "L'Aventurier", ils prouvent aujourd'hui qu'ils sont désormais un groupe avec lequel il faut compter.

Comme après le succès de Téléphone, les compagnies discographiques vont sûrement se mettre à chercher partout leur erstaz d'Indochine, mais eux n'ont que faire d'être un groupe phare pour leur génération. La priorité pour eux, c'est de donner aux gens qui les aiment le maximum de plaisir, avec le maximum de professionnalisme.

Le fun-réalisme, c'est une nouvelle doctrine du rock en 84, on s'inscrit lors de joyeuses cérémonies qui vont durer jusque vers mi-avril, et qui sans nul doute se reproduiront souvent.