"Plus de liberté comme écrivain"
Désormais seul en
Indochine, Nicola a prolongé en musique l'une de ses Mauvaises
Nouvelles. La chanson s'intitule... Justine.
BRUXELLES
Il y a 18 ans (eh oui! le temps passe...), Nicola Sirkis et son frère regretté (voir nos éditions de mercredi) se moquaient en douce des héros invincibles style Bob Morane, mais l'esprit de garnement du leader d'Indochine, malgré les écueils, ne s'est guère modifié.
À 40 ans, cela dit, Nicola est également devenu romancier, comme en témoigne Mauvaises Nouvelles, le recueil paru chez Lattés au printemps 98. "Sur notre dernier album Dancetaria (sortira mardi), je prolonge en musique l'une des histoires de ce livre.
La chanson en est la suite logique et s'intitule Justine. Dans le bouquin (pour ceux qui ne l'auraient pas lu), il est question d'une petite fille qui, sans arrêt, appelle et cherche un Monsieur. On se rend compte à la fin qu'il s'agit en fait de son père..."
Son prochain livre ira loin
"En ce moment, poursuit Nicola, j'ai un roman en préparation mais avec plusieurs thèmes sur le même établi. Tout ça est donc encore à l'état d'ébauche. Ce que j'aime dans le travail d'écrivain entre guillemets, c'est qu'il offre plus de liberté que la composition de mélodies.
Pour un album, la technique est en effet très très contraignante... Bref, ce que j'ai envie de vous dire, c'est que mon prochain ouvrage ira assez loin. Ce sera une histoire d'amour mais pas dans ce que l'amour a de convenu... (sourire)"
Cajoleur de plume, celui qu'on assimila à tort au Robert Smith made in France aime aussi dévorer des kilos de pages.
Amateur d'Edith Wharton
Et son récent coup de coeur en la matière, c'est... "Sous le règne de Bone, de Russell Banks (édité par Actes Sud en 1995). Ce roman nous mène à la rencontre de Chappie, une jeune femme qui fut violée par son père, vit dans le sud du Texas et croise une galerie de personnages plus pittoresques les uns que les autres.
À part ça, en littérature, j'aime beaucoup le ton d'Edith Wharton (l'auteur, notamment, des Boucanières et du Temps de l'innocence, qui fut adapté au cinéma par Martin Scorsese avec Michelle Pfeiffer et Daniel Day-Lewis). Car moi, je suis très romantisme du 19e siècle."
À un endroit, sur la bio accompagnant la dernière oeuvre d'Indochine, c'est, en revanche, Roméo et Juliette qui est cité. Explications. "Je suis très romantisme du 19e siècle et très shakespearien aussi! Roméo et Juliette, c'est pour moi l'une sinon la plus belle histoire d'amour qui ait jamais été contée. Avec Belle du Seigneur d'Albert Cohen, par exemple."
Indochine, Dancetaria (Double T Music) - En concert le 20/11 à Forest-National.