Indochine : Le baiser du retour

Deux ans après "7000 danses", Indochine nous envoie "Le Baiser", premier 45-tours extrait de l'album du même nom. Indochine à trois, sans Dimitri, nous parle de leur cinquième bébé...

- À la surprise générale, vous revenez à trois, où est passé Dimitri?

- Avant tout, il faut savoir que Dimitri ne participait pas à la composition des morceaux. Un jour, il est arrivé et nous a dit: "je n'ai plus rien à voir avec vous."

Il est maintenant papa et il voulait changer de vie, ne plus avoir à subir les tournées. Actuellement, il écrit un livre. Quelque chose d'autobiographique. Il ne faut pas oublier que son père est un auteur de romans policiers.

- Son départ a-t-il provoqué une remise en question du groupe?

- Non, nous nous sommes justes retirés chez nous. On ne voulait plus être pris dans l'urgence de composer un nouvel album. On craignait la saturation.

- Vous voilà néanmoins avec un nouvel album?

- C'est un album de onze chansons très différentes mais qui se regroupent sous une pochette aux couleurs variées, comme un mélange de cultures. Nous avons réuni le batteur des Silencers (Martin Hanlin) et un joueur iranien (Mahmoud Tabrizzi-Zadeh). Les thèmes que nous abordons sont divers : l'amour, la médiatisation, les dérisions, les certitudes. Et nous rendons hommage à des écrivains.

- Pourquoi l'avoir intitulé "Le Baiser"?

- Deux choses m'ont marqué. Le "baiser" immortalisé par le sculpteur Rodin, une oeuvre d'une beauté éclatante et, en allant tous les matins au studio d'enregistrement, les amoureux que je voyais s'embrasser dans Paris désert car nous étions en été. Une image très belle sur laquelle on s'attarde de moins en moins, et pourtant la plus belle qu'on puisse donner à la personne qu'on aime...

- Mais où avez-vous puisé l'inspiration pour les textes d'amour?

- C'est personnel, je ne veux pas en dire plus. Pour les autres textes, j'ai beaucoup lu. En deux ans, j'ai dû lire une cinquantaine de bouquins. Des auteurs comme Albert Cohen, John D. Salinger, Blaise Cendrars. Au niveau des textes, je me suis tourné vers la poésie, elle permet de dire plein de choses en peu de mots.

- Et le retour scénique?

- Si tout se passe bien, à partir de septembre. La salle n'est pas encore définie. Nous commencerons par la France, puis nous irons au Canada, en Scandinavie, en Hollande. Mais pour cet album, la scène n'est pas notre but final.

- Dimitri sera-t-il remplacé?

- Personne ne remplacera Dimitri sur scène. Mais rien ne lui interdit de faire des morceaux avec nous. En revanche, il y aura quelques personnes supplémentaires. Et même des filles...