Indochine : ils décoiffent sans semer la tempête
Un septennat
indochinois 1981-1988 : Nicola, Stéphane, Dominik et Dimitri :
une cohabitation fondée sur le professionnalisme et le même goût
pour une même musique. Uniquement cela.
"Au départ, nous n'étions pas des amis. Ce sont des affinités musicales qui nous ont unis. L'affection est venue après. En sept ans, nous avons appris à nous connaître et, mieux encore, à nous connaître dans le succès.
C'est-à-dire que nous n'avons pas traversé de galère. L'amitié est un plus qui s'installe dans la durée. Ce n'est pas le ciment indispensable à la création du groupe."
Quatre garçons, comme un vent qui décoiffe, sans semer la tempête. "Nous ne faisons pas peur aux parents. Comme nous avons aussi un public très, très jeune, ils accompagnent leurs enfants à nos concerts et écoutent nos disques", affirme Nicola, au beau visage grave et limpide caché sous une tignasse explosive, qui ajoute : "Ma grand-mère trouve parfois que nous sommes trop maquillés à la télévision."
Nicola, Stéphane, Dominik et Dimitri : quatre individualités représentatives d'une génération hybride oscillant entre le sérieux et la provocation, la convention nécessaire à la participation au monde et le délire qui se suffit du masque de la dérision et non plus du désespoir erigé en mode de vie.
"Nous correspondons à une époque. Notre musique et les textes que nous écrivons sont en adéquation avec ce que nous sommes. C'est pour cela que nous ne pouvons pas nous imaginer dans la durée. On ne peut faire ce rock, ces spectacles, que parce qu'ils sont sincères. À trente-cinq ans, ce ne sera plus vrai."
En attendant cet âge canonique, Nicola, Stéphane, Dominik et Dimitri s'étonnent encore de ce qui leur arrive et tentent, presque avec trop d'application, de ne pas y croire. Alors quand ils ne se produisent pas sur scène, en France ou à l'étranger, Dominik s'en va pêcher dans le Berry, Nicola monte à cheval, Stéphane fait du ski et Dimitri lit.
Avant de passer au Zénith (depuis le 24 février, le groupe Indochine (de g. à dr. : Nicola, Dimitri, Dominik, Stéphane) a passé le week-end à Bruxelles, la ville où sont nés les jumeaux.
À g. devant l'Atonium, dans la classe de maternelle de Nicola et Stéphane, devant le Palais Royal.
