Indochine (Le Zénith / Paris)

Deux heures et quart de show, un Zénith plein à craquer, un public ondulant et chantant du début à la fin. Un public heureux, totalement heureux, jusqu'à l'ivresse. Un public bigarré aussi, du quadra aux gamins de sixième en passant par les ados crypto-goth...

Étonnant. Indochine, après avoir si longtemps divisé, semble aujourd'hui rassembler et faire une sorte d'unanimité. Ce dont franchement, on ne se plaindra pas.

Car si réévalution il doit y avoir, à l'aube de presque vingt ans de carrière, reconnaissons qu'elle est, non seulement amplement méritée, mais aussi sublimée par la grâce et là-propos indéniable de "Dancetaria", qu'il s'agisse de la chanson éponyme, de "Juste toi et moi" ou encore de "Manifesto". Ça sonne juste, foutrement juste.

On s'en aperçoit d'autant plus lorsque Nicola Sirkis entreprend de revisiter les titres plus anciens ("L'aventurier", "Les Fleurs pour Salinger", "Canary Bay" ou "Trois nuits par semaine") où là, non seulement, la magie opère moins mais la structure même des chansons, de nature plus "frivole", ne semble plus en phase avec l'Indo d'aujourd'hui, (même avec le renfort surprise et inopiné de Dimitri, membre original, venu faire quelques plans de saxo - gros tabac chez les quadras!) Mais ceci est sans doute une question d'appréciation.

Non, le clou du show est sans nul conteste, le passage hommage à Stéphane Sirkis, "Stef II" et "Astroboy", avec projo vidéo, laquelle malgré le pathos qu'elle génère inévitablement, restera d'une tendresse et d'une dignité remarquables. Indo demeure définitivement insaisissable.