Indos majeurs
7000 Danses (et plus)
sur l'album de leurs rêves (enfin réalisé). Les Quatre d'Indochine
en détailllent la chorégraphie à Jean-Éric Perrin.
Après quelques mois d'interruption volontaire de son et d'image, le premier groupe de rock français (le "groupe" est français, pas le rock) revient en force.
C'est la rentrée sur tous les fronts : un clip coup de poing, un single éclaireur déjà dans les hauteurs du top 50, l'album tant attendu, et on parle déjà de cette tournée mondiale qui les verra voyager du Canada au Pérou début 88, avant de s'attaquer au Palais des Sports pour une dizaine de jours.
Mais le gros morceau du moment, c'est cet album, le quatrième Indochine (le Live est hors série), un disque dont les quatre musiciens sont fiers et farouchement décidés à le défendre comme ce qu'il est : leur meilleur travail à ce jour.
"7000 Danses" a été enfanté dans la plénitude et la longueur, plusieurs mois de studio pour arriver à un résultat étonnant, une nouvelle ère dans la carrière de ce groupe qui gène beaucoup de gens parce que son succès et son attitude en on fait un cas à part.
Après le renversant "3", vendu à plus de sept cent mille exemplaires, voici un nouveau challenge, un disque d'ambiance, et un disque de musiciens, qui va surprendre, irriter, mais surtout charmer ceux qui voudront bien l'écouter sans préjugés.
Entre répétitions et tournages, les Indochine, deux par deux, se sont prêtés au jeu de la dissection de leur nouvel opus.
AMBIANCE
Nicola : - "Il y a un an, c'était le Live, la promo, les cinq ans, et puis on s'est dit qu'on allait changer de manière de travailler, s'y mettre tous ensemble. On a donc répété, et de là sont sortis quatre ou cinq morceaux, vers la fin 86.
On voulait voir où on en était, parce que pendant la tournée 86 on n'avait pas eu le temps d'écrire ensemble. En février, on est entré en studio à Miraval, en pensant déjà à Monserrat, puisque cette fois on pouvait se permettre d'enregistrer au soleil!
Joe Glassman, qui produit l'album avec nous, a contacté des batteurs : celui de Simple Minds était intéressé, mais pas libre. On voulait une batterie "héroïque", un son large, donc on a pris Marc Brzezicki de Big Country, et on est entré à Miraval, en sachant qu'on n'avait pas un album de prêt.
Jusqu'à la fin de Miraval, on a travaillé à la conception des titres c'est pour ça qu'on a pris du retard et qu'on a mis quatre mois et demi! On voulait faire un truc plus "live" dans le sens de "vrai".
On a mis un maximum de choses sur un maximum de pistes, et après on a choisi; on s'est retrouvé au mix avec 81 pistes!!! Sur quatorze morceaux, on en a gardé neuf pour l'album, plus un pour un single. Pour les précédents, on entrait en studio avec toutes les chansons prêtes et maquettées, il n'y avait plus qu'à mettre au propre, exécuter.
Là, on a voulu tenter une expérience, et le résultat est ce disque "d'ambiances", parce que rester si longtemps en studio permet de créer cette atmosphère particulière.
C'est un disque riche, au lieu d'une ou deux idées par morceau, on en a cinq ou six, et puis il y a cette chaleur, au lieu de jouer chacun notre tour, comme avant, on a vraiment joué ce disque ensemble.
- Après le succès de "3", avez-vous ressenti, à l'échelle française, un syndrome Michael Jackson?
Nicola : - Pas directement. Mais on était en fin de contrat et les compagnies venaient nous dire "vous avez vendu 700 000 albums, vous êtes au top, le prochain se vendra à un million, et on aimerait bien que ce soit chez nous"! Au téléphone, les avocats nous rappelaient ces données matérielles, mais musicalement on n'y a pas pensé. Il n'y avait que l'excitation du travail d'écriture. C'est un disque beaucoup moins facile à la première écoute, il faut prendre le temps de rentrer dedans.
- Comment avez-vous pu garder cette ambiance générale dans des lieux aussi différents que Miraval, Monserrat et Londres?
Dimitri : - Tout a évolué au fur et à mesure, les lieux ont changé, mais pas nous, et puis un studio, c'est toujours une unité d'endroit : des magnétos, une console, dans n'importe quel endroit du monde c'est pareil!
La campagne, la "jungle" ou les rues de Londres, c'est pour se promener, prendre l'air. L'important était d'être à l'écart de tout le business, et personne ne nous a vus pendant cinq mois.
- Voyons maintenant les morceaux un par un, ça commence par un instrumental inattendu, "La Bûddha Affaire".
Dominique : - On avait déjà des instrumentaux sur le second album. Ce titre a été maquetté chez moi, en différentes versions, on ne pensait pas le mettre sur l'album, et puis ça nous a paru une bonne idée parce que c'était un peu le fil rouge de l'album : après avoir passé une journée sur des rythmes musclés, on le jouait le soir pour se détendre.
Ça sonne comme du classique, mais c'est un clin d'oeil, plutôt qu'une manière de dire "regardez ce qu'on est capable de faire"! Ça peut paraître prétentieux comme morceau, mais en fait c'est très simple, juste trois accords, une mélodie très simple, "habillée" façon classique. Et puis ça donne une idée de l'ambiance qui va marquer l'album.
Nicola : - Au départ j'avais mis une voix, genre opéra, mais on a préféré, en la travaillant, cette ambiance valse. On ressentait une certaine émotion en le jouant, donc on a décidé de le mettre au début du disque, et de le filmer en 35mm; ce sera projeté, comme un concept, en ouverture des concerts de la tournée.
Miraval, c'est au départ un studio pour le classique, il y avait tous ces instruments : piano, flûte, timbales, on s'est amusé à les utiliser. On a tout joué, sauf une partie de piano à la fin qui s'adresse à un pianiste classique "performant", c'est la femme de Joe Glassman, qui est concertiste, qui l'a donc joué. Maintenant, avec les émulators, on pourra le jouer nous-mêmes avec les mêmes sons.
CAVALCADE
- "Les Citadelles"
Stéphane : - C'est un morceau complètement dynamique, avec des riffs de guitares, on s'est essayé à d'autres guitares et d'autres sons de guitares sur ce disque.
Dominique : - C'est la chanson "psychédélique" de l'album, des guitares très précises et à la fin un coup de synthé bordélique qu'on a fait jouer par Nicola, en toute "innocence".
Stéphane : - Tout a été travaillé, arrangé au maximum mais dans chaque morceau on a voulu garder une touche fun.
Nicola : - C'est le premier morceau né en répétition; j'avais déjà le titre, parce que je voulais absolument faire une chanson sur les citadelles, j'aime ce mot, il sonne bien. Canary Bay, c'était pareil au début, juste une sonorité qui me plaisait. Les Citadelles, c'est un mélange de sons et de gimmicks de périodes différentes : 60's, 70's, 80's.
Les paroles sont mystérieuses, on aime bien poser des pièges. "Et vogue Rodin dans une déesse", ça veut rien dire, c'est surréaliste, mais dans les années soixante, Vogue était un journal à la mode, Rodin un sculpteur à la mode et la DS une voiture à la mode. Il y a plein de sens possibles pour chaque phrase, à chacun de trouver le sien.
- "La Chevauchée Des Champs De Blé"
Dominique : - On est parti d'un rythme de cavalcade, qui donne ce mouvement à la chanson, un rythme nouveau pour nous. Nicola module beaucoup sa voix dans celle-là.
Nicola : - J'ai voulu mettre plusieurs histoires là-dedans, une histoire de chevaux, une histoire d'amour, une histoire charnelle... La musique, c'est un peu latino cha cha!
Dimitri : - On a additionné les pistes, avec des trucs très écrits et d'autres improvisés, et au final on a pris des bouts très "libres". Il y a plein d'arrangements et de thèmes qu'on a écrits et qui seront joués sur scène, mais qui n'apparaissent pas sur le disque.
Ils sont "finis" sur "7000 Danses", mais ils ne prendront leur dimension qu'avec le public, les éclairages, les arrangements scéniques... Le public sera surpris, il reconnaîtra les morceaux, il y aura des repères, mais aussi beaucoup de surprises, des parties inédites.
- "Il Y A Un Risque (Le Mépris)"
Dominique : - C'est un pied de nez vis à vis des déceptions qu'on a pu connaître avec les médias. Elle est très différente des autres chansons de l'album, mais sur "3" par exemple, elle aurait été "en avance"!
Stéphane : - Elle a été créée dans une ambiance assez sereine, les paroles de Nicola sont assez claires à propos des risques du succès.
Nicola : - Dominique avait trouvé le riff à Marseille, pendant la tournée d'été, et ça nous avait plu. Il y a eu un énorme travail dessus, on a enlevé des trucs, rajouté d'autres, il y a une structure très variée et assez fun. C'est une chanson guillerette, qui n'a pas de liaison avec les autres.
Dimitri : - Il y a plein d'idées, après un couplet et un refrain on ne peut pas prétendre connaître la chanson, parce qu'elle recèle encore d'autres idées.
Nicola : - Les paroles, en résumant et sans prétention, ça s'adresse à la population régie par la mode. Je veux dire que dans une situation donnée, il y a un mépris qui vient facilement pour des gens alors qu'on ne les connaît pas.
C'est le problème des gens qui parlent sans savoir. Ça s'adresse aussi aux "branchés" parisianistes, mais ce n'est pas une polémique, ça reste rigolo. Le message, c'est que ce qu'on fait nous, c'est risqué, parce qu'on peut susciter le mépris des gens alors qu'on ne le mérite pas.
C'est aussi un clin d'oeil, les Y-eh-Y-eh qui rythment la chanson, c'est un reproche qu'on m'a beaucoup fait, alors là j'en rajoute plein!
Dimitri : - Alors que nous on ne changeait pas, les mêmes gens qui nous encourageaient au début se sont mis à essayer de nous piéger, et ça c'est quelque chose qu'on regrette, mais qu'on comprend, c'est le risque!
LE POUVOIR
-
"Les Tzars"
Stéphane : - Elle est aussi très dynamique. Les machines comme le Fairlight mélangées avec des guitares rock, ça sonne bien, il ne faut pas se faire piéger par les machines, mais les rendre rock'n'roll. Quant aux paroles, c'est pas sérieux, évidemment.
Dominique : - À l'écoute, on pourrait la trouver un peu vulgaire, disco, mais il y a une énergie, c'est joué ensemble. Avant on se servait du studio pour faire de la musique, maintenant on fait de la musique dans le studio.
Cette énergie qu'on sent ici, on ne la sentait pas autant avant, quand on était trop asservi par les machines. L'apport de la basse et surtout d'un vrai batteur a fait beaucoup pour ça.
Avant de faire Indochine, on jouait avec de "petits" batteurs, et dès qu'on s'est mis à la boîte à rythmes, on a senti ce manque d'énergie, avec ses défauts et ses qualités. Le problème quand tu commences un groupe, c'est qu'il faut surtout un BON batteur.
Stéphane : - Si on en avait trouvé un comme Marc, Indochine aurait été un groupe avec batteur; il nous a tués, cette puissance, cette chaleur, ce côté "physique" du jeu...
Dominique : - Hélas, pour des questions de timing, on n'a pu faire que six morceaux avec lui. Pour en revenir aux Tzars, ce n'est pas mon morceau préféré, on l'a sorti en single parce que c'était le premier terminé, mais j'aime son énergie.
Nicola : - C'est un hymne! On voulait faire une chanson pop, un peu funky, avec plein d'instruments, il y a ce piano basse, cette mandoline dans la version maxi... Le thème en est assez évident, je pense. Plein de slogans en une chanson, sur l'abus des pouvoirs, et le fait que les gens qui les ont se foutent de la gueule du monde.
Dimitri : - On peut prendre ça au pied de la lettre, ou dans un sens plus large, chacun sa lecture...
- Pourtant "Louis La Voyelle" qui aime les bottes en cuir, c'est assez explicite comme peinture de Louis Pauwels, il me semble?
Nicola : - Oui, mais on n'en a rien à foutre de Louis Pauwels lui-même, il est déjà oublié, il n'a rien pour retenir l'attention, c'est pour ça qu'on a inventé ce personnage Louis La Voyelle, qui peut être les milliers de Louis Pauwels qui ont un certain pouvoir et qui disent n'importe quoi, qui officialisent la bêtise des gens.
Ça peut être un proviseur de lycée, un homme politique, des tas de choses. Dès que tu as le pouvoir...
- Au fait, il me semble que vous l'avez, vous, le pouvoir?
Nicola : - C'est sûr, mais le risque c'est que ça se retourne contre nous. Les morceaux d'Indo qui sont devenus des hymnes comme "3e Sexe", ce n'est pas nous qui les avons fait devenir tels, c'est le public qui les a choisis. C'est effectivement de notre faute. C'est pour ça que nous avons fait "Il Y A Un Risque"!
Mais bon, tout ça sans se prendre au sérieux non plus, cette chanson des Tzars, elle est pas sérieuse, quand les gens verront le clip, ils comprendront cette dérision. C'est un clip d'animation, avec ce personnage de la pochette du single, un homme en costume à tête de lézard. Il se promène dans une maison qui représente le monde, et il en voit plein d'images.
C'est dur, violent, on a utilisé des stock-shots, on voulait des scènes de décembre avec les charges de la police motorisée, mais ces images ont été mises sous séquestre. C'est un travail d'artisanat, une équipe qui a travaillé des jours sur le décor et l'animation, il n'y a pas d'image de synthèse, c'est tout fait à la main!
C'est une nouvelle ère pour nous, on avait vraiment besoin d'un support image qui soit bien et qu'on puisse utiliser dans tous les pays. Au départ, Caro, qui l'a réalisé, a un univers très éloigné du nôtre, mais il y a un romantisme dans sa dureté, et on s'est trouvé très proches. On est ravis du résultat, et du fait que ce soit un clip français.
Caro fait partie de cette génération de créateurs bourrés de talent, à laquelle la suppression de TV6 a coupé le droit à l'expression. Mondino est le clippeur numéro un au monde, il est français, mais il est obligé de s'expatrier pour travailler. Il y a un fourmillement d'idées ici, et il faudrait qu'elles puissent voir le jour normalement.
- C'est un clip cher, "Les Tzars"?
Nicola : - il est cher sans l'être, un peu plus que "Tes Yeux Noirs", mais tout est dans l'animation et le décor, le reste c'est toujours pareil, les gens travaillent pour l'art, c'est con mais c'est comme ça; Caro, comme Gainsbourg, n'a pratiquement rien touché. C'est la technique qui coûte; quinze secondes d'animation, c'est huit heures de travail.
AUJOURD'HUI
- "La Machine à Rattraper Le Temps".
Dominique
: - Sur cet album, il y a des invités : une flûtiste classique,
Marc Brzezicki, et puis Lizzy, qui fait les choeurs et qu'on
remarque sur "La Machine."
Stéphane : - Elle chante dans un groupe de jazz punk à Londres. Elle a une voix spéciale, pas du tout le genre choriste clés en main qu'on entend partout.
Une voix aiguëe qui se marie bien avec celle de Nicola. Elle ne parlait pas français, elle a donc cet accent un peu drôle qu'on aime bien. On voulait quelqu'un avec une couleur, plutôt qu'une technicienne. Et puis il y a cette couleur live, chaque piste étant jouée du début à la fin du morceau.
Dominique : - C'est une chanson d'amour, assez dépouillée, assez rapide, avec des guitares acoustiques et de l'improvisation qu'on a gardée. Une pop song romantique avec des accents folk, on y trouve des tas d'influences, de Dylan à aujourd'hui.
Toutes ces chansons nous donnent une furieuse envie de scène. Les vieilles, on va les réorchestrer, mais celles de ce disque, et c'est pour ça qu'il est plus "live" dans son concept, il nous faut un batteur, un bassiste, et on est prêt à les attaquer bille en tête sur les planches.
Nicola : - C'est un morceau océan, tu fermes les yeux et tu es emporté par l'histoire. Un morceau d'atmosphère, comme un film avec plein d'images. L'histoire vient d'une petite fille de dix ans qui m'a envoyé une lettre, où elle disait vouloir avoir mon âge, pour pouvoir me rencontrer. Alors j'ai pensé à une machine qui permette de mélanger le temps, il y a beaucoup d'ambiguïté dans ce texte.
- "Un Grand Carnaval".
Nicola : - C'est le premier texte que je fais à la première personne. C'est le morceau de Stéphane, c'est comme il est, rock'n'roll avec son côté romantique, c'est très live, avec un peu de reggae, de sixties sound...
Dimitri : - ...et du rhythm & blues. Le texte lui colle bien.
Stéphane : - Je l'avais composé avec une boîte à rythmes, et on a tous pensé qu'il lui fallait une vraie batterie bien rock. C'est un morceau simple, un peu violent, qui colle tout à fait à ce qu'est Indochine aujourd'hui.
Dominique : - C'est notre chanson la plus "garage band"!
Stéphane : - On dirait une chanson faite "en local", et c'est dans cet esprit qu'elle est née. Tous les vocaux ont été faits par nous, et on les fera aussi sur scène.
- "7000 Danses".
Dimitri : - C'est un son qui donne le rythme du morceau, on était prisonnier de ce son trouvé par Dominique. C'est héroïque, un peu Simple Minds dans l'esprit, le batteur de Big Country était ravi de jouer ça.
Nicola : - C'est un morceau un peu mystique, on avait une boule dans la gorge en la jouant!
Dominique : - C'est la chanson qui représente le plus cet album. Pas parce qu'elle lui donne son titre, mais parce qu'il y a dedans tout ce qu'est Indochine aujourd'hui. On sent qu'on a avancé en l'écoutant, on y sent nous-mêmes quelque chose de fort.
Stéphane : - C'est celle qui explose l'album, il y a plein de mélodies dedans, qui se complètent.
Dominique : - C'est une chanson puissante, il y a une magie, on sentait en l'enregistrant qu'il se passait quelque chose.
Stéphane : - On se disait "putain, c'est pas nous qui avons fait ça, tellement c'est bien"!!!
Dominique : - Le batteur s'est tout de suite branché à fond dessus.
Stéphane : - Généralement, les musiciens anglais font ce genre de truc pour le blé, mais lui il s'est vraiment éclaté, et il regrettait de ne pas pouvoir jouer sur tout le disque. Il a prolongé son séjour le plus possible. Il répétait tout le temps, nous proposait des idées...
Dominique : - S'il y avait une chanson à choisir pour montrer notre évolution, c'est celle-ci.
- "La Maison Perdue".
Stéphane : - Ça se rapproche un peu des "Yeux Noirs" sur "3", une belle chanson d'amour, une ballade, j'adore le refrain, je le trouve poignant, il y a plein de sons acoustiques et d'instruments traditionnels.
Dominique : - On l'a faite à Montserrat, elle a un climat moite, une ambiance. La bonne chanson pour fermer l'album.
Nicola : - C'est toute l'ambiance de l'Île. Je voulais évoquer les peintures, Van Gogh, la folie des paysages, et puis la plénitude d'être à deux dans un paysage qui inspire, serein... À la campagne, tu te sens "partie" de la nature, on a eu ce feeling à Monserrat.
Dominique : - Pour conclure, les gens ne pourront plus dire qu'Indochine c'est fabriqué par des mecs qui ne savent pas jouer, ou qui font toujours la même chanson. Au bout de cinq ans, on est enfin arrivé à ce qu'on voulait, les meilleurs studios, les meilleurs ingénieurs, du temps. C'est normal qu'au bout du compte le disque ait cette qualité.
Stéphane : - On a là un disque à la hauteur de l'international. Avant, les Anglais nous disaient "c'est bien votre truc, mais il manque quelque chose".
Là, tout les gens du studios qu'on a vus, ils ne nous considéraient pas comme un "groupe français", mais comme des artistes adultes, qui vont sortir leur disque dans vingt-sept pays, avec maison de disque officielle et suivi de la promo. On a une histoire derrière nous, un disque et un clip digne de ce nom, de quoi assumer.
Devant cette fougue, cette envie, cette sagesse, on se dit parfois : et si l'histoire d'Indochine ne faisait que commencer?...