Indochine "Nous sommes toujours là!"

Pendant dix ans, le groupe a connu une traversée du désert médiatique.

L'année 1999 sonne le retour en grâce du groupe Indochine et ce malgré le récent décès de son guitariste. Un retour avec un album salué par la critique et des concerts complets. Interview à coeur ouvert de Nicola, la voix du groupe.

TÉLÉ STAR : Comment va Indochine en 1999?

NICOLA : Plutôt pas mal. Le pari fou qu'on s'était fixé mon frère et moi à nos débuts, passer le cap de l'an 2000, a des chances d'être atteint. Tout le monde parle de retour, ce qui n'est pas très sympa vu qu'on n'a pas arrêté de tourner pendant les années 90.

C'est plus un retour médiatique. Ces dix dernières années, même si on a tourné partout - en province, en Belgique, au Canada...-, les télés ne voulaient plus de nous, elles pensaient qu'on était finis. Les médias s'intéressent de nouveau à nous.

Il y a eu le triste événement que l'on sait...

Oui, l'intérêt de la presse est certainement lié à la mort de mon frère. Mais aussi parce qu'elle a réalisé que nous faisons des salles bourrées partout et qu'on touche plusieurs générations de spectateurs.

En 1992, vous déclariez qu'Indochine était plus proche de la fin que du début. Et aujourd'hui?

Je le pense toujours, mais c'est une sécurité que je me donne pour éviter de voir à trop long terme. Je persiste aujourd'hui : on est plus proches de la fin. Je ne me vois pas jouer à 50 ans.

Vous disiez d'ailleurs qu'à 40 ans vous ne seriez plus crédibles. Ça vous fait quel âge au fait?

Heu... 40 ans! (Rires.) Je les ai passés sur scène, à Limoges... et je me suis senti crédible. Le jour où ce ne sera plus le cas, c'est sûr j'arrêterai. Là, honnêtement, je vis un peu au jour le jour. Même si notre planning se termine en décembre 2000, l'important est de défendre cet album pour la mémoire de Stéphane, et parce qu'on en est fiers.

Qu'est-ce qui a causé le plus de tort à Indochine?

Le fait d'exister, je pense. On brûle facilement ce qu'on a aimé. Regardez ce qui arrive à MC Solaar. Je n'ai ni regret, ni remord, j'assume tout, même d'avoir été parodié par Les Inconnus... Mais aujourd'hui, Les Inconnus, c'est fini et nous sommes toujours là. Pourtant, j'avoue que ça m'a déplu.

Tu t'efforces d'écrire de belles chansons et tout d'un coup une partie de la France te parle d'"Isabelle a les yeux bleus". En revanche, je les ai trouvés justes lorsqu'ils nous parodiaient en interview. On était pathétiques et nuls, moi le premier, surtout à la télé... Stéphane était plus fort, il avait une causticité que je n'ai pas.

Qu'aimeriez-vous faire si vous n'étiez pas musicien?

Pilote de ligne. En ce moment, j'apprends à piloter un hélicoptère. J'adore être dans les airs. C'est un véritable travail sur soi...

En avez-vous besoin?

Oui, et je pense que si les gens faisaient plus de thérapies, il y aurait moins de problèmes.

Vous en suivez une?

Oui, depuis déjà cinq ans. Je prenais tout trop à coeur. Dès qu'on me disait quelque chose de méchant, je travaillais ça chez moi pendant des heures, des jours. J'ai appris que le bonheur est quelque chose que chacun se fabrique.

À propos de bonheur, à 40 ans, ne songez-vous pas à fonder une famille?

J'espère... J'ai envie de terminer vieil écrivain et père de famille. Ma fiancée, Gwen, est un peu jeune - 22 ans - et pour l'instant je m'occupe de la petite de Stéphane.