Indochine : "mon frère, si présent"

Le 27 février dernier, Stéphane, frère jumeau de Nicola Sirkis, disparaissait, frappé par le maladie. Le jour même, le groupe décidait d'enregistrer ses dernières chansons.

Nicola, comment expliquez-vous la constance de votre carrière?

Indochine, c'est l'esprit romantique, l'enthousiasme et l'espoir dans nos engagements. Musicalement, nous évoluons mais nous ne changeons pas. Notre public a grandi avec nous. Comme dans les grandes histoires d'amour, on vieillit bien ensemble.

Votre nouvel album, "Dancetaria", est un hommage à la vie. Et à votre frère.

Perdre un être cher est l'épreuve la plus douloureuse qui puisse nous être infligée. Mieux vaut se faire à l'idée que nous mourrons tous un jour, et au mieux de vieillesse. En occident, la mort, c'est tabou. Les hôpitaux le prouvent.

On cache les morts derrière un rideau, on les isole et on les enterre au plus vite. En Inde, en Afrique et ailleurs, on fait la fête et on ne porte pas le deuil. La mort est tragique. Mais qui sait si ce qu'il y a après n'est pas plus beau que ce que l'on vit sur terre? Le nombre de témoignage de gens qui communiquent avec l'au-delà devrait nous rassurer.

Affirmeriez-vous que, paradoxalement, cette épreuve vous a rendu plus serein?

Stéphane est mort le premier jour de l'enregistrement de "Dancetaria". C'était éprouvant de continuer sans lui mais il tenait beaucoup à ce disque. Il est présent par sa guitare, ainsi qu'au travers des quatre titres qu'il avait composés avant sa disparition.

Si je suis plus serein aujourd'hui, c'est parce que, depuis quatre ans, j'ai entrepris une psychothérapie pour mieux gérer ma vie d'artiste et apprendre à maîtriser mes émotions. Son absence physique m'est plus difficile à supporter. Même si je crois à des phénomènes paranormaux grâce auxquels je le sens parfois tout près de moi, sur scène notamment.

On dit des jumeaux qu'ils sont très proches, était-ce le cas?

Nos caractères opposés occasionnait des disputes passionnées! Depuis toujours. Si Stéphane était constamment entouré de copains et de copines, j'ai toujours été un grand solitaire. Ma passion pour l'écriture m'a davantage isolé du monde extérieur.

J'aurais aimé être journaliste ou écrivain. Avant de rejoindre le groupe qui se constituait, Stéphane était moniteur de ski. La musique nous a réunis.

Vous venez d'avoir 40 ans...

Oui, mais c'est la première fois que, pour éteindre les bougies, il manquait la moitié d'un souffle.

Indochine : 18 ans de success story

En 1981, Stéphane et Nicola faisaient leurs premiers pas, ensemble, sur scène. Ce jour-là, les jumeaux unissaient leur destin pour une carrière exceptionnelle.

18 ans plus tard, la mort les séparait. Aujourd'hui, Nicola a décidé qu'il devait continuer pour son frère. Un bel hommage pour Stéphane, compositeur de quatre titres de l'album "Dancetaria".