La renaissance de l'indomptable
La
scène est une passion et une vraie récompense pour Nicola
Indochine a fait chanter les années 80. Hier soir, place Voltaire, le groupe récemment remodelé, a fait vibrer avec la même intensité le public de DARC. L'esprit et l'âme d'Indochine sont toujours là.
Ne lui dite jamais qu'Indochine était considéré comme le plus grand groupe de rock dans les années 80. Nicola Sirkis, le chanteur, a toujours détesté les classements.
D'autant qu'il considère Indochine comme "un groupe à part dans le paysage rock français". Rencontre d'un indomptable qui célèbre aujourd'hui une belle renaissance.
"NR" : Après dix-huit ans de carrière, qu'est-ce qui vous a donné envie de revenir?
Nicola Sirkis : "En 1994, lors du départ de Dominique, le compositeur principal, mon frère Stéphane et moi avons remis le groupe en question. On hésitait entre arrêter ou poursuivre. Nous avons décidé rapidement de continuer et d'écrire nos propres morceaux.
De quelque chose de négatif, nous avons tiré quelque chose de positif. Cette rupture s'est avérée être un nouveau départ, dans des conditions idéales. Nous étions semblables à un groupe débutant mais avec quinze ans d'expérience derrière lui".
"NR" : vous écriviez et composez maintenant vos chansons. Qu'est-ce que vous ressentez?
N.S. : "C'est quelque chose d'incroyable. J'ai une passion et j'arrive à la vivre. L'émotion qui se dégage de la musique permet de trouver les paroles. Et non l'inverse. C'est magique, on écrit un petit mot, on y ajoute la mélodie. Au bout du compte, on a une chanson applaudie par des miliers de gens."
"NR" : Votre dernier album "Dancetaria", sorti mercredi dernier, marque-t-il un tournant pour Indochine?
N.S. : "Ce dernier album est une renaissance artistique et émotionnelle. Les textes de "Dancetaria" sont plus féériques et plus bouleversants que nos précédentes chansons. Nous avons voulu allier la pop, notre base, la sensualité du glam's et le côté hypnotique du gothique.
Mais en réalité le style du groupe n'a pas évolué en dix-huit ans. Nous gardons une trame pop, ce rock qui fait danser les gens. L'esprit et l'âme d'Indochine sont là. C'est ce qui fait qu'il n'y a pas de décalage intemporel lors des concerts. Je peux aussi bien chanter les nouveaux tubes que les anciens".
"NR" : Aujourd'hui vous avez repris seul les commandes du groupe. Qu'est-ce qui vous a motivé?
N.S. : L'amour de la scène. Malgré les éceuils qui ont parcemé ma vie ces derniers temps, j'ai tenu à continuer. Aujourd'hui la scène est ma vraie récompense. Et plus encore de voir qu'un public rajeuni assiste aux concerts. Ce public là est sincère.
Ces jeunes ne sont pas influencés par un tapage médiatique. Ils ne viennent pas voir un groupe événementiel, mais un groupe qu'ils ont connu par le bouche à oreille. Et qu'ils aiment".